Ligne de temps

50 % du soya récolté au Québec

Après un début de saison particulièrement difficile, plusieurs champs de soya ont atteint un niveau de maturité suffisamment élevé dans les dernières semaines pour entamer la récolte, à tel point que près de 50 % des superficies semées en soya dans la province auraient été récoltées, selon deux observateurs.

« Les producteurs ont bénéficié de deux belles séquences de beau temps pour débuter les récoltes : une à la fin septembre et une autre en fin semaine, ce qui a permis à certains de s’avancer et même à d’autres de terminer. Globalement, la moitié des superficies de soya sont récoltées. C’est l’évaluation que l’on fait selon les livraisons attendues », indique Miguel Provost, de Semences Prograin.

Contrairement aux États-Unis, la récolte au Québec n’afficherait pas de retard et suivrait son calendrier habituel, ajoute l’expert.

Même son de cloche de Gilbert Brault de Semences Pride. « Environ 50 % des superficies de soya au Québec ont été battues jusqu’à maintenant, mais la situation varie beaucoup d’une région à l’autre. La date des semis a une influence mais aussi le gel de septembre qui a atteint des plants à différents stades de maturité. »

Le gel du 19 septembre a en effet frappé des plants à quasi-maturité alors que d’autres étaient encore en pleine croissance. Ces derniers ont bénéficié de la chaleur des dernières semaines et les tiges ont continué à croître mais M.Brault anticipe des pertes importantes, au fur et à mesure que les champs semés tardivement seront finalement récoltés. « Les fèves du haut du plant, qui ont été affectées par le gel, ont le tiers de la grosseur des fèves du bas. La croissance s’est poursuivie mais de manière inhabituelle puisque la plante a subi un stress important avec le gel. Il pourrait y avoir des pertes de rendement de 10,12 ou 15%. Le potentiel de rendement pourrait être encore plus variable que par les années passées. »

Pour la Montérégie et le Centre-du-Québec, l’année 2014 n’augure rien de bon en termes de rendement après deux bonnes années. « Le gel a été mortel à certains endroits avec un mercure qui est descendu sous les 4 degrés Celsius », rappelle M.Provost qui prévoit des pertes importantes de rendement pour ces régions. Selon les commentaires reçues jusqu’à maintenant, la région de Québec s’en tirerait par contre plutôt bien.

En ce qui a trait à la qualité, elle semble elle aussi être très variable cette année. De nombreux problèmes ont affectés le soya, en commençant par les semis tardifs (certains champs n’ont été semés qu’à la fin de juin) en passant aux trombes d’eaux reçues en juin. La sécheresse s’est ensuite mise de la partie ainsi que les pucerons et la moisissure blanche. Une année qui en a fait voir de toutes les couleurs aux producteurs, reconnait M.Provost.

La bonne nouvelle au tableau : le temps chaud a permis d’assécher suffisamment les champs pour que le soya atteigne un taux d’humidité très respectable à 14%.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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