Détérioration des terres: signal d’alarme des scientifiques

Les sols mais aussi les terres et ce qui les recouvre – forets, prairies et zones humides – font face à une dégradation massive liée à l’activité humaine. Des experts ont livré le résultat de recherches qui se sont étalées sur trois ans lors de la 6e session plénière de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et  politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui s’est déroulée du 17 au 24 mars à Medellin en Colombie.

Il s’agit de la première étude mondiale sur l’état des sols. Elle provient de l’analyse de 3000 références sur le sujet, que ces soit par des revues scientifiques ou des sources gouvernementales.

Selon l’étude, les terres font face à une dégradation systémique et généralisée. Par exemple, la moitié des terres humides de la planète ont disparu depuis le début du 20e siècle. Le quart des étendues terrestres ne sont pas soumises pour l’instant à l’activité humaine mais ce chiffre tombera à 10% en 2050 et touchera des terres non adaptées comme des déserts et des territoires polaires.

Selon ces experts, il est urgent d’intervenir. La 6e extinction de masse serait en cours puisque la détérioration des terres constitue la première cause de disparition des espèces animales et végétales. « On estime que les sols hébergent 25 % de la biodiversité mondiale, indique Hélène Soubelet, une chercheure française. Des insectes, des champignons, des bactériens, soit une biodiversité microscopique qu’on connaît à peine encore. »

La sécurité alimentaire de 3,2 milliards de personnes est aussi en jeu, ce qui laisse planer le spectre de migrations et de conflits pour ces populations.

La surconsommation des pays développés et celle des pays en développement est pointé du doigt. L’expansion de l’agriculture, la manière dont elle est pratiqué et le type de culture (le soya et le maïs) sont aussi cités. Mais d’autres facteurs ont également leur part de responsabilité, comme l’exploitation forestière, l’extraction minière et pétrolière, ainsi que l’urbanisation excessive et incontrôlée.

Quelques pistes de solution ont été présentées : des pratiques agro-écologiques (arrêt des pesticides et des labours profonds), l’inclusion  dans le prix des aliments du coût écologique de leur production, l’intégration de la valeur des sols dans la planification urbaine, ainsi que le développement d’une économie circulaire.

D’autres leviers d’action ont également été mis en avant dans le rapport de l’IPBES, comme le recours à une alimentation moins carnée et la réduction du gaspillage alimentaire.

Le IPBES est souvent qualifié de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemble actuellement 129 Etats membres. Elle a pour vocation d’éclairer les gouvernements et l’opinion publique sur les enjeux liés aux changements de la biodiversité, et réalise à cette fin une synthèse régulière des connaissances scientifiques, peut-on lire dans Le Monde.

 

Source: Le Monde, 20 minutes

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