18 millions $ pour l’enseignement et la recherche en agriculture biologique à Victoriaville

Preuve que l’agriculture biologique a le vent dans les voiles, le Cégep de Victoriaville et le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+) investissent dans un campus entièrement dédié à l’enseignement et à la recherche en agriculture biologique.

Débuté modestement il y a 30 ans, le programme de Gestion et technologies d’entreprise agricole (anciennement Gestion et exploitation d’entreprise agricole) avec profil en agriculture légumière et fruitière biologique connaît une augmentation de fréquentation chaque année. Il y a deux ans, la capacité maximale de 32 nouvelles inscriptions était atteinte. « Nous refusions beaucoup d’étudiants », explique le directeur général du cégep, Paul Thériault.

C’est pourquoi le ministère de l’Éducation a permis de décontingenter le programme. Le nombre a ainsi doublé entre l’année scolaire 2015-2016 et l’année scolaire 2016-2017. Cette année, le nombre d’étudiants nouvellement admis est de 71. La vaste majorité (56 étudiants) est inscrite dans les deux profils biologiques: légumière et fruitière. Le restant des étudiants inscrits en Gestion et technologies d’entreprise agricole l’est dans le profil productions animales conventionnelles. « Pour l’an prochain, j’ai l’intention de demander une nouvelle augmentation pour passer de 175 à plus de 200 étudiants au total », dit Paul Thériault. C’est donc dire que le nouveau campus est grandement attendu.

Nouveaux campus

« C’est un grand projet de 18 millions de dollars », explique Paul Thériault. L’annonce de la subvention par les ministres de l’Agriculture et celui de l’Éducation n’a pas encore été annoncée, mais les travaux ont déjà débuté. Le projet compte des investissements sur deux sites.

Une nouvelle terre de 55 hectares située à trois kilomètres du cégep est déjà en deuxième année de transition biologique. Le campus d’enseignement et de recherche est en construction. L’achèvement des serres est prévu pour le début de l’hiver, afin de permettre aux étudiants d’y suivre leurs cours en janvier prochain. Le restant des travaux devrait être complété au printemps ou au plus tard à l’été afin de permettre aux étudiants d’y suivre les cours en agriculture biologique à la session d’automne 2018. Au même moment, les champs seront certifiés biologiques.

Les champs du nouveau campus seront dédiés à la production légumière en champs et en serres. On y retrouvera des serres, des salles de classe, les locaux du CETAB+ sur 4367 m2. À elles seules, les serres font 400 m2. Le coût du projet sur cette terre est d’environ 17,2 millions$.

Une autre terre sur laquelle on retrouve des arbres fruitiers biologiques sera bonifiée avec l’ajout de nouvelles essences d’arbres fruitiers. Un centre d’interprétation de la pomme biologique y sera érigé. Le coût de cette partie du projet d’expansion est d’environ 800 000$.

« Le projet initial est né du CETAB+, explique Paul Thériault. Ils cherchaient une terre pour faire de l’agriculture biologique. Ce n’est pas facile à trouver parce qu’il faut tout contrôler. » Les locaux du CETAB+ sont actuellement situés au Cégep de Victoriaville. Alors que le CETAB+ cherchait une terre, le Cégep de Victoriaville avait de plus en plus de demandes pour sa formation en agriculture biologique. Le besoin accrus pour l’enseignement en agriculture biologique pour le Cégep de Victoriaville a amené l’institution à se joindre au CETAB+.

Bio et conventionnel

Autre nouveauté cette année, la formation en Gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Victoriaville est dorénavant divisé en trois profils. Dorénavant, le profil en production fruitière biologique est séparé du profil en production légumière biologique. « C’est un programme très novateur, explique Paul Thériault. Nous sommes les seuls au pays à offrir un cours 100% fruits biologiques. » Contrairement aux profils en agriculture biologiques qui sont en nette croissance, le profil conventionnel en productions animales attire une clientèle stable chaque année, soit une vingtaine d’étudiants.

En tant que collège spécialisé en agriculture biologique, le Cégep de Victoriaville attire des étudiants partout au Québec et certains proviennent même des provinces voisines. À son campus de Montréal, le Cégep de Victoriaville offre même des cours en agriculture urbaine.

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