Les groupes-conseils s’ajustent à la nouvelle réalité

Virus oblige, les travailleurs en agriculture se voient contraints de modifier leur manière de travailler et, par ricochet, leurs relations avec leurs clients producteurs. Depuis la mise en place de mesures de distanciation sociale la semaine dernière, les établissements et les entreprises s’ajustent. Les groupes-conseil et les consultants, qu’ils soient en grandes cultures ou en production animale, ont avisé leurs clients par courriel des moyens pris pour continuer à assurer leurs services dans le nouveau contexte.

Chez Agri Conseils Maska de Saint-Hyacinthe, les rencontres en personne ont été annulées pour la semaine. Agri Conseils Maska est l’un des 76 clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) au Québec. Les conseillers de l’organisme poursuivront leur travail à la maison, mais resteront disponibles par téléphone et courriel, le tout afin de garantir un environnement sécuritaire pour tous et respecter les consignes du gouvernement. “Il y a une très bonne réception aux mesures”, indique Isabelle Desroches, adjointe administrative chez le groupe. “On a même reçu des courriels pour nous féliciter de ces mesures. Ça permet de rassurer les gens.” Sinon, le travail se poursuit normalement et Agri Conseils Maska verra comment s’ajuster quand la belle saison sera installée pour de bon.

Le discours est le même à la firme d’agronomes spécialisés en production animale Les Consultants Denis Champagne. Dans les bureaux, les espaces de travail ont été réaménagés pour respecter les distances entre chaque personne. Plusieurs ont opté pour le télétravail. Pour la clientèle et le suivi de ferme, la priorité est de garder contact, que ce soit par téléphone, courriel ou vidéo-conférence, indique Bruno Bélanger, agronome et propriétaire de la firme. Les déplacements seront limités. “On va se rendre si c’est très urgent.” Les employés s’assurent aussi de prendre des informations préalables, à savoir si les gens ont voyagé récemment ou ont des symptômes. “Avec la technologie, c’est assez facile aujourd’hui de poursuivre les activités.”

M. Bélanger souligne que la sécurité fait déjà partie de la routine des conseillers qui travaillent avec des masques et des équipements de protection.

Karina Patoine, également propriétaire et responsable de la gestion administrative, ajoute que l’entreprise s’ajustera si d’autres dispositions doivent être mises en place. “Si d’autres changements sont demandés par le gouvernement, on agira. On reste à l’affût.”

L’Ordre des agronomes (OAQ) confirme que les membres recevront des consignes. “On a émis des directives, mais les gens ont déjà embarqué sur la vague si on peut dire et ont pris des décisions”, explique le président de l’OAQ, Michel Duval. Selon M. Duval, la majorité de la clientèle pourra s’adapter au télétravail. Quant au soutien technique, il faudra faire attention et respecter les mesures et garder les distances recommandées. La situation cause de nombreux soucis, que ce soit par exemple l’approvisionnement à la ferme et la capacité des entreprises agricoles à fournir des services dans un contexte où la main-d’œuvre vit de nombreuses contraintes hors de leur contrôle.

L’OAQ dit suivre la situation de près. “On verra comment tout ça va évoluer. Pour les agronomes et les clients, la prudence est de mise”, souligne le président.

M. Duval rappelle que les activités de l’ordre sont chamboulées par les impacts du coronavirus. Les examens ont toujours lieu, mais les agronomes seront assermentés directement lors de la remise de note. Les dispositions pourraient toutefois évoluer. L’ordre réfléchit également à la manière de procéder aux élections régionales qui auront lieu prochainement.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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