Les producteurs de lait réunis en assemblée générale spéciale

Québec (Québec), 14 novembre 2006 – S’adressant aux participants à l’assemblée générale spéciale de la Fédération des producteurs de lait, à Québec, le président de la Fédération, M. Marcel Groleau, a convié ses membres à un large exercice de consultation sur l’avenir du secteur. « La pauseactuelle dans les négociations de l’OMC et la tenue en 2007 de la Commissionsur l’avenir de l’agriculture du Québec nous offrent l’occasion de forgerensemble une vision positive pour le développement de notre secteur et dedéfinir un plan stratégique pour la concrétiser. J’invite tous les producteursde lait à participer à cette consultation cet hiver dans un esprit desolidarité, pour le bien commun et pour ceux qui prendront notre relève. »

A la suite de l’assemblée spéciale, les 150 producteurs déléguéstiendront une journée de réflexion en préparation à la consultation del’ensemble des producteurs au cours de l’hiver. La Fédération entend se servirdes résultats de cette démarche de planification stratégique pour faireentendre le point de vue de ses membres devant la Commission sur l’avenir del’agriculture du Québec en 2007.

Selon M. Groleau, cette commission devra être l’occasion de renouveler uncontrat social entre les Québécoises et les Québécois et ceux qui travaillenttous les jours pour les nourrir. Depuis quelques décennies, la mondialisationdes marchés tend à réduire l’agriculture à une stricte activité commerciale.Or, les négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont dansl’impasse et elles ne mèneront à rien de bon si on ne les reprend pas sur denouvelles bases.

« Il faut redonner à l’agriculture son sens véritable, celui de nourrirles populations. Des centaines de millions de personnes ne mangent toujourspas à leur faim, alors qu’on fait face à une surproduction agricole àl’échelle mondiale. Les accords de l’OMC pour libéraliser le commerce agricolen’ont pas amélioré la situation. Il faudrait mettre de l’avant comme base denégociation le concept de souveraineté alimentaire qui permet aux pays de voirà la sécurité alimentaire de leur population en favorisant une agriculturelocale forte. Cette idée fait son chemin et la gestion de l’offre pratiquée enproduction laitière au Canada constitue une politique de souverainetéalimentaire exportable », de souligner M. Groleau.

Selon lui, les Européens et les Américains ne laisseront jamais tomberleur secteur agricole. Ils le subventionnent à coup de milliards de dollars.La gestion de l’offre et la mise en marché collective permettent de soutenirl’agriculture sans subventions. C’est un système plus logique que nosgouvernements doivent continuer d’appuyer.

Le prix du quota : des mesures s’imposaient
Prenant le taureau par les cornes, M. Groleau a également abordé dans sonallocution la question très sensible de la valeur du quota. Les mesuresadoptées récemment par le conseil d’administration de la Fédération pourstabiliser et éventuellement réduire son coût d’acquisition ont causé desremous parmi les producteurs. Le président a expliqué ainsi cette décision :« La gestion de l’offre est le meilleur système au monde pour accorder auxproducteurs agricoles un revenu stable et équitable, sans subventions. Notrequota de production est un droit de produire, une part de marché pour vendrenotre lait à un juste prix. Mais au prix où nous rachetons actuellement cedroit de produire des producteurs qui démantèlent leurs fermes, noushypothéquons notre avenir et celui de nos jeunes. Comme leaders, nous nepouvions pas laisser aller les choses sans intervenir. C’est dans cet espritque le conseil d’administration a pris la décision de modifier les règles pourles futurs achats de quota. Quant au quota actuellement détenu, aucune mesurene le touche et les producteurs seront consultés. »

Rappelons que la Fédération des producteurs de lait du Québec représenteles 14 000 producteurs et productrices de lait et les 7 100 fermes laitièresde la province. Les producteurs québécois livrent annuellement 2,9 milliardsde litres de lait dont la vente totalise des recettes à la ferme de près de2 milliards de dollars. La production laitière génère quelque 47 000 emploiset plus de 8 milliards de dollars d’activité économique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Commentaires