Mirabel : retour des terres

Sainte-Scholastique (Québec), 18 décembre 2006 – « Nous assistons à un événement historique aujourd’hui. Il aura en effet fallu 37 ans pour qu’on répare une des plus terribles injustices de l’histoire du Québec agricole. Il y a lieu de se réjouir, spécialement pour les agriculteurs et les agricultrices qui pourront recouvrer leur bien. »

C’est en ces termes que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a commenté aujourd’hui, à Sainte-Scholastique, l’annonce du gouvernement fédéral de retourner aux agriculteurs la propriété de 11 000 acres de terres autour de l’aéroport de Mirabel.

Pour le président de l’UPA, « c’est une véritable saga qui prend fin. Une saga épouvantable pour des gens dont certains se sont fait déposséder d’un bien qui était dans la famille depuis des générations. On doit saluer la détermination et la ténacité de ces agriculteurs qui, devenus locataires “chez eux”, ont continué à cultiver ces terres et à livrer bataille avec l’espoir, qu’un jour, on leur rendrait enfin leur bien. Ce jour-là est enfin venu! »

« Mirabel doit nous servir de leçon. Les terres agricoles constituent un patrimoine précieux, tant individuellement que collectivement. Si le développement a ses exigences, nous avons le devoir, comme société, de protéger ce patrimoine, à plus forte raison quand il y a des solutions de remplacement », d’insister Laurent Pellerin, en rappelant que l’étalement urbain, avec ses autoroutes notamment, exige un lourd tribut du secteur agricole.

Chaque année, au Québec, on perd en moyenne 4 400 hectares en zone agricole, « soit l’équivalent de la superficie de l’île de Montréal à tous les dix ans! » a rappelé le président de l’UPA. C’est l’évidence qu’il faut mieux protéger nos terres agricoles. Et je me réjouis de voir, qu’aujourd’hui, des politiciens s’y montrent sensibles et rejoignent en cela une population très majoritairement de cet avis (98 %) d’après les sondages. »

« Depuis 37 ans, nos gens se battent pour récupérer leur bien. Pour l’ensemble des producteurs agricoles, le dossier de Mirabel fait office de symbole et il représente bien plus qu’une simple revendication. Il s’agit d’une bataille au nom de la dignité et de l’espoir », a pour sa part commenté le président de la Fédération de l’UPA Outaouais―Laurentides, M. Richard Maheu.

« Ces terres appartenaient à l’agriculture et aux agriculteurs avant même que la Ville de Mirabel ne soit créée. Il est normal que justice soit rendue », a déclaré de son côté M. Marcel Denis, président du Comité des 11 000 acres et président du Syndicat local de l’UPA Sainte-Scholastique-Mirabel. Il ne faudra jamais oublier, a-t-il poursuivi, le drame vécu inutilement par les expropriés et la lutte sans précédent qu’a dû livrer toute une communauté pour sa survie ».

Rappelons qu’en 1969, le gouvernement fédéral annonçait l’expropriation de 97 000 acres de terres agricoles pour la construction de l’aéroport Mirabel. Environ 3 000 familles seront expropriées inutilement, car 6 000 acres seulement serviront aux activités d’un aéroport qui mettra fin à ses opérations commerciales en 2004 au profit de Dorval. Des 97 000 acres d’origine, 80 000 seront rétrocédés en 1985. Les 11 000 autres qui le sont aujourd’hui touchent une centaine d’agriculteurs, qui les conservaient pour l’agriculture, bien qu’ils n’en fussent que locataires.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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