Mobilisation scientifique contre un insecte ravageur de la pomme de terre

Paris (France), 4 mai 2002 – Un insecte ravageur de la pomme de terre, la teigne du Guatemala, cause d’importants dégâts en Amérique latine, surtout en Equateur, et, déjà repéré aux Iles Canaries, pourrait mettre en danger ces cultures du sud de l’Europe.

Ce papillon (Tecia solanivora) originaire du Guatemala serait entré au Costa Rica en 1970 avant d’envahir plusieurs autres pays de la région, avertit l’Institut de recherche pour le développement (IRD) qui annonce une mobilisation scientifique contre ce fléau.

Signalée dans le nord de l’Equateur en 1996, l’espèce est maintenant présente dans l’ensemble du pays. L’an dernier, 500.000 sacs de pommes de terre ont dû être abandonnés et des dizaines de milliers d’hectares de cultures n’ont pu être récoltés. La situation semble s’être encore aggravée.

Signalée en 2000 aux Iles Canaries, la teigne du Guatemala figure depuis cette date sur la « liste rouge » de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP ou EPPO/European and Mediterranean Plant Protection Organization).

Les larves, expliquent les spécialistes, se nourrissent exclusivement de tubercules de pomme de terre, y creusent des galeries, qu’elles remplissent de leurs excréments et favorisent ainsi leur putréfaction secondaire. La qualité des tubercules est réduite lorsqu’ils sont fortement infestés, ils ne peuvent plus être employés pour la consommation, ni humaine ni animale.

Les premières populations de larves apparaissent dans les champs sur les tubercules en développement. Après les récoltes, elles se retrouvent à la ferme où la première génération infectante d’adultes peut alors s’attaquer aux stocks. Les générations d’insectes se succèdent à quatre ou cinq semaines d’intervalle. Une production peut être réduite à néant en moins de trois mois.

Une équipe de chercheurs de l’IRD et de l’Université pontificale catholique d’Equateur (PUCE, Quito) est mobilisée depuis 1999 pour contribuer à une meilleure connaissance des mécanismes d’invasion et élaborer des procédés de « lutte biologique » contre ce ravageur.

Les scientifiques ont déjà montré que des températures moyennes faibles (inférieures à 10°C), associées à des précipitations régulières et abondantes, peuvent gêner, voire empêcher, le développement des populations de Tecia solanivora.

En l’absence d’ennemis naturels de ces insectes en Equateur, les recherches s’orientent vers la mise au point d’un biopesticide à partir d’un virus d’un autre ravageur de la pomme de terre très répandu dans les régions chaudes de l’Ancien Monde, la teigne cosmopolite (Phthorimaea operculella). Cette lutte viendra compléter le recours, si nécessaire, à des insecticides efficaces les moins toxiques pour l’homme et l’environnement.

Un symposium international, organisé par l’IRD et la PUCE, avec le concours du Centre international de la pomme de terre (CIP), doit brosser les 4 et 5 juin à Quito, un tableau des connaissances sur ce grave problème pour les agriculteurs des pays andins.

Source : AFP

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