Prudence dans vos achats de grains

En quelques semaines à peine, le prix du maïs a fait un bon exceptionnel, passant de 5,50 $US le boisseau à la mi-juin à 8 $US le boisseau actuellement. La sécheresse qui sévit dans le Midwest américain depuis plusieurs semaines en est responsable.

Quelques aspects soutiennent le prix du maïs. Le rapport du USDA sur l’offre et la demande agricole mondiale du 10 août dernier laisse planer un manque de grains. Le USDA évalue des rendements plus bas que prévu, soit 123,4 boisseaux à l’acre. Ils sont les plus faibles depuis 1995. De plus, la production de cette année est la plus faible depuis 2006.

Mais, comme l’explique le consultant en gestion de risques Frédéric Hamel de Grainwiz, les vendeurs américains préfèrent laisser planer un manque de grains dans la période avant la récolte. « C’est toujours comme ça à chaque année », dit-il. Cette année, c’est encore plus important en raison de la sécheresse. « Ceux qui s’attendent à une bonne récolte ne le diront pas pour ne pas faire baisser les prix », ajoute-t-il.

La pluie récemment reçue dans le Midwest fait dire à plusieurs analystes que le USDA a estimé la situation pire qu’elle ne l’est en réalité. Autre signe : la récolte a commencé dans le sud des États-Unis, en Louisiane et dans la vallée du Mississipi, et la production s’annonce meilleure que prévue. En Louisiane, les productions sont mêmes très bonnes. « À certains endroits, ils ont obtenus des rendements dépassant les 200 boisseaux à l’acre alors qu’ils récoltent habituellement entre 150 et 175 boisseaux à l’acre » précise Frédéric Hamel.

Au Québec, la qualité du maïs serait, à l’inverse des États-Unis, « exceptionnelle ». Pour toutes ces raisons, Frédéric Hamel pense que le prix du maïs a atteint un maximum. Il recommande aux éleveurs de n’acheter que leurs besoins immédiats pour l’instant et de très peu acheter sur les marchés à terme. Le prix du maïs pourrait diminuer avec la nouvelle récolte.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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