Production de faux sirop d’érable biologique

Milan (Québec), 2 mai 2003 – La Filière biologique du Québec n’a guère montré de surprise quant à la publication dans les médias d’information voulant que certaines entreprises de production de sirop d’érable ne répondaient aucunement aux normes de conformité internationales pour l’obtention de l’appellation biologique et dont l’application au Québec a été confiée par le ministre de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec au Conseil d’accréditation du Québec (CAQ).

Depuis plusieurs mois, la Filière biologique du Québec a mené unebataille acharnée pour mettre fin à ces pratiques frauduleuses qui minent lacrédibilité de la production québécoise biologique tant ici qu’à l’étranger.

« Aujourd’hui, nous nous réjouissons des commentaires du MAPAQ quireconnaît la situation et surtout le manque de pouvoir et de ressourcesaccordés au Conseil d’accréditation du Québec pour assurer son mandat desurveillance. Cependant, nous restons perplexes quant à la lenteur dugouvernement d’agir dans des dossiers patents de non-conformité », de commenterle président de la Filière biologique du Québec, Robert Beauchemin.

La Filière rappelle que depuis mars 2001, plusieurs plaintes ont étéportées à l’endroit d’un transformateur de sirop d’érable qui exportait sonproduit sans pour autant l’avoir fait certifier par un organisme accrédité parle CAQ et ce, en contravention avec la Loi sur les appellations réservées(art. 21) et la Loi sur les produits alimentaires (art. 4). Malgré plusieursavis du CAQ, celui-ci a refusé d’obtempérer.

Devant une telle situation et à la demande du CAQ, la Direction Généralede l’Alimentation du MAPAQ a procédé en mai 2002 à une saisie importante dedocuments confirmant que ni le transformateur, ni ses fournisseurs n’avaientété certifiés par un organisme accrédité par le CAQ pour les produits qu’ilsvendaient sous appellation biologique. Cet événement a conduit à l’émissionl’automne dernier d’un constat d’infraction par le Procureur général duQuébec, en vertu de la Loi sur les appellations réservées (L.R.Q., A-20.02,1996, c. 51, a. 21). Le transformateur faisant l’objet de poursuite (LesProduits de l’érable Bolduc et fils Inc., St Victor) a plaidé non coupable.

Alors qu’il est toujours en attente de comparution, celui-ci continued’exporter du faux sirop biologique sur les marchés extérieurs et ce, audétriment de plusieurs exportateurs de sirop certifiés qui ont ainsi perdu desmarchés lucratifs. L’existence de deux réseaux parallèles de distribution desirop biologique, l’un étant certifié par un certificateur accrédité, l’autrene l’étant pas, a incité la Filière biologique à demander en janvier dernier àla Régie des marchés agricoles de faire enquête. La Régie a renvoyé le dossierau MAPAQ prétextant qu’il était plus approprié que cette enquête soit tenuepar le ministère qui a l’autorité législative de décider en cette matière.

Dans ce contexte, la filière biologique a pressé les autorités du MAPAQd’agir de façon rapide et diligente pour faire cesser ces activitésfrauduleuses. Lors d’une rencontre privée survenue le 7 mars dernier, ladirection du ministère assurait les représentants de la filière biologique queles procureurs allaient agir avec force et diligence contre l’entreprise viséepar la saisie du mois de mai 2002.

Malgré cette promesse, il n’y a eu aucune intervention de la part duministère et les exportations de faux sirop d’érable bio continuent de plusbelle.

Force est de constater que l’inaction gouvernementale, après plus de deuxans d’infraction, risque de faire perdre de la crédibilité à l’appellationbiologique et aux producteurs bios qui respectent les règles de l’art, et ce,plus spécialement sur les marchés d’exportation où le sirop biologique est enforte demande.

Par ailleurs, les instances qui autorisent l’acceptation de produitsbiologiques québécois dans plusieurs pays importateurs attendent du MAPAQ unecollaboration étroite quant aux échanges d’information devant les rassurer ausujet de l’intégrité biologique des produits qui vont être écoulés sur leursmarchés. Rien n’indique, jusqu’à maintenant, qu’ils peuvent s’attendre à unetelle collaboration.

En conclusion, la Filière estime que l’occasion est belle pour donner uncoup de barre significatif qui va forcer chacun des intervenants,principalement le MAPAQ et la Fédération des producteurs acéricoles du Québec,à prendre leurs responsabilités permettant ainsi la solidification et lareconnaissance de la qualité de notre production agricole biologique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil d’accréditation du Québec (CAQ)
http://www.caqbio.org/

Fédération des producteurs acéricoles du Québec
http://www.maple-erable.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

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