Québec n’interviendra pas dans le dossier Métro

Québec (Québec), 31 janvier 2001 – Désireux que la chaîne d’épiceries Métro demeure entre des mains québécoises, le gouvernement du Québec a espéré mercredi que le calme revienne au sein de la compagnie, au lendemain d’une tentative ratée par les marchands actionnaires d’évincer la direction de Métro.

« Nous espérons que Métro va pouvoir repartir sur des bases les plus solides possible. C’est l’entreprise la plus rentable en alimentation au Québec et ils ont tout ce qu’il faut pour réussir », a indiqué Jean-François Gauthier, attaché politique au ministère québécois de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation, lors d’un entretien avec Reuters.

Les marchands ont profité de l’assemblée annuelle des actionnaires de Métro mardi pour soumettre une liste de leurs propres candidats au conseil d’administration, mieux placés selon eux pour veiller aux intérêts de la compagnie. Les actionnaires ont cependant appuyé à 62% la liste présentée par la direction actuelle.

Québec se dit ainsi assez confiant quant à l’avenir de l’épicier indépendant, mais a avoué son inquiétude sur une possible prise de contrôle de Métro par des intérêts étrangers.

« Il est clair que nous étions inquiets, et nous souhaitons vivement que Métro reste québécois à cause des impacts que ça peut avoir pour l’industrie », a dit le fonctionnaire.

Gauthier a cependant précisé que l’Etat n’avait aucunement l’intention de s’impliquer dans le dossier. « Ce sont des débats qui se déroulent au sein d’une entreprise cotée en Bourse, donc nous ne sommes que des témoins de l’extérieur. »

A la suite de leur échec de mardi, les marchands actionnaires de Métro ont indiqué leur intention de poursuivre leurs efforts pour empêcher la vente de la dernière chaîne d’épiceries québécoises indépendantes à des intérêts étrangers.

« Nous ne sommes ni rassurés ni plus inquiets que nous l’étions hier. Nous allons regarder ça de très près en espérant que le calme revienne, ainsi que la sécurité nécessaire pour faire des affaires », a indiqué l’attaché politique du ministre Rémy Trudel.

Depuis la vague de consolidation dans le secteur alimentaire, qui a notamment vu Provigo passer sous contrôle de l’ontarienne Loblaw en 1999, plusieurs observateurs estiment que Métro est trop petite pour demeurer indépendante et qu’elle constitue donc un cible de choix pour un acquéreur.

Métro a nié de nouveau mardi que la compagnie était en vente.

Le groupe a affiché des revenus de 4,7 milliards$ en 2000 et détient actuellement environ le tiers du marché alimentaire québécois, au coude à coude avec Provigo et IGA, détenue par le groupe Oshawa, de Nouvelle-Ecosse.

(Tous les montants sont en dollars canadiens, à moins d’indication contraire)

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Métro

http://www.metro.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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