Probiotiques : des chercheurs de renommée mondiale convaincus de leurs bienfaits sur la santé

Montreal (Québec), 26 octobre 2006 – C’est dans le cadre du quatrièmesymposium international de Montréal sur les probiotiques, « La santé par lesprobiotiques : vers des effets santé prometteurs », qui a eu lieu les 26 et 27 octobre à l’Organisation de l’aviation civile internationale(OACI), que sont rassemblés une quinzaine des plus grands chercheurs derenommée internationale dans le domaine des probiotiques.

Sous l’égide de la Fondation des gouverneurs et de l’Institut desnutraceutiques et aliments fonctionnels de l’Université Laval (INAF), cetévénement a pour objectif premier de transmettre aux participants desinformations sur les principales avancées scientifiques récentes,particulièrement en gastro-entérologie et en pédiatrie, à propos des diversesutilisations et applications pratiques des probiotiques et des prébiotiques ennutrition, en santé et en technologie.

Selon le Dr Denis Roy, directeur scientifique du colloque et titulaire dela Chaire de recherche du Canada en biotechnologies des cultures lactiquesd’intérêt laitier et probiotique, « Puisque les consommateurs font de plus en plus de liens entre une saine alimentation et la santé, nous croyons qu’ils sont prêts à mieux connaître et comprendre le rôle préventif des aliments fonctionnels à base de probiotiques et de prébiotiques. En communiquant auxmédias et aux consommateurs une information objective de pointe, nous espéronsqu’ils amélioreront graduellement leurs habitudes alimentaires en consommant,par exemple, davantage de probiotiques sous quelques formes que ce soit. »

Rappelons qu’un probiotique est un additif alimentaire qui contient desbactéries (lactobacilles et bifidobactéries) vivantes – en quantité suffisante- qui ont des effets physiologiques bénéfiques sur la santé digestive. Unprébiotique est un sucre qui n’est digéré que par ces bonnes bactériesprésentes dans notre gros intestin : ainsi, les prébiotiques servent denourriture aux probiotiques et stimulent leur présence. Les lactobacilles etles bifidobactéries sont les principales bactéries probiotiques qui ont étéisolées d’aliments fermentés traditionnels comme le lait fermenté ou isoléesde la flore intestinale.

Les participants à ce symposium proviennent des secteurs de la nutrition,de la médecine, de la santé, de l’industrie agroalimentaire, de la rechercheet du monde académique.

Les probiotiques pourraient-ils sauver des vies?
Plusieurs études ont déjà démontré de nombreux avantages liés à laconsommation des probiotiques : régularisation du tractus intestinal,amélioration de la digestion du lactose (réduction des symptômes cliniquesassociés à l’intolérance au lactose), prévention ou diminution de la diarrhée,système immunitaire plus efficace, etc. De plus, les probiotiques pourraientempêcher ou ralentir la croissance du cancer colorectal.

Selon le Dr Jacques Goulet, professeur titulaire au département desciences des aliments et de nutrition de l’Université Laval : « Plusieursrecherches cliniques ont été réalisées à travers le monde, particulièrement aucours des 15 dernières années, et le fait le plus impressionnant est sansaucun doute qu’à ce jour, toutes études confondues, aucun effet secondaireindésirable ou néfaste pour la santé des gens n’a été identifié ! Ainsi, lesrésultats des études sur la santé sont positifs et démontrent toutel’importance de consommer ces bonnes bactéries pour avoir une bonne santé. »

C. difficile : une solution à portée de main?
De nombreux chercheurs croient qu’une consommation régulière deprobiotiques et de prébiotiques aiderait à prévenir et à guérir les infectionsà la bactérie C. difficile. C’est pourquoi plusieurs études importantes sur lesujet sont présentement en cours dans plusieurs pays.

Au Québec, une vaste recherche de type « open label »(1) est actuellementmenée par le Dr Pierre-Jean Maziade, M.D. microbiologiste-infectiologue auCentre hospitalier Pierre-Le Gardeur, depuis le mois de février 2004. Cetterecherche consiste à administrer durant un mois, à tous les patients sousantibiotiques, hospitalisés à ce centre hospitalier situé dans Lanaudière, uneformule concentrée(2) de bactéries bénéfiques de type L. acidophilus etL. casei. Jusqu’à présent, près de 6000 patients ont reçu ces capsules. A cejour, le nombre total d’infections dues à la bactérie C. difficile a diminuéde 75 %, tout comme le nombre de cas sévères. Les résultats de l’étudedevraient être publiés bientôt.

Selon le Dr Maziade, « Dans la lutte contre le C. difficile acquis enhospitalisation, il faut continuer les mesures d’hygiènes préconisées par leministère et les experts du comité des infections nosocomiales du Québec, maisje crois que les produits à base de lactobacilles de types acidophilus etcasei peuvent être un ajout important dans la lutte contre cette infection. »

Le Dr Maziade a décidé de commencer cette recherche peu avant la find’une étude à double insu avec placebo menée, de l’automne 2003 au mois de mai2004, auprès de 89 patients de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal,dont la majorité souffraient d’une infection des voies respiratoiressupérieures. Tous traités par antibiotiques, les participants ont étésélectionnés et séparés aléatoirement en deux groupes : ceux du premier groupeont reçu une formule concentrée de façon préventive(3), tandis qu’on a donnéun placebo à ceux du deuxième groupe. L’étude a démontré l’efficacité des deuxsouches de probiotiques dans la bataille contre le Clostridium difficile. Eneffet, non seulement le C. difficile était-il nettement moins présent chez lespatients traités avec cette formule concentrée en probiotiques (l’incidence adiminué de 86 %), mais ceux-ci recevaient aussi leur congé de l’hôpital deuxjours plus tôt que les autres participants à l’étude.

A propos de la Fondation des Gouverneurs
La Fondation des Gouverneurs est un organisme sans but lucratif dont lamission est d’agir à titre d’agent privilégié de liaison et d’informationentre les transformateurs et les acteurs de la chaîne alimentaire. L’un de sesaxes d’intervention consiste à organiser des activités techniques etscientifiques de transfert de connaissances et d’informations,particulièrement en matière de sécurité des aliments et du lien entre lesaliments et la santé des consommateurs. Ces activités concernentprincipalement les personnes impliquées dans la chaîne de la transformation,de la distribution et du service des aliments.

(1) Ce type de recherche signifie que tous les patients reçoivent le même produit, et donc qu’il n’y a pas de groupe de comparaison recevant un placebo.
(2) La formule est administrée sous forme de capsules contenant un minimum de 50 milliards de bactéries probiotiques vivantes à la consommation de souches Lactobacillus acidophilus et Lactobacillus casei.
(3) La formule est la même que celle utilisée par le Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fondation des gouverneurs
http://fond-gouv.qc.ca/

Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF)
http://www.inaf.ulaval.ca/

Commentaires