Les fermiers face à la plus grosse augmentation des tarifs ferroviaires de tous les temps

Ottawa (Ontario), 30 avril 2008 – Les fermiers font face à la plus grosse augmentation annuelle des tarifs ferroviaires de tous les temps pour le grain, et réitèrent leur demande pour une révision, qui s’impose depuis longtemps, des coûts ferroviaires pour le transport du grain.

Les taux vont augmenter de huit pourcent en 2008-09 dans le cadre du plafond de recettes pour le grain, ainsi que l’a annoncé le 24 avril l’Office national des transports (ONT) après avoir ajusté son indice de prix composite basé sur le volume à cause d’une augmentation des coûts du carburant et de la main d’oeuvre pour les compagnies ferroviaires. Le plafond de recettes impose une limite maximum au revenu que les grandes compagnies ferroviaires peuvent gagner dans le transport du grain.

« Nous savons tous que les prix du carburant ont augmenté, mais nous ignorons quels sont, pour les compagnies ferroviaires, les coûts réels du carburant pour le transport du grain, ou dans quelle mesure ils ont changé depuis 1992 », dit Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA). La Fédération canadienne de l’agriculture est à la tête d’une coalition d’organismes agricoles demandant des améliorations dans le transport du grain. M. Friesen rappelle que le postulat des coûts dans l’indice composite repose sur les niveaux des coûts des compagnies ferroviaires établis en 1992- soit lors de la dernière révision complète des coûts.

« Les fermiers doivent non seulement absorber les augmentations massives de leurs propres coûts du carburant, mais en plus ils surpaient les compagnies ferroviaires pour les leurs, ceci à cause d’une base pour le calcul de tous les coûts relatifs au mouvement du grain qui est périmée », affirme M. Friesen.

À titre d’exemple, pour un producteur de la région de Saskatoon qui transporte 1 300 tonnes de grain au port de Vancouver, l’augmentation ajoute 4 300$ à ses coûts annuels de transport. Ce producteur payait 54 600$ en fret ferroviaire (soit 42$ la tonne) en 2007-08. Une révision des coûts permettrait aux fermiers d’économiser plus de 8 000$ par an, selon une étude de l’analyste respecté du transport ferroviaire qu’est John Edsforth, étude récemment commandée par la Commission canadienne du blé (CCB). Cette étude estime que les deux compagnies ferroviaires principales ont gagné au moins 100 millions de dollars en plus de ce qu’elles auraient gagné dans le contexte concurrentiel d’un marché libre.

« Nous voulons que les compagnies ferroviaires soient profitables car les fermiers dépendent d’un bon service, mais la situation d’aujourd’hui est au-delà de ce qui est raisonnable », dit Ian McCreary, directeur de la CCB et fermier. « Les grandes compagnies ferroviaires sont en mesure de récolter bien plus qu’elles ne pourraient jamais le faire s’il y avait de la concurrence ».

Terry Boehm, vice-président du Syndicat national des cultivateurs (SNC) dit qu’une révision des coûts est une demande raisonnable. « Nous voulons seulement l’assurance que nos taux soient basés sur les coûts réels d’aujourd’hui du transport ferroviaire, considérant combien les choses ont changé depuis 1992. Nous aimerions profiter des immenses progrès effectués en matière d’efficacité, des progrès que les cultivateurs ont payés avec de plus longues distances de transport par camion et moins de points de livraison.

En effet, les compagnies ferroviaires desservent aujourd’hui beaucoup moins de silos des Prairies. En 1992, ils étaient 1 500, contre seulement 370 à ce jour. Les compagnies ferroviaires insistent maintenant pour transporter du grain pour la majeure partie en groupes de 50 ou de 100 wagons, et n’ont cessé d’introduire des programmes visant à rationaliser le service et la mise à disposition des wagons – aucune de ces mesures n’ayant réduit le temps du cycle des wagons depuis 1992.

Une révision intégrale du service ferroviaire à l’industrie est actuellement en cours auprès du ministère des Transports, mais elle n’est pas spécifique au transport du grain, et il est improbable qu’elle s’intéressera aux soucis spécifiques des fermiers quant à la formule du plafond de recettes pour le fret du grain.

« Nous demandons que l’ONT reçoive l’autorisation de procéder immédiatement à une révision des coûts du transport du grain. Nous ne pouvons attendre 18 à 24 mois jusqu’à ce que la révision de service du ministère des Transport soit terminée », dit Glenn Blakley, président d’Agricultural Producers Association of Saskatechwan ». « Un tel retard ne servirait qu’à permettre aux compagnies ferroviaires de gagner des centaines de millions de plus sur notre dos. Il n’est pas raisonnable de penser que les fermiers vont attendre des années encore pour réparation sachant qu’il y a un problème et que des preuves convaincantes ont été fournies ».

Ian Wishart, président de Manitoba Keystone Agricultural Producers, dit que les compagnies ferroviaires profitent des fermiers pour réaliser des centaines de millions de bénéfices excédentaires. « Cet argent sort directement de nos poches, alors que nous continuons de payer plus pour un service qui se détériore de manière manifeste. Les fermiers ne peuvent continuer de se faire saigner lentement à cause d’une formule de plafond de recettes qui donne clairement l’avantage aux compagnies ferroviaires ».

Humphrey Banack, président de Wild Rose Agricultural Producers d’Alberta, affirme que les compagnies ferroviaires ont fait peu de cas des soucis des producteurs, les accusant à tort de vouloir retourner au système réglementé et inefficace des années 70. « Si les compagnies ferroviaires sont vraiment si sûres qu’elles ‘répondent aux besoins croissants des producteurs canadiens de grain de manière efficace et efficiente’, elles ne devraient avoir aucune objection à une révision des coûts qui le prouve, » dit-il.

La FCA a lancé cette semaine une campagne de carte postale électronique pour demander au gouvernement de reconsidérer une révision des coûts. Elle se trouve à http://cfa-fca.ca/pages/emailer.php?lang=f.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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