Quand le ciel nous tombe sur la tête

Rivières en crue, champs inondés et temps frisquet sont malheureusement des images quotidiennes par les temps qui courent. La saison des semis accuse une solide semaine de retard et bientôt deux sur une année normale et les prévisions n’augurent rien de bon à court terme, confirme Jean-Philippe Bégin, météorologue à Environnement Canada. « Le Québec se retrouve au centre d’une succession de dépression provenant des États-Unis. Il y a un blocage d’air doux et sec dans les Prairies et les Maritimes. Le Québec se retrouve enclavé entre les deux systèmes de haute pression. La province va rester du mauvais côté du courant-jet et cette situation va empêcher une variation vers une évolution plus normale des dépressions. On devrait enregistrer encore des précipitations pour la semaine prochaine, peut-être même jusqu’au 16-17 mai. »

Le blocage météo au Québec.
Source: Météo média

La situation n’est pas cependant exceptionnelle, fait remarquer le météorologue. La semaine dernière, ce sont les Prairies qui se trouvaient du mauvais côté du courant-jet, ce qui a mené à des chutes de neige à l’ouest du pays. Ce qui est toutefois notable pour le printemps 2017 est la quantité de pluie tombée. « La station de Dorval a enregistré 156 ml de pluie pour avril, tout près du record de 159 ml de 2005. Si on ajoute cependant la neige, le total de précipitations monte à 159,8 ml », indique M.Bégin. Ajouté à la fonte des neiges et la faible capacité des sols encore gelés à absorber toute cette pluie, le phénomène a mené à la crue des eaux à laquelle on assiste en ce moment.

Le début de mai est déjà bien arrosé. Les précipitations de samedi et dimanche apporteraient de 40 à 60 ml de pluie dans le sud de la province. Des averses sont également prévues pour le reste de la semaine dans le cadre d’un système météo plus instable. En plus, un mercure nettement sous les normales est attendu par la suite en raison d’une poche d’air froid qui affectera le Québec en entier. « Les températures seront sous les normales, autant au Témiscamingue que dans les Laurentides ou au Saguenay. Il pourrait même y avoir des flocons fondants dans les régions plus au nord, dont les Hautes Laurentides.

Les prévisions de l’été disponibles

Pour le moment, les modèles météo disponibles pour l’été à venir sont réjouissants. Le blogue consacré au Canada de Accuweather prévoit un été plus chaud et même nettement plus chaud pour une grande partie du pays. Manque de chance, l’exception de cette tendance sera la moitié nord du Québec, en compagnie du Labrador et une partie des Maritimes. Ces régions connaîtront des précipitations supérieures aux normales alors qu’elles devraient tourner autour de ces dernières pour le reste du Québec. Les orages et averses seront brusques et intenses en raison de l’air froid provenant du nord.

Les prévisions météo de l’été avec les tendances du mercure dans l’image du haut et celles des précipitations dans celle du bas.
Source Accuweather

Environnement Canada reprend à peu près le même modèle, avec du temps plus froid au nord de la province, mais en ajoutant que du temps plus chaud que la moyenne pourrait toucher les régions limitrophes aux États-Unis. Les prévisions couvrent les mois de mai, juin et juillet.

Prévisions météo de mai, juin et juillet pour le Canada.
Source: Environnement Canada

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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