Réaction de l’UPA au budget fédéral

Longueuil (Québec), 28 janvier 2009 – L’Union des producteurs agricoles (UPA) réagit négativement aux mesures annoncées dans le budget 2009-2010 du gouvernement fédéral, ces dernières étant en deçà d’engagements électoraux qualifiés de minimalistes et insuffisants par les agriculteurs québécois lors du scrutin d’octobre dernier. En ce sens, le gouvernement conservateur ferme les yeux sur les besoins clairement exprimés pendant la campagne, et ce, en toute connaissance de cause. « Voilà un budget d’une insensibilité déconcertante à l’endroit du monde agricole », a déclaré le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Christian Lacasse.

Les 500 millions de dollars consentis pour cinq ans au secteur agricole, répartis selon l’importance relative de chaque province et adaptables en fonction des particularités de chacune, sont effectivement moindres que les engagements pris par les conservateurs lors de la dernière élection et ne représentent qu’une fraction des besoins réels. En effet, tel qu’indiqué de vive voix à tous les partis politiques en cours de campagne, les besoins à cet égard sont évalués, au plus stricte minimum, à plus d’un milliard de dollars par année. « En excluant les mesures de soutien à la sécurité du revenu, là où les besoins sont pourtant les plus criants, le gouvernement dénature l’essence même du programme qui se devait d’être flexible. Un programme adaptable par chaque province en fonction des particularités de son agriculture est une bonne chose évidemment, mais encore faut-il que l’enveloppe soit adéquate et qu’il vise la bonne cible », a continué le président de l’UPA. La grande diversité dans les productions, dans les programmes et dans la législation de chaque province exigent en effet une politique canadienne souple et adaptable, tel que le revendique le monde agricole depuis plusieurs années.

Du côté de l’aide au secteur de l’abattage, le gouvernement laisse pour compte Levinoff-Colbex (Saint-Cyrille-de-Wendover), seul abattoir de bovins de réforme d’importance dans l’est du Canada. Les producteurs de bovins viennent tout juste de recapitaliser cet abattoir pour 30 millions de dollars et s’attendent donc que le gouvernement applique les mêmes règles pour la capitalisation que pour les nouveaux projets (un dollar du gouvernement pour un dollar d’investissement privé). Les 50 millions de dollars sur trois ans s’avèrent donc nettement insuffisants. « L’implication financière des producteurs dans cette usine traduit leur volonté de s’investir plus loin dans la filière pour exercer un meilleur contrôle sur la commercialisation de leurs produits et tirer davantage de revenus du marché. Or, il n’appartient pas aux seuls producteurs d’assurer l’avenir de l’abattage au Canada », a précisé M. Lacasse, en ajoutant que Levinoff-Colbex était indispensable pour l’écoulement des bovins de réforme et le maintien de notre compétitivité sur les marchés.

La situation actuelle dans ce secteur de production exigeait aussi des mesures pour couvrir les frais supplémentaires occasionnés par la nouvelle réglementation sur les matières à risque spécifiées (MRS), et ce, tant que le Canada n’aura pas harmonisé ses règles avec celles des États-Unis. Pour les bovins de réforme, cette réglementation canadienne entraîne des frais de fonctionnement aux abattoirs de 30 à 40 dollars par tête dans un contexte où la concurrence est féroce. La réglementation américaine est moins sévère et beaucoup moins coûteuse. Conséquemment, en vertu de l’inaction du gouvernement canadien, des abattoirs canadiens ferment carrément leurs portes, diminuent leur production ou connaissent de graves difficultés financières.

Un appui financier majeur était aussi requis pour appuyer l’industrie forestière, dont le seul maintien aurait nécessité des investissements au moins deux fois plus importants que ceux annoncés aujourd’hui. Pour le président de l’UPA, « Le gouvernement conservateur, comme il l’a fait la semaine dernière en assouplissant les conditions de remboursement au Programme de paiement anticipé (PPA), avait l’occasion d’appuyer le secteur agricole à hauteur suffisante pour qu’il traverse la crise et qu’il contribue à la relance économique; ce qui, rappelons-le, était l’objectif visé par le budget ». Soulignons que l’agriculture au Québec représente 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires à la ferme annuellement, quelque 125 000 emplois directs et indirects et 625 millions de dollars d’investissements dans toutes les régions du Québec. « Manifestement, ce gouvernement ne souhaite pas rassurer les producteurs agricoles et forestiers quant à leur avenir et les encourager à investir », a conclu le président de l’UPA.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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