Non à l’autoroute 30 en terres agricoles

Saint-Constant (Québec), 5 novembre 2006 – Le gouvernement du Québec doit entendre raison et revenir sur sa décision en adoptant le seul tracé logique qu’est celui de l’autoroute 30 sur l’actuelle route 132 pour le tronçon Sainte-Catherine/Candiac.

Tel est le cri du coeur qu’ont lancé les centaines de producteursagricoles et de citoyens au premier ministre Jean Charest réunis ce matin enface du Musée ferroviaire de Saint-Constant. Rappelons que M. Charest était depassage à l’intérieur des murs de cette bâtisse pour venir annoncervraisemblablement lors d’une activité-bénéfice partisane les travaux de 19 M$prévus pour construire un échangeur de l’autoroute 30 à la hauteur del’autoroute 15 sous le thème « la Montérégie passe par la 30 ».

« Nous ne cessons de le répéter aux représentants du gouvernement. Nousl’avons également exprimé devant le BAPE en septembre 2005. Tout le mondereconnaît que le projet de la 30 en zone agricole est dénué de bon sens. Letracé nord, celui sur l’emprise de la route 132, n’aurait aucun impact en zoneagricole. Voilà pourquoi nous nous adressons directement au premier ministrece matin pour que le gouvernement rebrousse chemin sur ce choix insensé. Legouvernement se doit comme un gage de bonne foi, d’adopter le tracé originalcomme il a été prévu par le ministère des Transports depuis plus de 30 ans »d’expliquer M. Normand Gagnon, porte-parole du dossier de l’autoroute 30 à laFédération de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield.

« Nous ne nous expliquons toujours pas pourquoi le gouvernement s’entêtede la sorte alors qu’il existe une alternative viable et à moindre coût qui nesacrifierait pas 600 ha d’excellents sols cultivables. Et en plus, çacoûterait beaucoup moins cher. Evitons donc ce gaspillage éhonté de plusieurscentaines de millions $ aux contribuables alors que le Québec vit dessituations dramatiques dans divers domaines ! » a-t-il ajouté.

En effet, selon les études commandées par le ministère des Transports duQuébec, le tracé sur la route 132 coûterait 217 millions $ et le choix defaire passer l’autoroute au sud entraînerait des dépenses se chiffrant entre450 millions $ et 650 millions $.

Il ne reste que 5 km à compléter pour terminer ce tronçon sur la route132, alors à quoi bon détruire d’excellentes terres agricoles sur 13 km? Enplus, le monde agricole a déjà beaucoup donné par le passé pour les autrestronçons de cette autoroute qui ceinture l’île de Montréal sur la Rive-Sud,soit plus de 1000 hectares à ce jour.

Pour M. Guy Hébert, producteur laitier et président du Syndicat de l’UPAde Saint-Rémi, cette décision apparaît complètement incompréhensible. Il y aun an à peine, il a traversé le Québec à bord de son tracteur afin desensibiliser la population et les gouvernements à la sauvegarde des terresagricoles du Québec, dont celles qui seront détruites à tout jamais par leparachèvement de l’autoroute 30. « Le lendemain de mon arrivée à Québec, lorsdu Congrès général de l’UPA, le ministre de l’Agriculture par intérim,M. Laurent Lessard avait pourtant été très sensible à notre discours et à laremise de notre manifeste en faveur de la sauvegarde des terres agricoles. Enplus, comme suite à sa demande, nous l’avons rencontré pour lui brosser untableau de ce symbole de gaspillage inconvenant du territoire agricole. On lesentait à l’écoute. Malencontreusement, un an plus tard, Québec n’a toujourspas mis une croix définitive à ce projet illogique et injustifié ».

« Le cas de l’autoroute 30 n’est malheureusement qu’un des nombreuxexemples d’empiétement urbain en zone agricole, de déplorer M. Denis Bilodeau,vice-président de l’UPA, venu appuyer les agriculteurs et les citoyens de larégion. Chaque année, au Québec, on perd en moyenne 4 400 hectares en zoneagricole. A un tel rythme, c’est l’équivalent de toute la superficie de l’îlede Montréal qui est soustrait de la zone agricole à tous les dix ans!L’agriculture a besoin d’une basse territoriale pour se pratiquer et pour sedévelopper. C’est un principe fondamental, le genre de principe que même uneautoroute ne peut pas contourner. Sans la terre, c’est non seulement lapratique de l’agriculture qui est mise en péril, mais également la sécuritéalimentaire du Québec et des régions » a-t-il voulu rappeler au gouvernement.

Au Québec, la proportion du territoire propice à l’agriculture est àpeine de 2 %. La zone agricole est plus que jamais en butte aux pressions del’urbanisation, et c’est encore plus vrai en milieu périurbain.

« En persistant dans des choix coûteux et illogiques, le gouvernement faitainsi une déclaration de guerre contre le territoire agricole et à ceux quiont à coeur de le préserver pour nourrir la population. C’est bien mal nousconnaître que de croire que l’on va laisser tomber le morceau. On ne selaissera pas faire, qu’on se le tienne pour dit » de conclure M. NormandGagnon.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Commentaires