L’inutilité des OGM

5 novembre 2001 – Jacques Testart, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) de Paris et Philippe Froguel, professeur en médecine et chercheur en nutrition, à l’Institut Pasteur de Lille et à l’Université de Londres, ont déploré l’inutilité des organismes génétiquement modifiés. « Les centrales nucléaires sont dangereuses mais elles ont au moins le mérite de produire de l’électricité alors que les organismes génétiquement modifiés ne servent à rien, à part rapporter de l’argent à l’industrie », a affirmé Jacques Testart.

Le chercheur estime que les OGM sont inutiles au Nord, où il y a surproduction, et au Sud, qui n’a pas les moyens de se payer des semences aussi chères, ni les pesticides qui vont avec. Philippe Froguel estime que pour aider les pays du Tiers-monde, il vaudrait mieux leur permettre d’améliorer leur agriculture au lieu de leur vendre du blé américain ou français.

De plus, selon Mathieu Houde, la recherche sur les plantes n’en est encore qu’à son balbutiement. « On manipule des gènes alors qu’on connaît peu de choses sur la question », a expliqué cet étudiant de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. « Le génome des plantes est un domaine très peu connu, car les recherches s’orientent essentiellement vers le génome humain, étant donné que le génome végétal n’intéresse personne », a-t-il ajouté.

Jacques Testart considère que les OGM représentent un sujet tabou. « Les médias orientent toujours le débat vers les risques des OGM sur la santé et sur l’environnement plutôt que de dire carrément qu’ils ne présentent aucun avantage », a dénoncé ce dernier.

Près de 200 étudiants ont assisté à la deuxième édition du Forum Science et société, qui s’est déroulé au Cégep (Collège d’enseignement général et professionnel) de Limoilou, à Québec, du 2 au 4 novembre. C’est l’occasion de permettre aux jeunes de dialoguer avec des personnalités scientifiques sur des thèmes aussi variés que l’astronomie, l’amour, le sport, le goût, le génome et l’eau. Calqué sur le modèle français des rencontres Science et citoyens, organisé par le Centre national pour la recherche scientifique (CNRS), qui a lieu à Poitiers, chaque année, le Forum se tient au Québec depuis deux ans.

Source : Cybersciences

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