Maïs et gel : quels risques?

Le mercure pourrait atteindre 10 degrés C en fin de semaine et tout indique que les conditions seront idéales pour semer. Pour les petites céréales et les plantes fourragères, pas de souci. Mais qu’en est-il du maïs? Y a-t-il encore trop de risques reliés au gel?

Le Bulletin.com a consulté l’agronome Jean-Marc Montpetit, du centre de recherche de Pioneer à Saint-Clet. Voici ce qu’il avait à dire sur la vulnérabilité du maïs au gel et les risques associés à un semis aussi tôt qu’à la mi-avril.

La sensibilité du maïs au gel varie en trois temps. Dans les premières 48 heures après le semis, on souhaite une température s’approchant des 10 degrés C. Il faut absolument éviter de semer avant une tempête de neige ou une pluie froide. « C’est la température de l’eau qui entre dans la graine qui fait du dommage, dit Jean-Marc Montpetit. On ne veut pas qu’elle s’imbibe d’eau froide. »

Point de croissance affecté par un gel en juin. PHOTO : Jean-Marc Montpetit

Par la suite, jusqu’au stade V3 (trois ou quatre feuilles), le maïs peut très bien survivre à des épisodes de gel. Tant que le point de croissance – le méristème – est sous la surface du sol et que le sol en tant que tel ne gèle pas, le plant survivra. La partie aérienne peut mourir et le plant reprendra.

Tous les tissus de la plante qui sont exposés au gel pendant suffisamment d’heures pour que le froid pénètre les cellules mourront, explique Jean-Marc Montpetit. Ce qui sauve le plant de maïs pendant les premières semaines, c’est la température du sol. La température ambiante peut très bien être à -2 ou -5, le sol aura emmagasiné suffisamment de chaleur pour ne pas geler.

Le sol relâche de sa chaleur par radiation, ce qui protège la partie émergée des plants. Cependant, l’effet isolant des résidus de culture qui couvent le sol atténue la radiation.

« Je n’ai jamais vu le sol geler tellement dur au printemps que le point de croissance en ait été atteint », rapporte Jean-Marc Montpetit. Par contre, il se souvient très bien de la saison 1986, où le maïs dans le sud du Québec avait subi un gel tardif, en juin.

Au-delà du stade V3, le point de croissance est à l’extérieur du sol. Un gel pendant plusieurs heures peut l’atteindre et anéantir complètement un champ. Cela se produit très rarement, mais demeure dans l’ordre du possible.

La suite : 1986, un printemps de rêve

 

 

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