Les travailleurs agricoles migrants sont exclus du budget fédéral

Ottawa (Ontario), 19 février 2003 – Michael J. Fraser, directeur national des TUAC Canada (Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce), a accusé le gouvernement fédéral d’avoir exclu les travailleurs agricoles migrants du budget fédéral dévoilé hier. Malgré un surplus énorme, le gouvernement fédéral continue de percevoir des millions de dollars par année en cotisations d’assurance-emploi sur les travailleurs agricoles migrants qui ne sont pas admissibles aux prestations.

La conférence de presse a été organisée par les TUAC Canada et le Congrès du travail du Canada pour annoncer la publication du Rapport national sur la situation des travailleurs migrants au Canada – une étude d’un an qui documente les conditions de travail et de vie des travailleurs agricoles migrants au Canada. Le rapport, décrivant certaines des conditions de vie affreuses, l’utilisation de pesticides sans protection ni renseignements, et les abus des droits et de la dignité des travailleurs, est disponible sur le site Web des TUAC Canada, sous la section Médias et ressources, dans le recueil de publications.

Voici quelques extraits tirés de l’exposé de Michael J. Fraser. Un exposé séparé fut aussi présenté par Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada.

« Il y a un groupe de travailleurs et de travailleuses au Canada qui versent un total de 11 millions de dollars par année en cotisations d’assurance-emploi mais qui n’ont pas le droit de réclamer des prestations », de dire Fraser. « Malgré qu’ils travaillent dans une des industries les plus dangereuses, ils ne sont pas couverts par les lois sur la santé et sécurité et n’ont pas le droit de refuser du travail qu’ils estiment dangereux. Ces travailleurs ne sont pas rémunérés pour leur temps supplémentaire, n’ont personne à qui s’adresser si leur paye est erronée, s’ils sont blessés au travail, ou s’ils sont traités injustement. Ils sont à la merci de leur employeur qui a le pouvoir de congédier et de rapatrier un travailleur pour la moindre infraction, réelle ou imaginée. Et ils endurent tout cela, pour gagner moins que le salaire minimum.

« Ce groupe consiste des travailleurs agricoles migrants au Canada – les quelque 15 000 travailleurs qui viennent ici chaque année en provenance du Mexique et des Antilles par le biais d’un programme fédéral afin de planter et de recueillir nos récoltes … notre nourriture. »

Fraser présentera un document produit par les TUAC Canada, , qui recense et décrit de base auxquels plusieurs travailleurs agricoles migrants font face lorsqu’ils viennent au Canada.

« Le programme fédéral en question, appelé le Programme des travailleurs agricoles saisonniers, est le petit secret honteux du Canada », continue Fraser. « Ce programme est en vigueur depuis 1966, sans jamais avoir été soumis à l’examen public et avec peu d’obligations de rendre compte. Sur papier, il offre aux travailleurs migrants les mêmes droits et conditions de travail, aussi peu soient-ils, que les travailleurs agricoles canadiens. En pratique, il rend ces travailleurs tellement impuissants et vulnérables qu’ils sont traités comme des serfs, loin de nos yeux et de la portée de nos lois. Le gouvernement fédéral fait venir ces travailleurs dans notre pays pour répondre aux besoins économiques de main-d’oeuvre des entreprises agro-industrielles canadiennes, et ne considère aucunement les besoins humains fondamentaux des travailleurs agricoles migrants eux-mêmes.

« L’année dernière, avec l’appui du Congrès du travail du Canada, les TUAC Canada ont ouvert un centre de soutien pour travailleurs agricoles migrants à Leamington (Ont.) où plus de 4 000 travailleurs migrants sont situés. Grace en grande partie à l’assistance de bénévoles, le centre fournit des services de traduction, une formation en santé-sécurité, des cours d’anglais langue seconde, ainsi que de l’aide pour les déclarations d’impôts, les réclamations d’accidents de travail, les soins de santé, et des questions d’ordre juridique. Il sert également de centre de loisirs par moments.

« Les TUAC Canada invitent le gouvernement fédéral à se joindre à eux dans leurs démarches visant à améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs migrants en établissant des normes nationales pour ces travailleurs – des normes de protection en matière de santé et sécurité, de droits du travail, et de conditions des lieux d’habitation. Nous incitons aussi le gouvernement à permettre aux travailleurs agricoles migrants de faire une demande de citoyenneté après deux ans de travail au Canada. Ceci est déjà le cas pour les travailleurs étrangers dans le cadre du Programme concernant les aides familiaux résidants et le programme mis sur pied récemment pour les travailleurs migrants à l’usine de transformation de porc Maple Leaf à Brandon, au Manitoba.

« Jusqu’à ce que le gouvernement décide de faire sa part, les TUAC Canada ouvriront des centres de soutien pour les travailleurs agricoles migrants à travers le pays. Cette année, nous prévoyons en ouvrir trois en Ontario. Les TUAC Canada continueront de faire tout en leur pouvoir pour aider les travailleurs agricoles migrants à obtenir le traitement qu’ils méritent et pour mettre fin à cette situation déplorable. »

Les TUAC Canada (Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce) représentent plus de 230 000 travailleurs et travailleuses à travers le pays dans tous les domaines de l’industrie alimentaire.

Le Congrès du travail du Canada est la voix nationale du mouvement syndical représentant 2,5 millions de travailleuses et travailleurs canadiens.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC)
http://www.tuac-canada.ca/fr/

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