OMC : la Russie pourrait devenir membre avant l’automne 2003

France, avril 2002 – La Russie a encore beaucoup de chemin à faire pour entrer dans l’Organisation mondiale du commerce. Il lui faut mettre de nombreuses nouvelles réformes en place et faire des efforts importants pour ouvrir ses marchés. Néanmoins, Mike Moore, directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce, pense que sous dix-huit mois, elle devrait être prête. «Des progrès réels ont été enregistrés et la Russie a toutes les chances d’adhérer dans les dix-huit prochains mois», a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Vremia Novosteï. L’agriculture est un des secteurs qui posent le plus problème à des pays membres de l’OMC, comme l’Australie, le Brésil ou la Nouvelle-Zélande, membres du groupe de Cairns, tenant d’une économie mondiale très libérale.

Les déclarations de Mike Moore ne sont pas sans quelque peu contredire celles du ministre de l’Agriculture russe, Alexander Gordeyev. Celui-ci a précisé, à l’agence Itar-Tass au cours du week-end, que Moscou pourrait instaurer des quotas sur les importations de volailles au mois de mai quelle que soit leur provenance. Un moyen pour les Russes de protéger et relancer leur propre production largement détruite depuis l’effondrement du communisme. Cette décision risque d’ailleurs de raviver le différend avec les Etats-Unis, dont la Russie est le premier débouché en poulets. Les importations de volailles américaines ont été consignées début mars à leur arrivée dans les ports pour des motifs sanitaires, que Washington conteste. La question est toujours en suspens, malgré l’envoi d’une délégation américaine à Moscou, suivie par le séjour d’une délégation russe aux Etats-Unis.

Sur d’autres points, la situation agricole semble se débloquer. La Douma a pris une décision majeure ce week-end, qui devrait radicalement changer la donne agricole en Russie et favoriser son développement. L’idée serait de faciliter la location des terres privées, des bâtiments et même des dachas attenantes. Cela résoudrait le problème de crédits, dont les Russes manquent dramatiquement pour disposer d’une exploitation. Cela résoudrait également le problème de la rentabilisation des terres, que les propriétaires n’exploitent pas, parce qu’ils ont définitivement quitté la campagne, qu’ils ont émigré, quand ils ne sont pas morts sans laisser d’héritier. La question est délicate à régler et suppose dans un premier temps de définir très clairement les règles avec les banques, les compagnies d’assurance et les sociétés de gestion foncière. Elle devrait faire l’objet d’un amendement à la loi de 1998sur les baux immobiliers, mais doit encore recevoir l’aval de Vladimir Poutine, le chef de l’Etat.

Source : Les Échos

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