Recettes monétaires agricoles au premier trimestre de 2005

Ottawa (Ontario), 25 mai 2005 – Au premier trimestre de 2005, les recettes monétaires agricoles ont atteint un sommet inégalé, l’augmentation des recettes tirées des bovins et des porcs et les paiements de programme records ayant compensé la baisse des recettes tirées des cultures.

Au total, les recettes tirées des cultures, du bétail et des paiements de programme se sont accrues de 3,4 % pour atteindre le niveau record de 9,4 milliards de dollars, en hausse d’environ 310 millions de dollars par rapport au premier trimestre de 2004. Les recettes ont progressé de 6,5 % par rapport à la moyenne quinquennale précédente du premier trimestre (de 2000 à 2004).

Les recettes des éleveurs de bétail se sont élevées à 4,5 milliards de dollars, en hausse de 6,8 % par rapport au creux enregistré en 2004. Cette augmentation était principalement attribuable à l’accroissement des recettes tirées des bovins et des porcs d’abattage.

Par ailleurs, les recettes tirées des cultures ont chuté de 10,3 % pour s’établir à 3,3 milliards de dollars, ce qui correspondait à un recul d’environ 380 millions de dollars. Les producteurs de plusieurs des principales céréales et graines oléagineuses ont signalé une diminution considérable de leurs recettes par rapport à la même période en 2004.

Au premier trimestre de 2005, les producteurs ont touché des paiements de programme ayant totalisé 1,6 milliard de dollars, soit un tiers de plus que durant la même période l’an dernier. Il s’agissait d’une augmentation de plus de 690 millions de dollars par rapport à la moyenne quinquennale précédente. Cette hausse était attribuable en majeure partie à la majoration des paiements effectués dans le cadre du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA).

Les recettes monétaires agricoles constituent une mesure du revenu brut des exploitations agricoles. Elles ne tiennent pas compte des dépenses engagées par les agriculteurs. Les recettes monétaires peuvent varier considérablement d’une exploitation agricole à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont les élevages et les cultures choisis, les prix et les conditions climatiques. De plus, les effets de la fermeture le 20 mai 2003 de la frontière américaine aux bovins et au boeuf canadiens continueront de se faire sentir dans les statistiques financières agricoles. Pour obtenir les renseignements les plus récents au sujet du revenu agricole net en 2004, consultez le communiqué intitulé «Revenu agricole net» qui paraît aujourd’hui dans Le Quotidien.

L’Île-du-Prince-Édouard a affiché la plus forte progression en pourcentage des recettes monétaires (+13,6 %) parmi toutes les provinces. Cette progression était principalement attribuable au raffermissement du prix des pommes de terre depuis leur creux atteint en 2004. En dépit de cette hausse, les recettes n’ont été que légèrement supérieures à la moyenne quinquennale précédente.

L’Alberta (-3,9 %) et la Nouvelle-Écosse (-0,8 %) ont été les seules provinces à avoir enregistré un fléchissement des recettes.

Les bovins et les porcs font progresser les recettes tirées du bétail
Au premier trimestre, les recettes tirées du bétail ont atteint 4,5 milliards de dollars, en hausse de 288 millions de dollars par rapport au premier trimestre de 2004. Cette hausse s’expliquait principalement par l’augmentation des prix des bovins et des porcs d’abattage.

Les recettes tirées des bovins et des veaux au premier trimestre se sont élevées à 1,4 milliard de dollars, en hausse de 7,8 % par rapport au même trimestre en 2004. Toutefois, ces recettes étaient inférieures de 16,7 % à la moyenne quinquennale. La hausse de 10,7 % du prix moyen des bovins et des veaux a fait contrepoids à la baisse de 2,6 % des mises en marché.

