Les produits agricoles mènent le bal

L’indice Scotia des prix des produits de base a progressé de 2,7 % en janvier, son septième mois consécutif de progression. L’indice des produits agricoles a mené le bal, avec un gain de 5,5 %.

La progression des prix des produits agricoles en janvier a été très générale : le mouvement a été suivi par les céréales et les oléagineux, aussi bien que par le bétail (porcs et bovins) et par le poisson.

Le prix au comptant du canola (FAB Vancouver) – la culture la plus rémunératrice dans l’Ouest canadien – a enregistré le meilleur gain sur 12 mois (+55,1 %), sur fond de demande internationale vigoureuse visant l’huile végétale (notamment en Chine et en Inde).

L’explosion des prix des denrées agricoles constatée à l’échelle mondiale depuis un an résulte non seulement de conditions météorologiques défavorables (telles que la sécheresse dans les 12 États de l’ancienne Union soviétique producteurs de blé au printemps dernier et les inondations liées à La Nina dans le Queensland, en Australie), mais également de la concurrence de plus en plus rude pour les terres arables que se livrent les céréales cultivées à des fins alimentaires et à des fins énergétiques.

La décision récente prise par l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) des États-Unis d’autoriser l’utilisation de mélanges d’éthanol E15 à base de maïs dans l’essence destinée aux automobiles et camions légers fabriqués depuis 2001 comprimera davantage l’offre déjà tassée de maïs aux États-Unis.

Sachant que le ratio des stocks par rapport à l’utilisation de maïs devrait chuter à 5 % – un niveau exceptionnel – en 2010-2011 aux États-Unis, les agriculteurs américains privilégieront sans doute le maïs et, dans une moindre mesure, le soya, lors des semis, au détriment du blé et du riz.

Suvol des prix
Après avoir battu en retraite dans le sillage des « risques géopolitiques » dans le nord de l’Afrique, les prix du maïs, du soya et du blé ont bondi le 25 février aux États-Unis, les acheteurs étrangers (dont l’Égypte) profitant du recul des prix pour assurer leurs réserves. Les contrats à terme arrivant prochainement à échéance à Chicago sont repartis vers le haut à 7,12 $ US le boisseau pour le maïs, et à 13,65 $ US pour le soya.

À l’occasion de sa première évaluation des cultures et des prix à la production pour 2011-2012, le département de l’Agriculture des États-Unis a signalé qu’en dépit de l’augmentation des plantations de maïs et de soya, compte tenu de la fermeté des exportations et de la vigueur de la demande visant les biocarburants, les marchés des céréales et oléagineux resteraient tendus (même avec des conditions climatiques normales).

Malgré l’augmentation massive des plantations de maïs à 92 millions d’acres, le ratio des stocks par rapport à l’utilisation aux États-Unis pourrait rester serré, à 6,4 %, et les prix à la production atteindront le niveau record de 5,60 $ US en 2011-2012.

En dépit de son amélioration, l’offre de soya sera également restreinte, ce qui soutiendra le prix du canola des agriculteurs canadiens.

Le marché du blé va poursuivre sa contraction aux États-Unis, compte tenu de la faiblesse prévue des récoltes de blé cet hiver et de la diminution des plantations en 2011-2012. La sécheresse en Russie laisse également augurer une augmentation du prix du blé.

Le coût élevé des céréales fourragères et la réduction des troupeaux au Canada et aux États-Unis, à leur plus bas niveau de plusieurs décennies, feront grimper le prix du bétail à un niveau record en 2011. La hausse des prix se propagera d’une extrémité à l’autre de la chaîne d’approvisionnement, et il faut s’attendre à une augmentation des prix au détail des produits alimentaires d’ici le deuxième semestre de 2011.

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