Londres annonce de premiers « signes » positifs contre la fièvre aphteuse

Londres (Grande-Bretagne), 4 avril 2001 – Le gouvernement britannique a pour la première fois fait état de « signes » positifs dans sa lutte contre l’épizootie de fièvre aphteuse mercredi et renoncé provisoirement à la vaccination alors que le seuil des mille foyers d’infection était dépassé.

« Il y a des signes montrant que notre politique commence à porter ses fruits », a déclaré un porte-parole de Downing Street. « C’est pourquoi le gouvernement a renoncé “à ce stade” à la vaccination partielle de son bétail, un moment envisagée en supplément de sa politique d’abattages massifs, a-t-il ajouté.

Sept semaines après l’apparition de la terrible maladie qui décime le cheptel britannique, 1.014 foyers d’infection étaient recensés mercredi en fin d’après-midi, selon le ministère de l’Agriculture. Plus d’un million de bêtes ont été abattues ou sont en passe de l’être.

Dans l’après-midi, dans le cadre des questions parlementaires, le Premier ministre Tony Blair a précisé que la vaccination demeurait « une option ».

M. Blair a ajouté que son gouvernement avait « énormément accéléré le programme d’abattage » et que désormais 100 000 bêtes étaient en moyenne abattues chaque semaine par rapport à 13 000 lors de la crise de fièvre aphteuse de 1967.

Le renoncement, au moins temporaire, à la vaccination a été annoncé par le gouvernement au terme d’une visite du Pr David King, un expert chargé de le conseiller, au Premier ministre Tony Blair.

Ce scientifique avait provoqué un véritable coup de tonnerre le 23 mars en annonçant que l’épidémie, par ailleurs sans danger pour l’homme, était « hors de contrôle » et menaçait d’affecter 4.400 sites d’ici juin.

Mais cette fois-ci, le Pr King a été moins alarmiste et présenté plusieurs scenarii, a expliqué Downing Street. « Nous sommes quelque part entre une situation moyenne et la meilleure des situations possibles (…) Nous n’avons pas assisté à la progression exponentielle qui avait été prédite ».

Pour autant, a souligné le porte-parole, « personne ne s’emballe ou ne se laisse aller (ndlr: à trop d’optimisme). Mais cela illustre que notre politique est la bonne ».

Du côté des éleveurs, désespérés par la crise, on s’accrochait aussi mercredi aux premiers signes d’amélioration.

« Le tableau s’éclaircit, a commenté Ian Gardiner, le numéro 2 du syndicat agricole NFU (National Farmers’ Union). Nous avons enfin des signes très positifs montrant que nous prenons le dessus sur la maladie ».

Pour l’heure, 631 000 animaux (moutons, cochons, bovins) ont été abattus et 439 000 carcasses ont été détruites, selon le MAFF.

Le chef du parti conservateur William Hague avait dénoncé mardi le « chaos et la confusion » régnant selon lui dans les campagnes et réclamé une prise en main totale de la lutte contre la maladie par l’armée.

Mais cette initiative a été jugée plutôt malheureuse mercredi par plusieurs journaux, qui ont souligné que le général chargé de coordonner l’intervention de l’armée avait lui-même écarté une telle éventualité.

Mercredi, le ministre de l’Environnement Michael Meacher a reconnu de son côté qu’il avait eu tort d’annoncer prématurément, la veille, l’ouverture d’une enquête publique sur la crise. Cette information avait été démentie peu après par Downing Street.

Les textes législatifs repoussant au 7 juin les élections locales – qui seront probablement couplées à des législatives anticipées – devaient être entérinés dans la journée par la Chambre des Communes, avant de passer jeudi devant la Chambre des Lords et être définitivement adoptés lundi.

Source : AFP

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