Plus de rendement aux 20 pouces?

En semant son maïs en rangs espacés de 20 pouces, les rendements devraient augmenter de 5 à 7 %. C’est le pari que fait Richard Brodeur, producteur à Saint-Césaire.

Ses champs et sa régie ont déjà été optimisés. Son rendement moyen est de 11,5 Tm/ha sur l’ensemble de sa production de maïs.

« On veut agrandir par en dedans, parce que les terres sont tellement chères, confie M. Brodeur. On veut progresser de la façon la plus économique. »

Pour obtenir plus de rendement, il faut plus de population, avance-t-il. Mais quand on sème déjà à 35 000 ou 36 000 plants à l’acre, une population supérieure a peu de chances de donner plus rendement.

La solution : revoir la distribution spatiale des plants de maïs. À population élevée, la distance entre les plants sur un même rang devient trop petite. D’où l’idée de passer à des rangs séparés de 20 pouces plutôt que 30 pouces. Moins d’espace entre les rangs, mais plus d’espace entre chaque plant sur le rang.

Richard Brodeur s’est donc procuré un nez à maïs pour rangs de 20 po, de marque John Deere, usagé. À 18 500 $, il calcule que cet investissement peut être rentable, mais qu’il ne le serait pas s’il avait acheté du neuf.

Ce printemps, il a choisi des terres à très bon potentiel, pour y établir une parcelle d’essais de 15 hectares. Il a choisi des hybrides Dekalb réputés tolérants aux hautes populations et a fait semer à forfait.

Aux 30 pouces, il a semé à 37 000 et 42 000 plants à l’acre. Il s’attend à voir une régression du rendement à une si haute population.

Aux 20 pouces, il a semé à 42 000, 45 000 et 48 000 plants à l’acre. Il s’attend à de meilleurs rendements qu’en rangs aux 30 pouces.

« À l’heure où tout le monde pense implanter des engrais verts entre les rangs, j’ai plutôt décidé d’implanter un autre rang de maïs », affirme Richard Brodeur. Et ces rangs de maïs supplémentaires entraîneront des revenus plutôt que seulement une dépense, ajoute-t-il.

Au moment de la récolte, les pneus larges de la moissonneuse-batteuse piétineront trois rangs de maïs.

« Plus il y a de racines dans la terre, meilleure est la capacité portante pour la machinerie, avance notre producteur. Et quand ces racines vont pourrir, il y aura plus de chemin dans la terre pour que l’eau percole. »

Trois autres producteurs de la région de Saint-Césaire et Saint-Damase participent à des essais semblables. Ils sont suivis par l’agronome Stéphane Myre, de Dekalb. Cet automne, nous saurons si leurs hypothèses s’avèrent fondées.

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