Les recettes tirées des bovins d’abattage ont progressé de 6,3 % pour atteindre 1,2 milliard de dollars et ce, malgré une baisse de 2,1 % du nombre d’animaux vendus pour l’abattage au Canada. Même s’il a augmenté de 8,8 %, le prix des bovins d’abattage au premier trimestre est demeuré bien en deçà des moyennes historiques. La frontière américaine demeure fermée aux exportations canadiennes de bovins vivants.

Les recettes tirées des porcs ont grimpé de 12,3 % pour atteindre un sommet de 1,1 milliard de dollars, ce qui était attribuable dans une large mesure à l’augmentation de 11,4 % du prix moyen. Les prix ont continué de se raffermir en raison de la vigueur des exportations et de la forte demande intérieure. Le nombre d’animaux mis en marché n’a augmenté que très légèrement par rapport au premier trimestre de 2004. Toutefois, depuis 1994, le nombre de porcs vendus augmente d’année en année.

Les recettes tirées des porcs d’abattage ont bondi de 12,9 % pour se fixer à 870 millions de dollars, en raison de la progression des prix et des mises en marché. Elles ont représenté plus de 80 % du total des recettes tirées des porcs.

Bien que le nombre de porcs vendus sur les marchés internationaux ait fléchi de 6,3 %, les recettes des exportations internationales se sont accrues de 9,2 % pour atteindre presque 180 millions de dollars, les prix à l’exportation ayant progressé de façon marquée (+17,2 %).

En ce qui concerne les produits assujettis à la gestion de l’offre, les recettes tirées des produits laitiers, des poulets et des dindons se sont accrues, tandis que les recettes tirées des oeufs ont régressé. Les produits du bétail assujettis à la gestion de l’offre ont représenté 40 % des recettes totales tirées du bétail.

Les conditions climatiques, les prix et les dates des paiements influent sur les recettes tirées des cultures
Les recettes tirées des cultures ont totalisé 3,3 milliards de dollars, en baisse de 6,2 % par rapport à la moyenne quinquennale précédente.

En plus de la vigueur du dollar canadien et de la saison de croissance particulièrement froide de l’année dernière qui a entraîné un accroissement des approvisionnements de céréales de qualité moindre dans les Prairies, plusieurs autres facteurs expliquent le repli des recettes.

Les prix de la plupart des céréales et des oléagineux ont nettement reculé, en raison principalement de l’augmentation des approvisionnements découlant des récoltes exceptionnelles aux États-Unis et de la perspective d’une autre excellente récolte en Amérique du Sud.

Au premier trimestre de 2005, les livraisons de maïs et de canola ont fléchi. Les stocks de maïs et de canola à la ferme étaient supérieurs aux moyennes décennales au 31 mars. Enfin, la réduction des paiements de la Commission canadienne du blé (CCB) a contribué au repli global des recettes tirées des cultures.

Le recul le plus marqué en ce qui concerne les cultures a été observé pour le canola, dont les recettes ont chuté de près du tiers en 2005 pour se fixer à 422 millions de dollars, comparativement au sommet de 612 millions de dollars de 2004. Les prix et les livraisons ont été inférieurs aux niveaux enregistrés l’année précédente.

Les recettes tirées du blé (sauf le blé dur) ont chuté de 24,2 % pour s’établir à 400 millions de dollars, en raison principalement de la réduction des paiements de la CCB. Les recettes tirées du maïs ont régressé de 38,9 % pour se chiffrer à près de 150 millions de dollars, en raison de la baisse des prix et des livraisons.

Les recettes tirées des produits horticoles, qui comprennent les fruits, les légumes et les produits de floriculture, de pépinière et de gazonnière, ont progressé de 12,1 % pour atteindre près de 630 millions de dollars.

Les paiements de programme atteignent des niveaux records
Au premier trimestre de 2005, les paiements de programme ont grimpé de 14,6 % par rapport au niveau record observé en 2003. Ils ont augmenté d’un tiers par rapport au niveau de 2004.

