Réaction partagée des marchés

Depuis un peu plus d’une semaine, le comportement des prix des grains est dicté par un principal élément : les conditions météorologiques aux États-Unis, mais également en Europe, en Chine et même au Canada. La réaction des marchés est très partagée, notamment en raison de signes qui indiquent un fléchissement de la demande.

Voici les variations des prix au cours de la semaine dernière (25 au 29 avril) :

Maïs
Livraison immédiate : +0,0225 $US/boisseau (0,84 $CAN/TM) @ 7,5650 $US/boisseau (282,84 $CAN/TM)

Récolte : -0,0650 $US/boisseau (-2,43 $CAN/TM) @ 6,7050 $US/boisseau (250,68 $CAN/TM)

Soya
Livraison immédiate : +0,0825 $US/boisseau (2,88 $CAN/TM) @ 13,9275 $US/boisseau (486 $CAN/TM)
Récolte : -0,1075 $US/boisseau (-3,75 $CAN/TM) @ 13,7425 $US/boisseau (479,55 $CAN/TM)

Blé
Livraison immédiate : -0,5175 $US/boisseau (-18,08 $CAN/TM) @ 7,64 $US/boisseau (266,92 $CAN/TM)
Récolte : +0,0925 $US/boisseau (3,24$CAN/TM) @ 9,0275 $US/boisseau (316,62 $CAN/TM)

Depuis plusieurs semaines, les conditions de début de saison demeurent difficiles dans plusieurs régions du monde. Aux États-Unis, les états les plus au nord et ceux du Midwest sont aux prises avec des conditions très fraîches et humides qui ont retardé de manière importante le début des ensemencements de maïs.

En date 24 avril dernier, seulement 9 % du maïs était semé aux États-Unis, ce qui est très peu par comparaison à l’an dernier (46 %) et la moyenne des 5 dernières années (23 %).

Toujours aux États-Unis, mais plus au sud, les conditions sont à l’opposé, avec des températures chaudes et anormalement sèches depuis plusieurs semaines. La situation est assez inquiétante pour que des rumeurs circulent de plus en plus à l’effet que certains producteurs américains abandonneront leurs cultures de blé d’hiver au pâturage ou pour du soya.

Au Canada, il se sèmera (toutes variétés confondues) pour plus de 10 millions d’hectares de blé cette année, selon Statistique Canada. Ceci représente une progression des superficies ensemencées de plus de 17 % par rapport à 2010. Encore là, les conditions météorologiques des dernières semaines n’ont pas été au rendez-vous dans les Prairies, ce qui donne à penser que moins de blé que prévu pourrait être semé par les producteurs canadiens.

En Europe, plusieurs pays, dont la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique, ont aussi été frappés par des conditions sèches difficiles pour le début de saison des cultures. En France, la situation serait telle que des pertes de 10 à 15 % seraient appréhendées dans certaines régions.

En considérant toutes ces difficultés en période d’ensemencement, on pourrait penser que l’incertitude pousserait les marchés à la hausse. Dans les faits, certains éléments peuvent expliquer la prudence des marchés à faire grimper les prix.

Comme l’a révélé le dernier rapport hebdomadaire sur les exportations et ventes à l’exportation du USDA publié jeudi dernier, un ralentissement de la demande pour le maïs et le soya semble de plus en plus apparent.

Du côté du maïs, les marges de profit des fabricants américains d’éthanol sont de moins en moins avantageuses. La consommation de maïs par le bétail aux États-Unis montrerait aussi certains signes d’un ralentissement, ramenant à l’avant-plan l’idée que la hausse des prix des grains des derniers mois pourrait bel et bien porter préjudice aux producteurs de viande.

Du côté du soya, les acheteurs chinois auraient annulé l’achat d’un à deux cargos de soya brésilien la semaine dernière, après en avoir déjà annulé plusieurs des États-Unis au cours des semaines précédentes. Les marges de profit des triturateurs américains seraient aussi sous pression, baissant à leur plus bas niveau depuis novembre 2008. Ceci donne même à penser à certains analystes qu’il pourrait finalement y avoir assez de soya pour répondre à la consommation domestique américaine d’ici la prochaine récolte.

Plus d’information sur www.grainwiz.com

à propos de l'auteur

André Dumont's recent articles

Commentaires