Saputo se positionne face à des tarifs imminents

L’entreprise basée à Montréal n’a pas une grande présence au Mexique mais pourrait voir davantage d’opportunités si les producteurs de lait américains se retirent du marché mexicain à la suite de tarifs douaniers pouvant atteindre 25% sur les exportateurs de fromage américain. C’est le président directeur général de l’entreprise, Lino Saputo, qui l’a indiqué lors d’une conférence téléphonique à la suite du dévoilement des résultats financiers du dernier trimestre.

« Le Mexique pourrait envisager d’autres régions du monde pour répondre à ses besoins en produits laitiers (…) Il pourrait y avoir de grandes opportunités au Mexique pour nous en tant que marché et ce, pour le long terme. »

Les inconvénients et opportunités des tarifs sur le fromage produit aux États-Unis devraient s’annuler selon le dirigeant puisqu’il anticipe que les producteurs américains décideront d’écouler leurs produits aux États-Unis. Ce marché, où Saputo, est présent pourrait devenir plus compétitif.

Saputo a indiqué qu’elle disposait d’une marge de manœuvre financière de 3 milliards de dollars qu’elle pourrait utiliser pour faire des acquisitions. « Je pense qu’au cours de cette année financière, nous aurons le potentiel de concrétiser quelques acquisitions supplémentaires qui, je pense, aideront des plateformes comme Saputo Cheese USA, peut-être des plateformes internationales … Le Canada peut également être bien servi par des acquisitions. »

Il a également déclaré que l’entreprise construirait une installation «à la fine pointe de la technologie» à Port Coquitlam, en Colombie-Britannique, pour desservir le marché de l’Ouest canadien. Elle va en contrepartie vendre en 2019 son usine laitière située à Koroit dans la région de Victoria et une autre usine à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Les revenus au 4e trimestre ont légèrement augmenté de 0,9% pour s’établir à 2,744 milliards de dollars, contre 2,720 milliards de dollars au quatrième trimestre de l’exercice précédent. La fluctuation de la valeur du dollar canadien par rapport aux autres devises a eu un impact négatif de sur les revenus.

Les bénéfices de la société ont également souffert de la combinaison du coût plus élevé du lait en tant que matière première, de la baisse des prix de vente sur les marchés d’exportation, des coûts de transport plus élevés et d’autres dépenses, notamment un taux d’imposition plus élevé.

Solution pour l’ALENA

Saputo s’est en outre avancé sur une solution qui permettrait selon son dirigeant à régler une partie des contentieux dans la renégociation de l’ALENA. Lino Saputo a indiqué qu’un des irritants concernait l’accord de prix de classe 7 conclu en 2016, visant à bloquer les importations de lait diafiltré provenant des États-Unis.  «En fin de compte, cela a changé les règles d’engagement, a changé les règles du jeu en ce qui concerne le commerce des produits laitiers au nord et au sud, et je pense que la solution simple dans le dossier laitier serait l’élimination de la classe 7. Je crois que ce serait la plus intelligente chose que le Canada pourrait faire», a déclaré M. Saputo selon la Presse canadienne.

Le dirigeant a ajouté que le système de la gestion de l’offre a bien servi le pays depuis son introduction. Les producteurs de lait canadiens se mettent cependant ” la tête dans le sable” en n’acceptant aucune modification du système.

Les Producteurs laitiers du Canada ont envoyé une fin de non recevoir à cette proposition, issue peut-être de la confusion sur la position du Canada dans le dossier du lait. L’accord sur la classe 7 a permis des investissements importants au Canada de géants américains. Le marché canadien a établi des prix concurrentiels, que ce soit sur les produits et les ingrédients, plaide l’association.

 

Sources: Presse canadienne

 

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