Ma ferme, ma météo

PHOTO : André Dumont

Il pleut au village, mais seules quelques gouttes tombent chez vous à la ferme. C’est souvent le cas : sur un même territoire, le temps qu’il fait varie énormément. S’il y avait moyen de savoir exactement combien d’eau est tombée sur vos champs, vous ne prendriez plus vos décisions de la même façon.

Chez Les Maraîchers Bec Sucré, à Saint-Isidore, en Montérégie-Ouest, Denis DesGroseilliers a accès toutes les 15 minutes aux données sur les dernières précipitations, la température et l’humidité du sol, la température de l’air et l’intensité, puis la direction du vent dans ses champs. Il fait partie des premiers membres de Prisme Consortium à disposer d’une station météo à la ferme.

Cette année, ils sont une quinzaine de producteurs maraîchers dans les Jardins de Napierville à participer à un projet pilote leur donnant accès à des observations météorologiques réelles. La plupart ont au moins une station sur leurs terres, sinon deux. Tous bénéficient d’un accès aux données de l’ensemble du réseau de stations.

Avec les épisodes de météo extrême, qui reviennent de plus en plus souvent et qui touchent le territoire avec une grande variabilité, des outils de haute précision s’imposent.

« En maraîchage, la météo a un impact sur tout ce que nous faisons à la ferme, dit Denis DesGroseilliers. Les intrants coûtent de plus en plus cher, alors nous devons optimiser chacune de nos actions. Pour mieux comprendre ce qui se passe et mieux agir, il nous faut des données météorologiques plus justes. »

Aide aux décisions
Déjà, les producteurs qui disposent de stations météo à la ferme ne planifient plus de la même façon. Le responsable des cultures chez Vert Nature, Martin Deslauriers, habite à 30 km de son lieu de travail. Les laitues, épinards et autres jeunes pousses sont cultivés sur deux sites de production, séparés par 5 km à vol d’oiseau.

« Nous avons deux stations, en plus d’avoir accès aux données de toutes les stations du réseau, dit Martin Deslauriers. Au lieu d’envoyer des gars faire le tour des champs après une pluie, de chez moi, sur Internet, je peux consulter la pluviométrie et planifier le travail de pulvérisation. »

Selon l’intensité des dernières précipitations, on doit évaluer si un traitement fongicide ou insecticide a été délavé. Faute de disposer de données météorologiques plus précises que celles accessibles au grand public, de nombreux producteurs reprendront un traitement à la grandeur de leur ferme pour ne pas courir de risque.

Les données des stations peuvent aussi servir à déterminer si un engrais a été emporté par la pluie, s’il vente trop fort pour une pulvérisation ou s’il est temps d’irriguer.

Lisez l’article au complet dans votre Bulletin des agriculteurs de juillet 2012.

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