Protéger ses données agricoles

Agdata Transparent est une certification assurant le respect des données agricoles

Avec la multiplication des données générées sur les entreprises agricoles ainsi que l’investissement massif évalué en milliards de dollars par des géants en agriculture ou encore Microsoft et Google, les données agricoles représenteront des enjeux capitaux pour la société de demain. Ces enjeux incluent l’accaparement des données par une minorité de joueurs, donc la perte de liberté décisionnelle pour les producteurs.

En réponse à ces enjeux auxquels font actuellement face les producteurs, American Farm Bureau Federation, en collaboration avec des groupes de producteurs spécialisés, des organisations agricoles et des fournisseurs de technologies agricoles, a mis en place les fondements d’une certification appelée Agdata Transparent. Cette certification est d’ailleurs détenue par des entreprises connues au Québec, telles que LogiAG, Financement agricole Canada et John Deere.

Cette certification est basée sur une liste de principes fondamentaux. En voici quelques-uns.

  • L’éducation des producteurs pour leur faire connaître leurs droits et obligations.
  • Les données générées sur l’entreprise agricole devraient être la propriété des producteurs, mais il incombe à ceux-ci de donner les autorisations nécessaires pour leur utilisation.
  • Le fournisseur de technologies agricoles doit obtenir des ententes claires et signées des producteurs pour l’utilisation de leurs données.
  • Les agriculteurs doivent être avisés de la collecte de leurs données et de la manière dont elles seront communiquées et utilisées.
  • Les fournisseurs de technologies agricoles doivent aviser les agriculteurs du but de la collecte et de l’utilisation des données agricoles de façon transparente et uniforme.
  • Les producteurs doivent avoir la liberté de choisir un service ou non, et ce en toute connaissance de cause sur les possibles impacts de ce service.
  • Les producteurs doivent avoir la capacité de transférer leurs données à d’autres fournisseurs de services.
  • Les modalités et définitions du contrat doivent être claires pour les producteurs lorsqu’il s’agit du partage de donnée avec d’autres entités.
  • Le fournisseur de technologies agricoles ne vendra pas et ne communiquera pas les données agricoles qui ne sont pas globales à une tierce partie sans avoir préalablement obtenu un engagement juridique qui lie la tierce partie aux mêmes modalités et conditions que celles liant le fournisseur à l’agriculteur.
  • Les producteurs possèdent la latitude de retirer ou détruire leurs données chez un fournisseur de technologies agricoles.
  • Il est possible pour les producteurs de mettre fin à un contrat à tout moment.
  • Il est interdit aux fournisseurs de technologies agricoles d’utiliser les données à des fins d’activités illégales ou anticoncurrentielles.
  • Il y a une définition claire des responsabilités du fournisseur de services et du producteur en ce qui a trait aux mesures de sécurité pour protéger les données.

Comme vous pouvez le constater, la question de la propriété et de l’utilisation des données est déjà bien adressée par nos voisins du Sud, et celle-ci est basée sur des principes compréhensibles et rationnels pour les producteurs. Alors, en attendant une solution québécoise, serait-il avantageux pour les producteurs d’ici de demander cette certification auprès de leurs fournisseurs de services avant qu’un incident arrive?? Si c’est le cas pour vous, n’hésitez pas à en faire la requête.

à propos de l'auteur

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Collaborateur

Ayant complété son doctorat en sciences animales et étant copropriétaire de la ferme sur laquelle il a grandi, Maxime Leduc est pleinement conscient de la réalité des agriculteurs, en particulier des difficultés qu'ils rencontrent. Il souhaite fournir aux producteurs des outils adaptés et efficaces qui favoriseront la croissance de leur entreprise.

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