L’usage des pesticides sera étudié en commission parlementaire

La tenue d'une commission vient d'une proposition faite dans la foulée du licenciement de l'agronome Louis Robert

La Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) a fait savoir jeudi matin qu’elle acceptait à l’unanimité  la tenue d’une commission parlementaire sur l’utilisation des pesticides en agriculture au Québec.

Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, en avait la proposition plus tôt cette année à la CAPERN. Elle survenait à la suite du congédiement de l’agronome Louis Robert par le MAPAQ. L’agronome, qui travaillait au centre régional de Saint-Hyacinthe, avait dénoncé l’influence de l’industrie des pesticides sur la recherche.

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Selon le député, la commission permettra de faire la lumière sur les produits utilisés et leurs impacts sur la santé publique et l’environnement.

Sylvain Roy se dit rassuré par le fait que le gouvernement ait accepté d’aller de l’avant avec la tenue d’un tel exercice parlementaire. « La survie d’une agriculture saine est en jeu en ce moment. Comme moi, les organismes, les agriculteurs eux-mêmes, les consommateurs et les centres de recherche sont satisfaits de cette décision qui nous permettra d’aller au fond des choses. Le gouvernement semble sensible à cet enjeu; c’est encourageant », a-t-il indiqué.

Le mandat de la commission porte « sur les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois ».

“Le mandat est satisfaisant. Il permet d’aborder l’ensemble du sujet, plus particulièrement sous l’angle des impacts et des alternatives, tout en reconnaissant l’enjeu de compétitivité dans lequel les agriculteurs évoluent”, a déclaré sur Twitter le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Équiterre, la Fondation David Suzuki et l’UPA avaient réclamé également à la CAPERN une commission parlementaire à Québec sur les risques associés aux pesticides deux semaines plus tôt.

Les trois groupes évoquaient un examen des risques « alimentaires, environnementaux ou autres », et des mesures à prendre pour diminuer l’utilisation de pesticides, « notamment par des pratiques alternatives ».

« La tenue d’une commission parlementaire sur les pesticides favoriserait une compréhension commune des enjeux auxquels font face les producteurs. Elle viendrait aussi confirmer la légitimité de nos propositions en vue de l’adoption d’un réel plan vert agricole, en concertation avec les agriculteurs, les ministères concernés et les intervenants du milieu », avait alors indiqué par communiqué Marcel Groleau.

L’UPA souhaitait qu’une éventuelle commission parlementaire se questionne sur le type d’accompagnement des producteurs en ce qui a trait à l’utilisation des pesticides. À ce compte, les trois organisations considèrent que le gouvernement du Québec doit impérativement assurer la disponibilité de services-conseils neutres partout sur le territoire québécois et financer entièrement leurs activités.

L’UPA réclamait aussi une plus grande implication du MAPAQ dans l’accompagnement des producteurs et au sein des clubs-conseils en agroenvironnement.

Un article de Radio-Canada jeudi révélait qu’un grand nombre d’agronomes travaillant au privé reçoivent des primes et des commissions, ce qui contrevient aux règlements de l’Ordre des agronomes du Québec.

Une autre séance de travail de la CAPERN le 2 avril doit se pencher la possibilité que la commission se saisisse d’une pétition concernant la recherche publique dans le domaine agricole et la protection des lanceurs d’alerte.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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