Réduire au maximum la chimie dans l’agriculture

Lille (France), 5 mars 2002 – L’agriculture ne peut pas encore se passer de la chimie mais elle est en mesure de réduire fortement son utilisation, selon les participants à la Conférence internationale sur les moyens alternatifs de lutte contre les organismes nuisibles qui s’est déroulé à Lille.

Plus de 150 contributions de spécialistes du monde entier y sont présentées, sur les méthodes constituant des alternatives au tout-chimie, longtemps le credo de l’agriculture productiviste: recours à des insectes prédateurs des espèces nuisibles, produits naturels, micro-organismes stimulant les défenses, insecticides microbiens et autres formes de luttes biologiques.

Outre les chercheurs des pays occidentaux, Russes, Iraniens, Egyptiens, Indiens apportent leurs contributions à ces alternatives ou compléments de la lutte chimique.

« La réduction des intrants chimiques constitue une évolution favorable aussi bien pour la protection des consommateurs que la santé des utilisateurs », a souligné Gilbert Maurin, président de l’Association française de protection des plantes (AFPP).

Pour Claude Alabouvette, de l’INRA (Institut national de recherche agronomique), l’agriculture doit être « raisonnée » et « intégrée » par une réflexion sur les seuils de traitement et la combinaison de plusieurs approches.

« Par exemple pour les pommes de terre, on est maintenant en mesure de déterminer les seuils de présence de nuisibles en dessous desquels on ne doit pas traiter et on peut différencier les traitements en fonction du type de pucerons concerné », souligne-t-il.

Pour les pommiers, Sandrine Oste (AFPP) recommande l’utilisation d’acariens contre leurs congénères nuisibles en combinaison avec des traitements chimiques très ciblés. Les haies, réservoirs d’insectes utiles, doivent également être encouragées.

Ces développements nécessitent un grand soin concernant la traçabilité ainsi que le traitement des déchets et effluents. Certains produits d’origine biologique obligent à des précautions d’emploi similaires à celles des produits de synthèse, même s’ils ont l’avantage d’être mieux biodégradables.

Les OGM (organismes génétiquement modifiés) ne sont pas le sujet de la conférence mais font l’objet de discussions entre chercheurs.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut national de la recherche agronomique (INRA)

http://www.corse.inra.fr/

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