L’Irlande à son tour touchée par la fièvre aphteuse

Dublin (Irlande), 22 mars 2001 – Après le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas, l’Irlande a annoncé jeudi la découverte d’un foyer dans le centre du pays, alors que chez le voisin britannique, l’épizootie ne cesse de s’étendre.

Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a annoncé devant le Parlement la découverte de deux cas dans une ferme du comté de Louth, à environ 80km au nord de Dublin. Un foyer avait été détecté en Irlande du Nord, le 1er mars, et des mesures de précaution avaient été prises par Dublin pour tenter de prévenir l’apparition de la maladie.

« C’est une grande déception, étant donné l’intensité des efforts menés pour éviter l’entrée de la maladie en Irlande », a souligné M. Ahern. Selon des responsables européens, l’Union européenne devrait décréter un embargo sur les exportations d’animaux vivants en provenance d’Irlande, ainsi que sur une série de produits de la région touchée.

Le ministre de l’Agriculture, Joe Walsh, a annoncé « une stratégie agressive d’abattage des troupeaux » dans la zone touchée. Les autorités s’apprêtaient jeudi à commencer la destruction de 40.000 animaux.

L’armée a été mise à contribution pour une autre tâche. « Nous avons déployé des soldats dans le port de Dublin, où ils contrôleront tous les rejets des navires pour s’assurer qu’ils sont réalisés dans les règles », a souligné le capitaine Paul Connors.

En Grande-Bretagne, le nombre de foyers a poursuivi sa progression et s’élevait jeudi en début de journée à 435. Selon un épidémiologiste britannique de renom, Roy Anderson, l’épizootie n’a pas encore atteint son pic et ne sera pas terminée avant cinq mois au moins. Le Dr Anderson a indiqué que l’épidémie actuelle était plus grave que celle de 1967, au cours de laquelle près d’un demi-million d’animaux abattus.

Reste que Tony Blair a annoncé que les élections locales, dont l’opposition avait demandé le report, se dérouleraient comme prévu le 3 mai prochain.

Parallèlement, 20.000 têtes de bétail ont été abattues aux Pays-Bas où la fièvre aphteuse a fait son apparition mercredi. Le gouvernement néerlandais, à l’instar de ses partenaires européens, ne compte cependant pas procéder à des vaccinations, comme l’a confirmé le Premier ministre Wim Kok.

M. Kok a précisé que les abattages avaient eu lieu dans un rayon d’un kilomètre autour des trois exploitations touchées par la maladie, dans l’est du pays. Les carcasses ont ensuite été transportées dans des usines d’incinération.

Le ministère français de l’Agriculture a pour sa part indiqué que les veaux atteints par la fièvre aphteuse aux Pays-Bas avaient transité par l’exploitation de Mayenne où s’est déclaré le premier foyer de la maladie en France. Il est toutefois peu probable qu’ils aient été infectés dans l’Hexagone.

Source : AP

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