Pratiques agroenvironnementales à la ferme : des avancées significatives

Québec (Québec), 23 février 2005 – À l’occasion du colloque en agroenvironnement organisé par le Centre de référence en agriculture et en agroalimentaire du Québec (CRAAQ), qui s’est tenu à Drummondville, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et l’Union des producteurs agricoles (UPA) rendent publics les plus récents résultats d’un sondage faisant état de l’évolution des pratiques agroenvironnementales dans les entreprises agricoles du Québec.

L’étude réalisée par le MAPAQ, à laquelle a contribué financièrement Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avait pour objet de mesurer les progrès accomplis par les productrices et les producteurs agricoles en matière d’agroenvironnement entre 1998 et 2003. Rappelons qu’il y a dix ans, le monde agricole a déployé une vaste stratégie agroenvironnementale. Une des premières initiatives à cet égard a été d’effectuer Le portrait agroenvironnemental des fermes du Québec en 1998, afin de se doter d’une référence pour mesurer ensuite le chemin parcouru.

Des avancées significatives
Les données de 2003 montrent que les entreprises agricoles québécoises ont pris en main les questions agroenvironnementales et ont mené des actions concrètes au chapitre de la protection de l’environnement au cours de la période couverte par l’étude. On constate des progrès importants, notamment en ce qui concerne la gestion des fertilisants et des engrais minéraux, la diminution des charges de phosphore, la conservation des sols et la protection des cours d’eau.

Les résultats confirment que la démarche d’amélioration continue en matière d’agroenvironnement est une réalité au Québec. D’une part, les données montrent que les mesures gouvernementales visant à aider le secteur dans sa quête d’une agriculture plus durable vont dans le bon sens et méritent d’être poursuivies. D’autre part, les résultats attestent l’engagement agroenvironnemental pris par l’ensemble des productrices et des producteurs des quelque 32 000 entreprises agricoles des différentes régions du Québec.

Des défis qui demeurent
Toutefois, les efforts devront se poursuivre pour perpétuer la mise en oeuvre des bonnes pratiques. À cet égard, mentionnons notamment l’épandage du lisier par rampe basse, l’adoption de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et le contrôle de l’accès des animaux aux cours d’eau.

À la lumière des données concrètes récemment recueillies, les plans d’action seront révisés pour continuer de relever le défi de l’agroenvironnement. Cette démarche s’inscrit dans la mise à jour de la stratégie agroenvironnementale du monde agricole et des gouvernements.

Faits saillants des progrès réalisés
Les faits saillants des progrès qui ressortent de l’étude Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec sont présentés ci-dessous selon cinq thèmes englobant les principaux paramètres des pratiques agroenvironnementales à la ferme.

Thème 1- Réduction de la pollution localisée
Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs et plates-formes) a progressé dans l’ensemble de la production animale, particulièrement en ce qui concerne les bovins laitiers. Ainsi, le pourcentage du cheptel dont les déjections sont entreposées dans ce type d’ouvrage est passé de 66 % à 73 % durant cette période. Cette proportion est notamment influencée par les résultats obtenus dans le secteur laitier, où on constate une progression de 58 % à 85 %.

Thème 2- Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
Le bilan de phosphore à la surface du sol a diminué de 21 %. Cette baisse est attribuable à divers facteurs, dont la réalisation de plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF) qui s’est traduite par une baisse de 31 % de l’utilisation d’engrais minéraux phosphatés. Les progrès réalisés en alimentation animale dans les secteurs du porc et de la volaille, qui ont permis de réduire les rejets dans les lisiers et fumiers, ont aussi contribué à la baisse du bilan de phosphore.

Thème 3- Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Des efforts importants ont été déployés pour rationaliser l’usage des pesticides, notamment par l’utilisation de la lutte intégrée. Les producteurs ont eu recours à des techniques autres que l’application pleine largeur, comme l’application en bande, le désherbage mécanique, les doses réduites, et ce, sur 36 % des superficies réceptrices de pesticides.

La proportion des entreprises qui tiennent un registre des applications de pesticides est passée de 40 % à 54 % en 2003. Les augmentations sont significatives dans la majorité des régions administratives.

Thème 4- Conservation des sols et protection des cours d’eau
L’adoption de pratiques de conservation des sols par les producteurs, mesure qui permet de réduire la pollution diffuse, est passée de 36 % à 44 % des superficies consacrées à des cultures annuelles, ce qui représente plus de 111 000 hectares. De plus, la proportion des animaux dont l’accès aux cours d’eau est restreint est passée de 49 % à 57 %.

Thème 5- Réduction des odeurs
En ce qui a trait à la réduction des odeurs, la proportion de l’ensemble des lisiers épandus par rampe a grimpé de 17 % à 25 %. Pour les lisiers de porc, on note une progression plus rapide. En effet, les épandages par rampe sont passés, entre 1998 à 2003, de 30 % à 44 %.

De plus, le pourcentage des lisiers incorporés dans un délai de moins de 48 heures s’établit à 50 %. Finalement, les bonnes pratiques d’épandage tendent à conjuguer les moments d’application aux besoins des cultures. Ainsi, les épandages se déplacent vers le printemps et l’été plutôt que de se faire à l’automne. À titre indicatif, la proportion des engrais de ferme épandue en post-récolte dans les cultures annuelles est passée de 46 % en 1998 à 29 % en 2003.

Une enquête rigoureuse et scientifique
L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont été confiées aux spécialistes de la firme BPR inc. auxquels s’est joint le Service de consultation statistique de l’Université Laval. Les informations ont été recueillies par sondage auprès d’un échantillon représentatif constitué de 5 178 entreprises agricoles du Québec. Des informations provenant du fichier des exploitations agricoles enregistrées au MAPAQ ainsi que des données contenues dans quelque 10 500 bilans de phosphore obtenus par le ministère de l’Environnement ont été ajoutées à celles du sondage afin d’obtenir un portrait complet de la situation.

Pour obtenir de plus ample information au sujet du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec – Rapport final, 7 février 2005, veuillez consulter le site Internet du MAPAQ.

Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec – Rapport final, 7 février 2005 (sommaire) (PDF, 1478 Ko)

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
http://www.craaq.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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