L’Université Bishop veut offrir un baccalauréat en agriculture durable

Si la formation est acceptée, elle débuterait à l’automne 2022

L’Université Bishop veut offrir un baccalauréat en agriculture durable

L’Université Bishop de Sherbrooke veut offrir un baccalauréat en agriculture et systèmes alimentaires durables. Depuis 2019, l’université offre déjà un certificat et une mineure dans ce domaine et depuis cet automne, deux mineures peuvent être jumelée pour devenir une majeure. Pour ce qui est du baccalauréat, l’Université attend la décision du ministère de l’Enseignement supérieur.

Des discussions sont aussi en cours avec l’Ordre des agronomes pour voir si les bacheliers pourraient aspirer au métier d’agronome. Au Québec, le métier d’agronome ou de conseiller agricole est réservé aux membres de l’Ordre des agronomes.

Selon les explications de la professeure adjointe Jane Morrison, l’idée émane du professeur Darren Bardati du département d’environnement et géographie, et de sa conjointe Jennifer. Ils ont une petite ferme et ils se préoccupent beaucoup de l’agriculture durable et d’agriculture biologique.

La formation a débuté avec quelques cours à l’automne 2019 et dès l’automne 2020, un certificat et une mineure était offert en formation à temps plein. Depuis cette année, les étudiants peuvent combiner deux certificats pour faire une majeure en attendant que l’Université reçoive l’approbation pour le baccalauréat en agriculture et systèmes alimentaires durables.

Jane Morrison explique que la formation sera intensive puisque les étudiants auront des cours en été. Les étudiants du Québec termineront la formation de 120 crédits en deux ans. Les étudiants provenant de l’extérieur du Québec termineront en trois ans. Les cours sont dispensés en anglais.

L'Université Bishop est aussi en train de mettre en place sa ferme éducative. Il s'agit d'une terre de 57 hectares qui était en friche. Déjà, on y retrouve un jardin maraîcher et les pommiers ont été taillés. On y retrouvera un verger plus grands et différents arbres, à noix notamment. Ultérieurement, des petits animaux seront introduits et des activités intégreront la communauté.

Quels métiers feront-ils?

Selon Jane Morrison, les finissants pourront exercer plusieurs métiers, comme devenir producteur, entrepreneur, gestionnaire, agent de développement international, analyste en sécurité alimentaire, chercheur ou scientifique ou même enseignant.

Ils ne pourront pas être conseillers agricoles si la formation n’est pas reconnue par l’Ordre des agronomes du Québec car cette tâche est réservée aux agronomes.

Dans un courriel, la responsable des communications et des relations publiques de l’Ordre des agronomes, Martine Boivin, explique que l’Université Bishop n’a pas fait de demande officielle pour faire reconnaître leur formation pour accéder à la pratique de la profession d’agronome. C’est plutôt une mention dans le programme qui a amené l’Ordre à discuter avec l’Université Bishop. Il y était mentionné que les finissants pourraient être « conseillers agricoles ». Ceci est impossible sans être membre de l’Ordre des agronomes. Pour cela, il faut que le bachelier ait complété une formation accréditée et qu’il ait réussi l’examen d’admission.

La pénurie d’agronomes au Québec incite toutefois l’Ordre des agronomes à vouloir collaborer avec l’Université Bishop pour voir comment ils peuvent bien encadrer l’université et les finissants.

Pour que la formation soit acceptée par l’Ordre des agronomes, elle doit mener au baccalauréat es science en sciences agricoles d’un minimum de 90 crédits. La formation prévoit un minimum de formation dans différentes matières. « À l’heure actuelle, l’Ordre est à évaluer dans quelle mesure le programme qu’ils veulent offrir est compatible avec les exigences », explique Martine Boivin. Toutefois, l’Ordre des agronomes ne peut pas donner son aval tant que la formation n’est pas acceptée par le ministère de l’Enseignement supérieur.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires