Québec est réticent à payer pour les producteurs maraîchers non assurés

Québec (Québec), 21 juin 2002 – Le ministère de l’Agriculture du Québec est réticent à venir en aide aux producteurs maraîchers de l’ouest de la Montérégie non assurés dont la récolte a été gâchée par les pluies abondantes des derniers temps.

Le sous-ministre Marcel Leblanc a précisé, vendredi, qu’une rencontre aurait lieu la semaine prochaine entre les gens du ministère et les producteurs pour évaluer l’importance des dommages.

Il a toutefois prévenu que « c’est impossible de penser qu’il va y avoir des récompenses pour ceux qui ont évité pendant plusieurs années de payer des assurances ».

« C’est un problème d’équité entre ces producteurs-là et ceux qui paient depuis cinq ou dix ans de l’assurance pour leurs maisons et leurs récoltes, a poursuivi le haut fonctionnaire. Ca pose un problème d’équité majeur, il va falloir qu’ils comprennent ça. »

Certains producteurs maraîchers justifient leur omission de s’assurer par le coût élevé des polices par rapport au niveau de protection offert, mais M. Leblanc fait valoir que « les primes sont dispendieuses parce que les risques sont importants. Alors, vous avez le choix de prendre le risque vous-même, ou de vous assurer. »

Il a dit espérer que, toute déplorable soit-elle, la situation vécue par ces producteurs fasse « augmenter l’intérêt à se couvrir pour ces risques-là ».

Vendredi, le ministère de l’Agriculture avait reçu une soixantaine de demandes d’assistance de la part de producteurs maraîchers non assurés, et ce nombre s’accroîtra fort probablement au cours des prochains jours.

Le directeur de l’Association des jardiniers et maraîchers du Québec, André Turenne, a affirmé que « c’est sûr qu’eux vont dire “ils auraient dû s’assurer”. Mais nous on dit: ça déborde le cadre de l’assurance normale, on a vraiment vécu une situation hors de l’ordinaire. »

Le préfet de la MRC des Jardins-de-Napierville, Marcel Roy, a quant à lui fait valoir que toute l’économie régionale était menacée, puisque les producteurs maraîchers peuvent embaucher jusqu’à 4000 travailleurs saisonniers, qui font ensuite vivre les commerces du coin.

M. Roy a rappelé que dans le cas de l’incendie qui a ravagé un abattoir à Notre-Dame-du-Lac, dans le Témiscouata, « tout de suite le gouvernement a dit ‘on est capable de vous aider, on va vous aider’. Mais nous autres, il y a 4000 emplois qui sont péril. Il y a sûrement quelque chose qui peut être fait. »

Il est tombé près de 13 centimètres de pluie entre le 11 et le 18 juin sur l’ouest de la Montérégie, dont les terres fertiles accueillent près de la moitié de la culture de fruits et légumes du Québec. La normale pour cette même période est d’environ 2,5 centimètres de précipitations.

Selon une étude réalisée pour un regroupement d’agriculteurs locaux, quelque 3530 acres de cultures – principalement de carottes, d’oignons, de laitue et de pommes de terre – auraient été directement inondés, ce qui représente pour l’instant des pertes d’environ 18 millions $ pour 140 producteurs maraîchers.

L’étude pronostique que les pertes économiques liées aux inondations pourraient, à terme, toucher une superficie de 15 500 acres et atteindre une valeur de 78 millions $.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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