Réduction des budgets consacrés à l’aménagement des forêts privées

Longueuil (Québec), 23 avril 2004 – Alors qu’une réduction des volumes de bois disponibles au Québec est appréhendée et que tout indique qu’il faudrait accélérer les investissements dans la sylviculture des forêts, le ministre Pierre Corbeil a annoncé que son gouvernement coupe le budget du programme de mise en valeur des forêts privées de 5,5 millions $ pour 2004-2005. Il s’agit d’une réduction de 15 % par rapport à la contribution de 2003-2004. Par la voix de la Fédération des producteurs de bois du Québec, les propriétaires forestiers dénoncent cette décision. L’Union des producteurs agricoles se joint à son affiliée, la Fédération des producteurs de bois, dans cette dénonciation.

Un équilibre à rétablir
La déception des propriétaires de forêts privées est amplifiée par ce qui semble être le choix de favoriser le développement de la forêt publique. Alors que les budgets consacrés à la culture des forêts privées sont aujourd’hui sévèrement coupés, les crédits alloués aux travaux sylvicoles en forêt publique sont en hausse constante. La Fédération des producteurs de bois du Québec lutte depuis de nombreuses années pour que s’instaure un juste équilibre entre la forêt publique et la forêt privée. L’annonce récente du ministre Corbeil laisse croire que cet équilibre, bien incertain, pourrait sérieusement se détériorer.

Le président de la Fédération, M. Adéodat St-Pierre, déplore ce choix, difficile à accepter pour les propriétaires de toutes les régions du Québec. « Il y a des listes d’attente de propriétaires prêts à faire des travaux, alors que les crédits ne se dépensent pas en forêt publique. En plus, quand le gouvernement investit en forêt privée, il peut compter automatiquement sur des contributions de l’industrie et des propriétaires. Le gouvernement Charest a hérité d’un partenariat public-privé qui fonctionne, il ne doit pas le laisser tomber ».

Une erreur à réparer
M. St-Pierre, se dit aussi inquiet des effets de cette décision dans les régions. « La coupure va faire mal dès cette année. C’est une erreur qu’il faut réparer au plus vite » a-t-il déclaré. « Il y a des emplois en jeu, dans des coins où on ne peut pas se permettre d’en perdre ». Le président de la Fédération a bien pris note d’une observation du ministre Corbeil, qui a demandé aux partenaires de la forêt privée de voir cette coupure « comme un recul peut-être nécessaire, pour mieux avancer dans le futur ». Il a donc l’intention de rencontrer le ministre Corbeil prochainement, avec d’autres partenaires de la forêt privée, pour discuter avec lui de solutions de remplacement. « On a de bonnes idées, pour le court terme comme pour le long terme », de dire M. St-Pierre. « Pourquoi ne pas réinvestir les crédits qui ne se dépensent pas là ou ça pousse le mieux, dans les forêts privées? Avec des ajustements à la fiscalité, on pourrait aussi faire un grand bout de chemin ».

Pour le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, « l’UPA sera aux côtés de la Fédération des producteurs de bois du Québec afin de s’assurer que le gouvernement porte une oreille attentive aux propositions des producteurs forestiers. » Il rappelle que la forêt privée, qui représente plus de 70 % du territoire rural et 11 % de la superficie forestière productive du Québec, participe à la vitalité des régions en générant des milliers d’emplois. « En affaiblissant la forêt privée, c’est l’économie des régions et toute l’industrie forestière qu’on affecte durement », d’ajouter M. Pellerin.

L’ensemble de la population du Québec bénéficie de forêts privées productives, alors que l’industrie et les gouvernements en tirent des revenus et des profits bien supérieurs à ceux des propriétaires forestiers. Ceux-ci espèrent donc que ce recul ne sera que temporaire et qu’on trouvera rapidement de nouvelles façons de les soutenir dans l’aménagement durable de leurs forêts.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Commentaires