OMC : la partie devra se jouer très serrée, estime l’UPA

Longueil (Québec), 2 août 2004 – « Si le Canada peut se féliciter d’avoir satisfait à certains de ses objectifs, notamment l’engagement de réduire les subventions à l’exportation, il faut se garder de pavoiser. La partie qui s’entamera avec la prochaine phase de négociations devra se jouer très serrée, et on aurait tort de baisser la garde ».

C’est en ces termes que le président de l’Union des producteurs agricoles(UPA), M. Laurent Pellerin, a réagi, aujourd’hui, à l’accord de Genève survenuin extremis, ce week-end, entre les membres de l’OMC. Cette entente relance lecycle de Doha sur la libéralisation des échanges internationaux, spécialementen agriculture.

« Si l’accord laisse entrevoir la sauvegarde des productions sous gestionde l’offre (lait, volailles, oeufs), encore faudra-t-il que le Canadamanoeuvre habilement pour faire en sorte que cela se concrétise. LesAméricains et les Européens nous ont toujours dans la mire là-dessus », deprévenir Laurent Pellerin, qui estime que la vigilance s’impose et que desinitiatives comme GO5, Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestionde l’offre, demeurent plus pertinentes que jamais.

Il faudra également retrousser ses manches, estime le président de l’UPA,pour assurer la défense des outils collectifs de mise en marché, telle laCommission canadienne du blé, souvent pris à partie comme des interventionsd’Etat : « C’est notre droit le plus strict en tant qu’agriculteurs etagricultrices, d’organiser la commercialisation de nos produits, y compris denous regrouper pour joindre nos forces dans la recherche d’un marché pluséquitable. »

La vigilance sera également de mise en ce qui concerne la limitation desmesures de soutien interne. Le Canada, considère l’UPA, a déjà fait davantageque la plupart de ses partenaires de l’OMC en ce domaine; on voit mal qu’ilfasse à nouveau « ses devoirs » sans risquer de compromettre certains mécanismesde protection (l’assurance-récolte, entre autres) ou encore des programmesd’indemnisation en cas de crise comme celle de l’ESB, par exemple.

Pour le reste, l’Union souscrit aux orientations en faveur d’un commerceagricole international plus discipliné. « Une telle orientation est une bonnenouvelle pour nos productions agricoles exportatrices ».

« Après l’échec de Cancun, la vente de feu qu’on avait pu craindre àGenève ne s’est pas produite. Au lieu de ça, nous nous retrouvons avec undocument cadre qui laisse place à des aménagements. La vraie partie commenceet le défi qui attend le Canada est de ne pas plier l’échine et d’éviter toutcompromis qui aurait pour effet de toucher aux fondements qui font la force denotre agriculture. Encore une fois, les producteurs et productrices agricolesdevront veiller au grain. », a conclu le président de l’UPA.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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