Les Américains poussent pour une plainte contre l’UE sur les OGM

Washington (États–Unis), 5 mars 2003 – La plainte américaine contre l’Union européenne devant l’OMC sur le dossier des organismes génétiquement modifiés se fait attendre mais le représentant pour le Commerce américain Robert Zoellick a poussé pour une décision prochaine du gouvernement du président Bush.

Profitant de son audition devant la commission des finances du Sénat, M. Zoellick a une nouvelle fois plaidé en faveur d’une plainte contre le moratoire européen sur les importations de produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), devant l’organisme d’arbitrage de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Toutefois la décision ne relève pas de son seul pouvoir. Il lui faut vaincre les réticences du département d’Etat et de la Maison Blanche, qui doivent décider en dernier resort de porter, ou non, l’affaire devant l’OMC.

Sept pays européens, dont la France, observent depuis 1999 un moratoire sur les importations de produits contenant des OGM en attendant l’adoption par l’UE d’une réglementation précise en matière d’étiquetage de ces produits.

Cette réglementation européenne, déjà adoptée par les ministres des quinze Etats membres, attend encore le feu vert du Parlement européen. Et en attendant, le moratoire continue, au grand dam de M. Zoellick et des exportateurs de l’industrie agro–alimentaire américaine dont il défend les intérêts.

Dès début janvier Robert Zoellick avait préconisé une telle plainte contre l’UE devant l’OMC parce que le moratoire, selon lui, constitue une violation des règles sur la liberté de commerce édictées par l’OMC. Mais depuis lors toutes les occasions d’évoquer la question en conseil des ministres à la Maison Blanche ont été reportées et aucune nouvelle date n’a été fixée pour en parler.

Interrogé sur les raisons du retard de la décision américaine, M. Zoellick a refusé de répondre directement mercredi. A la question du sénateur démocrate Max Baucus qui souhaitait savoir si le département d’Etat ou la Maison Blanche empêchaient une décision sur ce dossier en raison des tensions internationales liées à l’Irak, M. Zoellick s’est contenté de répondre: « Il se passe beaucoup de choses » sur la scène internationale.

Les relations entre les Etats–Unis et certains Etats membres de l’Union européenne, la France en particulier, sont victimes de tensions dues à la crise irakienne, Paris et Berlin s’opposant à une guerre à court terme contre l’Irak prônée par le président George W. Bush.

M. Zoellick a souhaité que l’affaire des OGM n’envenime pas les relations entre les Etats–Unis et l’UE, ajoutant qu’il tentait de « réunir une coalition » de pays qui se joindraient à la plainte américaine devant l’OMC.

La question des OGM a été largement évoquée par M. Zoellick avec le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy, en visite à Washington lundi et mardi.

« C’est un sujet permanent de discussion », avait lancé M. Lamy devant la presse tout en soulignant que l’UE était presque certaine de gagner en cas de plainte américaine devant l’OMC.

En janvier, Robert Zoellick avait accusé certains pays de l’UE de « lier leur aide au développement aux pays pauvres à leur refus de l’utilisation des produits contenant des OGM ». Et le représentant pour le Commerce américain d’ajouter qu’il trouvait cela « immoral ».

Depuis la décision à l’automne dernier de la Zambie de refuser l’aide alimentaire internationale parce qu’elle contient du maïs génétiquement modifié, « cette tendance s’est étendue à d’autres pays », a affirmé lundi M. Zoellick sans toutefois citer de cas particuliers.

Source : AFP

Commentaires