Réouverture des restaurants: entre soulagement et incertitude

Les fédérations, les distributeurs et les restaurants se préparent

La réouverture des restaurants est vue comme un soulagement.

Avec l’ouverture des terrasses des restaurants le vendredi 28 mai et le passage en zone orange de la majorité des régions du Québec dès le lundi 31 mai, c’est l’activité restauration qui reprend. Que représente cette reprise pour les fournisseurs de denrée alimentaire?

Même si les acteurs de la distribution alimentaire sont très heureux de l’annonce, c’est tout de même l’incertitude. Contrairement à l’arrêt brutal de mai 2020, la reprise devrait être graduelle. Elle prendra plusieurs mois sans savoir si la situation redeviendra exactement comme avant.

« Les ventes totales de l’industrie de la restauration au Québec ont été réduites de près de 5 milliards de $ en 2020 par rapport à 2019. Là-dessus, c’est environ le tiers (1,5 milliard de $) qui auraient dû être utilisés pour des achats de produits alimentaires qui n’ont pas été réalisés », explique le vice-président, affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec, François Meunier.

Le président et chef de la direction du Conseil canadien des transformateurs d’œufs et de volailles, Jean-Michel Laurin, explique que ce n’est pas seulement les restaurants qui ont fermé leurs portes, mais aussi les hôtels et les congrès. Une partie des produits de volaille a été redirigée vers le commerce de détail, mais pas complètement et les produits à valeur ajoutée destinés à la restauration n’ont plus la cote.

Les gens de l’industrie de la volaille s’attendaient à une réouverture plus tôt des restaurants, de telle sorte qu’il y a actuellement un stock important de viande congelée. La grève à l’abattoir d’Exceldor à Saint-Anselme sème l’inquiétude sur l’industrie de la volaille. Jean-Michel Laurin salue la solidarité des abattoirs en temps de crise, tout comme ils en ont démontré durant la dernière année. Certains abattoirs vont aider à abattre les oiseaux qui ne seront pas abattus à Saint-Anselme.

Selon la Fédération des producteurs d’œufs de consommation, la réouverture des salles à manger redonnera un bel élan au marché. « Les récentes annonces faites par la Santé publique conjointement avec le gouvernement provincial sont très encourageantes pour notre secteur », explique l’agente aux communications Marie-Ève Landry. 

Selon le vice-président principal, ventes et marketing chez Olymel, Richard Davies, la reprise des activités sera toutefois loin des conditions normales prépandémiques. Au Québec et même dans les autres provinces, Olymel s’attend à une reprise graduelle qui va s’étaler sur quelques mois. Toutefois, Olymel s’attend à ce que cette reprise soit assombrie par une baisse des ventes au détail.

De leur côté, Les Producteurs de lait du Québec avaient anticipé la reprise des activités de restauration. « Le 27 avril dernier, en fonction de l’analyse des besoins anticipés du marché pour le reste de l'année 2021, les offices des provinces de P5 (5 provinces de l’Est canadien) ont convenu d’émettre 1,5 % de quota négociable aux producteurs des provinces de P5 le 1er juin 2021 », explique le directeur communications, affaires publiques et vie syndicale, François Dumontier.

La demande est d’autant plus difficile à anticiper qu’il y aura une hausse des importations de produits laitiers en vertu des récents accord.

Aucune personne contactée ne sait donc exactement à quoi s’attendre. Ils demeurent donc prudents tout en voulant s’assurer de fournir à la demande. Les acteurs espèrent toutefois que cette réouverture sera définitive.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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