L’UE se prépare contre la grippe aviaire

Bruxelles (Belgique), 14 octobre 2005 – L’UE a renforcé les mesures contre la propagation sur son sol de la grippe aviaire, prenant soin toutefois de rassurer la population alors que des tests doivent confirmer ou démentir samedi que le virus détecté en Roumanie est le H5N1 qui a provoqué la mort d’une soixantaine de personnes en Asie depuis 2003.

« Les Etats membres ont unanimement appuyé les mesures de renforcement proposées par la Commission européenne pour réduire le risque d’introduction de la grippe aviaire dans les élevages avicoles de l’Union européenne », a annoncé vendredi soir la Commission européenne dans un communiqué.

Le renforcement des mesures consiste surtout en l’amélioration des mesures de sécurité dans ces élevages, comme par exemple dans certaines zones à risques l’enfermement des poulets, ou la mise en place de systèmes de détection précoce dans les zones à risques comme les marécages, a précisé Bruxelles.

Mais « les récentes informations sur l’arrivée de la grippe aviaire en Roumanie et Turquie suggèrent que la maladie reste confinée aux volailles et oiseaux sauvages et qu’à ce stade aucun cas humain n’a été confirmé », ont de leur côté précisé les experts vétérinaires dans une déclaration écrite.

« Donc, pour le moment, la grippe aviaire ne représente pas un risque pour la santé publique », ont-ils poursuivi.

Le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui a provoqué la mort d’une soixantaine de personnes en Asie depuis 2003, a été confirmé en Turquie jeudi. Alors qu’un deuxième foyer de grippe aviaire a été localisé vendredi en Roumanie, des tests doivent déterminer samedi si le virus détecté dans le premier foyer est aussi le H5N1.

« Les activités en extérieur qui amènent les gens au contact des oiseaux sauvages, comme la chasse et l’ornithologie, n’ont pas besoin d’être restreintes pour le moment dans l’UE », ont encore estimé vendredi les experts vétérinaires de l’UE.

En ce qui concerne le renforcement de la surveillance, il reviendra aux Etats membres de l’UE de prendre « les mesures appropriées, en fonction des circonstances nationales », a encore ajouté la Commission européenne.

« Chaque Etat membre est tenu d’identifier les zones à risque sur son territoire et d’assurer que les mesures destinées à séparer les oiseaux sauvages et domestiques sont appliquées aussi vite que possible », selon son communiqué.

Mais ils devront tout de même respecter des critères communs d’évaluation des risques — reposant notamment sur la localisation des élevages avicoles sur des axes migratoires — et rendre compte à la Commission européenne des mesures prises avant le 5 novembre.

L’UE a par ailleurs déjà interdit jeudi toutes les importations en provenance de Roumanie d’oiseaux vivants et de produits issus de la volaille. Un embargo similaire existait déjà à l’encontre de la Turquie.

Alors que le commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou avait laissé entendre jeudi que le vecteur de la maladie « pourrait être transmis par les oiseaux migrateurs », la Turquie, traversée par trois grandes routes de migration, a de son côté interdit vendredi la chasse aux oiseaux sauvages.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est quant à elle dite inquiète, mais n’a pas jugé nécessaire de relever son niveau d’alerte épidémiologique.

« Tout indique pour l’instant que le virus H5N1 ne se propage pas facilement de l’oiseau à l’homme pour infecter ce dernier », a précisé l’agence de l’Onu.

Les appels répétés des autorités à ne pas céder à la panique et les mesures de protection décidées par l’UE et les différents pays européens n’ont pas cependant empêché une ruée sur les pharmacies.

En Turquie, les habitants ont épuisé en quelques jours les stocks de 28 000 doses de Tamiflu, le seul antiviral jugé efficace pour lutter contre la grippe aviaire mais qui ne doit être pris qu’à titre curatif.

En Roumanie, faute de pouvoir obtenir du Tamiflu, les habitants se sont rabattus sur le vaccin de la grippe ordinaire et la ruée est en passe de s’étendre: les pharmacies ont été dévalisées en Belgique, en Allemagne ou en France.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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