Pour une lutte intégrée contre le Varroa

Deschambault (Québec), 26 juillet 2004 – L’industrie apicole québécoise est sur un pied de guerre. En effet, le Varroa destructor, un acarien parasite de l’abeille domestique, décime depuis quelques années des ruchers entiers causant des pertes économiques importantes aux apiculteurs. Pour faire le point sur les dernières techniques d’éradication de ce fléau, une journée d’information et de démonstration s’est tenue le samedi 10 juillet dernier sur les terrains du Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD).

Organisé par le Comité apiculture du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), l’événement a attiré un peu plus de 200 producteurs, chercheurs et intervenants dans le domaine apicole. Sous le thème «Voir la lutte intégrée», cette journée champêtre a permis aux participants de connaître les principales méthodes physiques et chimiques de lutte contre le Varroa. Mme France Desjardins, médecin vétérinaire à l’Institut national de santé animale, a expliqué les principes de base de la lutte intégrée en apiculture tandis que M. Claude Boucher, médecin vétérinaire au Centre québécois d’inspection des aliments et de la santé animale, a présenté les avantages et les inconvénients des méthodes chimiques utilisées à l’heure actuelle.

De la reine Russe à l’aromathérapie (Thymol) en passant par la sélection naturelle et le découpage du couvain des mâles, M. Émile Houle, technicien apicole au CRSAD, a passé en revue les diverses méthodes physiques en lutte intégrée. «La lutte contre le Varroa doit commencer par un dépistage régulier tant pour détecter la présence du Varroa que pour évaluer son importance une fois l’infestation commencée», a-t-il souligné.

En après-midi, les participants ont eu droit à des démonstrations de méthodes chimiques de lutte contre cet acarien effectuées par des apiculteurs et des professionnels de la santé de l’abeille. Les modes d’utilisation de plusieurs produits, dont l’acide formique et oxalique, l’Apistan et le Checkmite ont pu être expliqués grâce à une quinzaine de ruches prêtées par un producteur de Saint-Hyacinthe.

Le chercheur et biologiste, M. Pierre Giovenazzo, a également profité de la journée pour décrire sommairement les travaux de recherche présentement en cours au CRSAD. Le centre de Deschambault, qui est à l’avant-garde de la recherche apicole au pays, a reçu il y a quelques mois une aide financière de 60 000$ du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour la mise sur pied de deux projets qui permettront d’étudier la croissance de la population de varroas à l’intérieur de ruches sélectionnées et de comparer l’efficacité d’une variété de méthodes pour le contrôle de la varroase après l’hivernage des ruches au printemps.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD)
http://www.crsad.qc.ca

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
http://www.craaq.qc.ca/

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