Les forêts disparaissent à un rythme préoccupant sous les tropiques

Genève (Suisse), 3 octobre 2001 – Les forêts disparaissent à un rythme alarmant dans les pays tropicaux, mais des politiques de plantation et le recul des terres arables permettent d’augmenter les surfaces boisées dans l’hémisphère nord, selon le rapport 2001 de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pprésenté mercredi à Genève.

L’étendue des forêts dans le monde est estimée à quelque 30% de la surface de la planète, soit 3.870 millions d’hectares (ha), dont près de 95% sont des forêts naturelles et 5% des plantations, selon ce rapport intitulé « Situation des forêts du monde 2001 ».

Au cours des dix dernières années, la perte nette annuelle (différence entre forêts disparues et nouvelles forêts/plantations) a été de près de 10 millions ha en moyenne chaque année. La disparition de forêts naturelles a été de 16,1 millions ha par an, dont 1,2 million sous les tropiques.

Dans les pays pauvres de cette zone climatique, la grande majorité des hectares qui disparaissent sont destinés à d’autres usages, dont l’exploitation agricole par des populations rurales appauvries. Peu de ces hectares forestiers (1 million seulement) sont transformés en nouvelles plantations.

Les pays les plus touchés sont le Brésil, l’Argentine, l’Indonésie, la Birmanie, le Mexique, la République démocratique du Congo, le Nigéria, le Soudan, la Zambie et le Zimbabwe.

On a constaté par ailleurs durant la décennie passée un essor de nouvelles forêts naturelles, à hauteur de 3,6 millions ha par an, particulièrement dans les pays industrialisés où l’agriculture n’est plus économiquement viable.

Ainsi, les forêts européennes, contrairement au mythe qui veut qu’elles diminuent, s’étendent aujourd’hui de 880 000 hectares par an.

Dans des pays comme la Chine, la Russie, le Belarus, le Kazakhstan, les Etats-Unis, mais aussi certains pays du sud, cette expansion naturelle peut s’accompagner de politiques volontaires de reboisement. 3,1 millions d’hectares ont été plantés chaque année, dont 1,9 dans les zones tropicales.

Pékin projette par exemple d’accroître sa surface forestière de 7% d’ici 2010.

La FAO constate que le concept d’aménagement durable des forêts progresse, 149 pays ayant en 2000 participé à des initiatives internationales en ce sens. Douze pour cent des forêts dans le monde bénéficient d’un statut de zone protégée.

Le rapport relève que la perte des forêts naturelles est due à de nombreuses causes, dont la pollution atmosphérique, les mauvaises pratiques de coupe et la surexploitation des produits ligneux (bois industriel et combustible), les tempêtes et les feux de forêt provoqués en 1997/98 par le phénomène El Nino.

La FAO dénonce un monde du crime et de la corruption qui cherche à faire main basse sur les richesses de « l’or vert »: contrats illégaux passés par des entreprises avec les agents publics, contrebande, vaste pouvoir discrétionnaire d’agents forestiers locaux aisément corruptibles, règlements mal conçus, improbabilité de punitions sévères pour les infractions.

Selon la FAO, des restrictions à l’exploitation forestière, « souvent sous-tendues par des motifs politiques et adoptés sous la pression, par exemple après les catastrophes », ont aussi des effets négatifs indirects, transférant la surexploitation dans d’autres pays.

Ainsi, elle cite l’exemple de la Chine, où les restrictions d’exploitation ont diminué l’offre alors que la demande s’accroissait. Des pays voisins comme le Cambodge, la Russie, la Birmanie et le Vietnam ont été amenés à exploiter davantage leur bois pour l’exporter vers la Chine.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

http://www.fao.org

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