Manifeste contre la contamination génétique du maïs au Mexique

Oaxaca (Mexique), 10 mars 2004 – Une vaste coalition paysanne, de peuples autochtones, d’environnementalistes et d’organisations de la société civile lance un manifeste contre la contamination génétique des variétés de maïs originaires du Mexique par le maïs OGM importé des États-Unis. Le manifeste, À la défense de notre maïs et de la vie, sera déposé au Conseil de la Commission de coopération environnementale (CCE)* plus tard cette semaine.

En 2002, sous la pression d’environ 80 organisations de la société civile du Mexique, des États-unis et du Canada, la CCE a promis d’entreprendre une étude sur les conséquences de la contamination génétique du maïs au Mexique par du maïs OGM. Comme le Mexique est l’un des centres d’origine du maïs, il est absolument vital de préserver les maïs mexicains au nom de la biodiversité et de la sécurité alimentaire mondiale. Le rapport préliminaire présenté par conseil de la CCE ne fait pas de recommandations pour la mise en oeuvre de mesures réellement efficaces pour éviter d’autres contaminations génétiques du maïs par les OGM. La CCE est étroitement supervisée par les trois gouvernements de l’ALENA. Par conséquent, au sein du comité aviseur du conseil siègent de nombreux partisans des OGM.** Le rapport de la CCE confirme néanmoins la réalité de la contamination génétique au Mexique et le fait que les experts ne savent pas grand chose sur les conséquences écologiques.

« Il est totalement irresponsable pour la CCE de reconnaître la contamination génétique du maïs au Mexique sans prendre des mesures efficaces pour la contrer », déclare Liza Covantes, de Greenpeace Mexico. « Ce qui manque est la mesure efficace pour la biosécurité, c’est-à-dire l’arrêt immédiat des importations de maïs en provenance des États-Unis.*** Le Mexique aurait pu invoquer le Protocole de Cartagena sur la biosécurité et, notamment le principe de précaution, mais il ne l’a pas fait », déplore Liza Covantes.

« Depuis octobre 2003, lorsque le Mexique, les États-Unis et le Canada, ont signé un accord trilatéral qui légitime un seuil de contamination de 5 % dans les importations agricoles, il est évident que les gouvernements de ces pays n’ont aucune intention de faire la promotion de la biosécurité. Au contraire, ils ont adopté une stratégie délibérée de contamination », constate Doreen Stabinsky, de Greenpeace International.

« Il est choquant que le gouvernement canadien fasse ouvertement la promotion la contamination génétique du maïs au Mexique, ce qui est une violation de l’objectif de biosécurité du Protocole de Cartagena. Le gouvernement de Paul Martin fait la promotion des intérêts de Monsanto, l’entreprise américaine responsable de la mise en marché de 90 % des OGM dans le monde », affirme Éric Darier, Conseiller politique pour Greenpeace International. Greenpeace demande aux citoyennes et citoyens du Québec et du Canada ainsi qu’aux organisations de la société civile d’appuyer le manifeste À la défense de notre maïs et de la vie des organisations mexicaines.

Notes
* La CCE est la commission environnementale de l’ALENA. Le Conseil de la CCE comprend les ministres de l’environnement du Mexique, des États-Unis et du Canada.
** Deux des trois Canadiens sur le comité aviseur sont ouvertement des partisans des OGM. Par exemple, Andrew Baum est p-.d.g.de l’entreprise de biotechnologie SemBioSys et ancien directeur chez Monsanto. http://www.cec.org/maize/board/index.cfm?varlan=francais
*** En 2001, le Mexique a importé 5 millions de tonnes de maïs comprenant environ 40 % de maïs OGM.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission nord-américaine de coopération environnementale (CCE)
http://www.cec.org/

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Monsanto
http://www.monsanto.com/

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