L’Indice Scotia des prix des produits agricoles en hausse en octobre

Toronto (Ontario), 28 novembre 2007 – L’Indice des prix des produits de base de laBanque Scotia, qui permet d’analyser les tendances des prix de 32 desprincipales exportations canadiennes, a fait un bond de 4,4 % en glissementmensuel en octobre, atteignant un niveau de seulement 1,4 % inférieur aurecord établi en mai. Cette année s’est avérée profitable pour les producteursde ressources, les prix des produits de base affichant dans l’ensemble unehausse de 17,1 % en glissement annuel en octobre et de 10,6 % en cumul annuel.

L’Indice agricole a poursuivi sa progression en octobre, la vigueur des prix des céréales et des oléagineux contrebalançant les prix plus faibles du porc et du boeuf. Les prix de l’orge à Lethbridge, en Alberta, ont atteint desniveaux record, tant en dollars canadiens qu’américains, tandis que les prixde l’orge fourragère ont récemment dépassé ceux de l’orge brassicole, stimulésen partie par l’accroissement de la demande de viande sur les marchés« émergents ». Cependant, les coûts élevés des céréales fourragères comprimentles marges des producteurs de porc et de boeuf partout au Canada, exacerbantles problèmes causés par l’appréciation du dollar canadien.

« En octobre, le cours de vente de la Commission canadienne du blé pour leblé destiné à l’exportation a atteint un record en dollars américains, bienque l’appréciation du dollar canadien ait modéré les recettes en dollarscanadiens pour les agriculteurs », a observé Mme Mohr. « A l’échelle mondiale,les prix du blé ont reculé à la fin d’octobre et au début de novembre, enraison des importantes exportations russes avant l’entrée en vigueur d’unetaxe à l’exportation de 10 % le 12 novembre et du début de la saison desrécoltes en Argentine. Cependant, un gel dans les régions agricoles du sud del’Argentine a stoppé le déclin et les prix des grains à la bourse américaineont rebondi. »

L’Indice du pétrole et du gaz était en tête de la progression des prix enoctobre, faisant un bond de 10,7 % en glissement mensuel. Les prix du pétroleWest Texas Intermediate (WTI) sont brusquement passés de 79,63 $ US le barilen septembre à 85,66 $ US en octobre et ont, jusqu’à présent en novembre,grimpé à plus de 95 $ US, une majoration de 23 $ US depuis le mois d’août. Lesprix ont atteint des niveaux sans précédent, sous l’effet de la perceptiond’un resserrement croissant des stocks.

« Bien que les théories alarmistes de ‘ pic pétrolier ‘ soient exagérées,les chefs de la direction de plusieurs grandes sociétés pétrolières ontrécemment émis des doutes quant à la capacité des ressources mondiales des’ajuster à la croissance de la demande à plus long terme, vu les contraintesliées au personnel technique et la flambée des coûts d’immobilisation »,affirme Patricia Mohr, vice-présidente d’Etudes économiques Scotia etspécialiste du marché des produits de base.

« Une fois de plus, nous révisons à la hausse notre prévision de prix duWTI pour 2008, le fixant à une moyenne de 86 $ US (85 $ US – 90 $ US),comparativement à 72,50 $ US en 2007. Les prix devraient demeurer élevés pourdeux raisons. Premièrement, l’évolution en 2008 de la situation de l’offre despays non membres de l’OPEP semble suivre des tendances similaires à cellesobservées en 2006 et en 2007. Bien que la mise en valeur de nouveaux gisementspuisse ajouter 1,1 million de barils par jour aux stocks des pays non membresde l’OPEP, surtout dans les régions des sables bitumineux de l’Alberta, enRussie et en mer Caspienne, ainsi qu’au Brésil, certains problèmes techniqueset politiques pourraient, une fois de plus, réduire cette production.Deuxièmement, alors que le baril de pétrole à plus de 90 $ US a freiné laconsommation aux Etats-Unis, dans une grande partie de l’ ‘Asie émergente ‘ etdu Moyen-Orient, les consommateurs et les acheteurs industriels n’ont pas àsupporter tout le poids des prix record, grâce à des subventionsgouvernementales. »

L’Indice des métaux et des minéraux a bondi en octobre. Les prix de lapotasse et du soufre au port de Vancouver ont été les premiers à grimper, lesoufre, sous-produit de la production pétrolière et gazière de l’Ouestcanadien, ayant bondi de 45 % en glissement mensuel, ce qui reflète la demandeinternationale vigoureuse d’engrais phosphatés et l’offre de soufre serrée.

Les prix au comptant de la potasse sont passés de 237,50 $ US la tonne enseptembre au nouveau sommet record de 252,50 $ US en octobre, une hausse de 44% sur douze mois. La Malaisie et l’Indonésie ont accepté une autreaugmentation de prix de 30 $ US et, en Chine, les importations de potasse ontgrimpé de 88 % jusqu’au mois d’août, l’épandage d’engrais s’étant intensifiépour améliorer le rendement des cultures. L’intérêt mondial croissant àl’égard des biocombustibles contribue à la vigueur des prix.

Un important écart s’est creusé entre les prix payés pour la potasse auBrésil et en Asie du Sud-Est (Malaisie, Indonésie et Vietnam) et les prixcontractuels moindres négociés avec la Chine au début de 2007, ce qui laisseentrevoir une hausse marquée des prix en Chine de l’ordre de 80 $ US à 100 $US (les prix n’ayant augmenté que de 25 $ US cette année) au début de 2008.Les prix des exportations de l’Ouest canadien vers les Etats-Unis montentégalement en flèche.

Les prix des 2×4 en pin-sapin-épinette de l’Ouest ont reculé à 218 $ USle mpmp en octobre, sous les coûts décaissés moyens des usines de la régionintérieure de la Colombie-Britannique et la taxe à l’exportation de 15 % versles Etats-Unis. A la lumière des réductions de production et du fait qued’autres reculs des prix sont peu probables, les négociants américains ontaugmenté leurs commandes et les prix commencent à remonter, s’établissantactuellement à 245 $ US. Les prix devraient dépasser les coûts décaissés aupremier semestre de 2008, mais il faudra attendre des mises en chantier plusvigoureuses aux Etats-Unis en 2009 avant de pouvoir observer une reprisesoutenue.

Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondiedes facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l’économiemondiale, notamment l’évolution macroéconomique, les tendances des marchés dechange et des capitaux, le rendement des produits de base et de l’industrieainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales etgouvernementales.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Scotia
http://www.scotiabank.ca./ScotiabankFr/index.html

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