Prolongement de l’autoroute 30 et agriculture

Québec (Québec), 17 juin 2002 – A la demande du ministre d’Etat aux Affaires
municipales, à la Métropole, à l’Environnement et à l’Eau, M. André Boisclair,
le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) rend public son rapport d’enquête et d’audience publique sur le projet de construction de l’autoroute 30 de Sainte-Catherine à l’autoroute 15 par le
ministère des Transports. Ce mandat d’enquête et d’audience publique a débuté

le 18 février dernier. La commission chargée de l’examen du projet était
présidée par Mme Claudette Journault, secondée par M. Jean Paré, commissaire.

Le tracé sud, un choix préférentiel

Au terme de la consultation publique qu’elle a menée, la commission
conclut en la nécessité de construire ce tronçon de l’autoroute 30 avec toute
la diligence possible. La commission est d’avis que l’option passant au sud de
Saint-Constant serait préférable. Quant à elle, la route 132 prendrait la
forme d’un boulevard urbain au lieu de l’autoroute en dépression proposée dans
l’option nord. Le corridor de la route 132 ainsi réaménagé encouragerait la
mise en valeur du coeur de la MRC de Roussillon et garderait ouvertes toutes
les options, tant pour le transport en commun que pour la diversité des

usages. Cette option répondrait aux objectifs de fluidité, de rapidité et de
sécurité des déplacements.

L’option sud et la protection de l’agriculture

L’autoroute 30 ne doit pas contribuer à l’étalement urbain. Le périmètre d’urbanisation de la MRC de Roussillon devrait constituer la frontière du développement urbain de Saint-Constant. Par cette approche, la vocation agricole de Saint-Constant devrait être protégée et la zone agricole maintenue intégralement. L’emprise de l’autoroute devrait également être établie en minimisant l’empiétement sur les terres cultivables. De plus, le promoteur
devrait tenir compte des répercussions éventuelles de la perte de superficies
cultivables sur la rentabilité de certaines exploitations. Il devrait prévoir
des mesures d’atténuation et de compensation à la mesure des inconvénients
encourus.

Un boulevard urbain sur la route 132 : indissociable de l’option sud

La situation actuelle de la route 132 ne répond plus aux besoins de
circulation depuis longtemps, mettant à l’épreuve la patience des citoyens de
Candiac, Delson, Saint-Constant et Sainte-Catherine. La route 132 réaménagée
en boulevard urbain redeviendrait la « rue principale » au service de la
population et des entreprises locales. Le boulevard urbain devrait prendre en
compte les parcs de stationnement incitatifs, les circuits d’autobus et le
train de banlieue de façon à en faciliter l’accès. L’aménagement du boulevard
et de ses abords devrait ainsi être planifié pour répondre aux besoins des
piétons et des cyclistes autant qu’à ceux des automobilistes. Il devrait aussi
contribuer à la continuité des pistes cyclables qui relient les quartiers
entre eux et au réseau régional. Le boulevard urbain devrait être pourvu d’une
voie réservée pour le transport en commun.

La modernisation de la route 132 constitue de plus une occasion à saisir
pour protéger et mettre en valeur les bords des cours d’eau et les zones
humides. Les marécages notamment devraient être intégrés dans une perspective
d’atténuation et de compensation environnementale et rendus accessibles à
certains endroits à des fins de sensibilisation et d’éducation.

L’insertion du projet dans le milieu : sensibilité et équité

L’autoroute 30 ayant pour objectif d’assurer des déplacements routiers
rapides et efficaces dans la région de Montréal et, par conséquent, de
soulager la congestion routière sur l’île de Montréal, il est de première
importance d’insérer un tel projet avec le plus grand soin dans les milieux
touchés. Il s’agit là d’une question d’équité pour des citoyens qui auront à
vivre avec une infrastructure qui ne leur est pas destinée spécifiquement.

La commission considère qu’il est primordial d’insérer un projet de cette
envergure dans l’environnement humain en visant la concertation des gens du
milieu. Etant donné que le projet a divisé la collectivité, sa mise en oeuvre
devrait être entreprise avec le souci de rétablir le consensus social. Pour y
parvenir, l’intégration de l’autoroute au sud de Saint-Constant devrait
inclure des conditions et des mesures non seulement pour en atténuer l’impact,
mais aussi en guise de compensation envers les personnes et les milieux les
plus touchés. De même, les modalités devraient être déterminées en
collaboration avec les gens du secteur agricole puisque la délimitation de
l’emprise pourrait nécessiter des ajustements afin de mieux protéger les
exploitations agricoles déjà en place ou pour éviter d’enclaver des terres.
C’est pourquoi la commission estime important d’associer les citoyens visés à
la mise au point de mesures d’atténuation et au suivi environnemental au sein
d’un comité formé par le promoteur en partenariat avec les villes.

La disponibilité du rapport

Le rapport d’enquête et d’audience publique sur le projet de construction
de l’autoroute 30 de Sainte-Catherine à l’autoroute 15 est maintenant
disponible. Il suffit d’en faire la demande à notre bureau en communiquant
soit par courriel, [email protected], soit en utilisant le
numéro sans frais 1 800 463-4732 ou le numéro local, (418) 643-7447. Le
rapport est aussi disponible sur Internet à l’adresse suivante :
www.bape.gouv.qc.ca./autoroute30

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

http://www.bape.gouv.qc.ca/

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

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