Maïs aux 20 pouces

Le maïs donne-t-il un meilleur rendement en grain lorsqu’il est semé en rangs espacés de 20 pouces? C’est ce que tentera de vérifier un groupe de producteurs de la Montérégie cet été.

Installés dans les environs de Saint-Césaire et Saint-Damase, ces producteurs entreprendront des essais à l’échelle de leurs champs. Ils seront suivis de près par Stéphane Myre, agronome chez Dekalb.

Nez à maïs pour rangs aux 15 pouces, chez le producteur Samuel Coutu, dans Lanaudière. PHOTO : André Dumont

Nez à maïs pour rangs aux 15 pouces, chez le producteur Samuel Coutu, dans Lanaudière. PHOTO : André Dumont

L’un de ces producteurs s’est procuré un nez à maïs spécial pour sa moissonneuse-batteuse, qu’il mettra à la disposition de ses confrères.

« En Amérique du Sud, 80 % du maïs est semé aux 20 pouces, souligne Stéphane Myre. On n’aura peut-être pas systématiquement une réponse positive, mais c’est une façon intéressante d’essayer d’améliorer les rendements. »

En espaçant les rangs de 20 pouces plutôt que 30 pouces, la distance entre chaque plant sur le même rang se trouve accrue. Il en résulte une meilleure distribution spatiale des plants sur l’ensemble du champ. Ceci pourrait contribuer à mieux capter les rayons de soleil et à mieux prélever l’eau et les nutriments dans le sol.

Au Québec, plusieurs producteurs se sont lancés dans les rangs de maïs jumelés. Les résultats sont mitigés. Souvent, aucune comparaison fiable n’a été faite avec une régie en semis aux 30 pouces.

Dans Lanaudière, Samuel Coutu et son associé Jean-François Gross sèment leur maïs aux 15 pouces et le récoltent avec un nez à maïs spécialisé, du fabricant Calmer. Ils réussisent à récolter 11 Tm/ha en moyenne, dans des zones de 2600 et 2700 UTM.

Essais encadrés

Les producteurs que suivra Stéphane Myre s’en tiendront à un protocole strict. Ils ne sèmeront que deux hybrides Dekalb, à trois différentes populations. La principale variable d’un producteur à l’autre sera le type de semoir utilisé.

On sèmera aux 30 pouces et aux 20 pouces en côte à côte sur toute la longueur des champs.

Aux 30 pouces, les populations seront de 38 000 et 41 000 plants à l’acre. Aux 20 pouces, elles seront de 41 000 et 45 000 plants à l’acre, ou même un peu plus.

Si l’on veut espérer une réponse positive, il faut s’y prendre sur des champs qui présentent déjà des « conditions gagnantes », dit Stéphane Myre. Ce seront des champs fertiles, bien drainés, peu compactés et à haut potentiel de rendement.

Le Bulletin.com suivra de près ces producteurs tout au long de la saison. Prochaine étape : les semis.

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