Recommandations aux pays de l’ALÉNA sur la question du maïs transgénique au Mexique

Montréal (Québec), 13 avril 2004 – À la suite du Symposium sur le maïs et la biodiversité que la Commission de coopération environnementale (CCE) a organisé le 11 mars 2004 à Oaxaca, au Mexique, le Comité consultatif public mixte (CCPM) a adressé ses recommandations initiales au Conseil de la CCE – composé des ministres fédéraux de l’Environnement des trois pays nord-américains – sur la question du maïs transgénique au Mexique.

Le Symposium a attiré plusieurs centaines de participants, y compris des membres de peuples autochtones et des campesinos; la diversité des participants et la variété des points de vue exprimés lors de la rencontre ont apporté une dimension très humaine à cette question complexe et controversée. Le CCPM est convaincu que la conservation de la biodiversité ne doit pas être dissociée de la protection de la diversité culturelle. Il estime que toutes les analyses devraient être fondées sur une vaste compréhension du développement durable et des interactions entre les répercussions environnementales, économiques, sociales et culturelles.

Dans sa lettre, le CCPM fait part au Conseil de la CCE de plusieurs éléments de réflexion et commentaires :

  • Il y a un déséquilibre manifeste dans la composition du Groupe consultatif sur le maïs. Les membres de peuples autochtones ne représentent qu’une composante mineure de ce groupe. Les institutions occidentales ont une grande foi en la méthode scientifique, mais les peuples autochtones, d’une façon générale, envisagent la science occidentale avec scepticisme et ont plutôt une grande foi en leurs propres pratiques et méthodes traditionnelles.
  • L’attribution d’une trop grande importance à la « méthode scientifique » et aux conclusions « basées sur des données scientifiques » peut avoir pour effet d’exclure les peuples autochtones, de même que le savoir qu’ils détiennent.
  • Divers auteurs de chapitres de l’ébauche du rapport n’avaient pas de réponse à offrir aux nombreux intervenants autochtones qui tentaient de dépeindre leur relation avec le maïs en décrivant celui-ci comme étant sacré, le centre de la vie, leur frère, une assise de leur dignité et de leur identité.
  • On peut faire valoir des arguments probants auprès des gouvernements pour qu’ils appliquent le principe de précaution dans leurs processus décisionnels, qu’ils exigent que l’industrie soit exhaustive lorsqu’elle soumet des justifications d’utilisation et qu’ils créent un espace de débat public.
  • Il faudrait déclarer un moratoire sur les importations de maïs transgénique au Mexique jusqu’à ce que les risques pour la santé humaine, pour l’intégrité culturelle des producteurs de maïs mexicains et pour l’environnement en général soient mieux connus et que l’on puisse décider d’un mode d’action approprié à long terme.

Le CCPM a exprimé des préoccupations en ce qui concerne l’analyse des risques et des avantages. Il semblerait que les grandes entreprises retirent la plupart des avantages et que les producteurs et l’environnement soient exposés à la plupart des risques. On peut soutenir que la détermination des avantages et des risques constitue un jugement de valeur et il faudra faire preuve d’une grande prudence dans la façon de décrire ces avantages et risques.

Le rapport final devrait être publié avant la session du Conseil pour que son contenu puisse faire l’objet de discussions exhaustives, et la détermination des mesures de suivi à prendre devrait figurer au programme de la session que le Conseil tiendra en juin à Puebla, au Mexique.

Prochaine réunion du CCPM
Parallèlement à la session du Conseil qui aura lieu du 21 au 23 juin à Puebla (Mexique), le CCPM organisera un atelier sur les orientations futures de l’application de l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l’environnement (ANACDE). Une aide financière est disponible. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site Web de la CCE : www.cec.org.

La CCE, qui a été créée par le Canada, le Mexique et les États-Unis, est chargée de renforcer la coopération entre les signataires de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) dans la mise en oeuvre de l’ANACDE, l’accord environnemental parallèle à l’ALÉNA. La CCE s’occupe des questions environnementales qui soulèvent des préoccupations dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, en portant une attention particulière aux possibilités et défis environnementaux associés à la libéralisation des échanges à l’échelle du continent.

Le CCPM est constitué de quinze membres bénévoles qui exercent leurs fonctions de façon totalement autonome. Il est habilité à formuler des avis au Conseil de la CCE et à lui faire part de l’opinion du public sur toute question relevant de l’ANACDE.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission nord-américaine de coopération environnementale (CCE)
http://www.cec.org/

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