Les paiements au chapitre du PCSRA se sont élevés à 570 millions de dollars au premier trimestre de 2005, en hausse de plus de 545 millions de dollars comparativement à la même période en 2004. Le PCSRA vise à venir en aide aux producteurs qui ont subi une baisse de revenu en raison de l’ESB ou d’autres facteurs.

Comparativement au premier trimestre de 2004, les paiements d’assurance-récolte se sont accrus de 14,5 % pour totaliser 378 millions de dollars. Malgré cette augmentation, les paiements d’assurance-récolte ont été inférieurs de 8,0 % à la moyenne quinquennale précédente.

Les retraits de la partie gouvernementale du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) ont fléchi par rapport aux niveaux records de 2004. Les agriculteurs ont retiré 319 millions de dollars de la partie gouvernementale, en baisse de 13,6 % comparativement à l’année dernière. Toutefois, les retraits effectués ont été presque deux fois plus élevés que la moyenne quinquennale précédente, qui s’établissait à 164 millions de dollars.

Recettes monétaires agricoles
 Janvier à mars 2004Janvier à mars 2005pJanvier-mars 2004 à janvier-mars 2005
 en millions de dollarsvar. en %
Canada9 0899 4013,4
Tout le blé1620478-22,9
Blé, sauf le blé dur1528400-24,2
Blé dur19378-16,1
Orge1154106-31,2
Recettes différées-84-52-38,1
Réalisation des recettes différées6046070,5
Canola612422-31,0
Soya194187-3,6
Maïs244149-38,9
Autres céréales et oléagineux9512531,6
Cultures spéciales18220512,6
Autres cultures1 0131 0321,9
Total des cultures3 6353 259-10,3
Bovins et veaux1 3171 4207,8
Porcs9361 05112,3
Produits laitiers1 1331 2036,2
Volaille et oeufs6056151,7
Autre bétail257247-3,9
Total du bétail4 2484 5356,8
Compte de stabilisation du revenu net369319-13,6
Paiements d’assurance-récolte33037814,5
Programmes d’aide en cas de désastre lié aux revenus1230
Programme provincial de stabilisation9472-23,4
Subventions aux produits laitiers000
Autres programmes290838189,0
Total des paiements1 2061 60833,3
pDonnées provisoires.
1.Inclut les paiements de la Commission canadienne du blé.
N’ayant pas lieu de figurer.  
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Recettes monétaires agricoles provinciales
 Janvier à mars 2004Janvier à mars 2005pJanvier-mars 2004 à janvier-mars 2005
 en millions de dollarsvar. en %
Canada9 0899 4013,4
Terre-Neuve-et-Labrador20215,0
île-du-Prince-Édouard819213,6
Nouvelle-Écosse122121-0,8
Nouveau-Brunswick9610711,5
Québec1 2801 41910,9
Ontario2 0452 0852,0
Manitoba1 0281 0391,1
Saskatchewan1 6951 8418,6
Alberta2 2212 134-3,9
Colombie-Britannique5015438,4
pDonnées provisoires.
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Note aux lecteurs
Statistique Canada ne fait pas de prévisions des recettes monétaires agricoles. Les données présentées sont fondées sur les données des enquêtes et sur les données administratives provenant de plusieurs sources.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des entreprises agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les fermes d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les paiements de programme sont les paiements liés à la production agricole courante et versés directement aux agriculteurs. Mentionnons, à titre d’exemple, les paiements du Compte de stabilisation du revenu net, les paiements qui sont versés en vertu de la Loi sur l’assurance-récolte et ceux des programmes provinciaux de stabilisation. La série des paiements de programme ne vise pas nécessairement à englober tous les paiements effectués aux agriculteurs et ne représente pas la totalité des dépenses des gouvernements se rapportant à tous les programmes d’aide.

La publication Recettes monétaires agricoles – Statistiques économiques agricoles, mai 2005, vol. 4, no 1 (21-011-XIF, gratuite) est maintenant accessible en ligne. À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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