Le prix du porc remonte

PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT
photo: Marie-Josée Parent

La grande production porcine américaine et la capacité limitée d’abattage ont créé une pression négative importante sur le prix du porc. Dans un marché d’offre et de demande, l’offre était excédentaire.

« Étant donné qu’il s’agit d’un animal vivant, les abattoirs devaient ouvrir des heures supplémentaires pour les abattre, mais il n’avaient pas besoin d’autant de porcs », explique Simon Brière, stratège des marchés chez R.J. O’Brien et Associés Canada.

Depuis la fin d’octobre et novembre, le prix est reparti à la hausse. « La demande est très bonne », explique Simon Brière. Mardi dernier, le 24 janvier 2017, le USDA a publié l’inventaire de stocks de viande congelée qui s’est révélé beaucoup plus faible que prévu pour le porc. Cela révèle une forte demande de viande de porc.

Avec des coûts d’achats de porcs faibles durant les derniers mois et une demande au rendez-vous, les abattoirs peuvent se permettre d’augmenter la mise pour l’achat de porcs. « Nous sommes partis d’un marché insécure à une marché plus normal », explique Simon Brière.

La crainte d’une pénurie de capacité d’abattage s’est estompée malgré une hausse du cheptel américain et d’une augmentation de la production.

Pour les prochains mois…

Les prix sont donc appelés à monter, mais il y a deux inconnues : la force du marcé et l’effet Trump. « Ce qui maintient le marché, c’est la force du marché, explique Simon Brière. Il faut regarder la valeur de la carcasse découpée. Si la demande demeure, le prix de la carcasse découpée restera stable. Si la demande diminue, le prix baissera. »

L’autre élément à surveiller est les pourparlers entre le Mexique et le nouveau gouvernement américain. « Un des plus grands consommateurs de denrées agricoles américaines, porcs et maïs surtout, c’est le Mexique, explique Simon Brière. Avec la construction du mur à la frontière des deux pays et la renégociation du traité de libre échange nord-américain, il y aura un impact. Lequel? »

Une dévaluation du dollar américain résultant de ces politiques pourrait faire diminuer la capacité d’achat de porc américain par le Mexique. L’excédent de viande qui en résulterait alors devrait être consommé à l’interne, ce qui aurait un impact sur le prix du porc, donc sur les marchés. Le prix payé aux producteurs québécois serait alors affecté.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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