Revenu agricole net en 2003

Ottawa (Ontario), 25 novembre 2004 – Le revenu net comptant, qui représente la différence entre les recettes monétaires et les dépenses d’exploitation d’un agriculteur, s’est affaissé pour atteindre son plus bas niveau en 25 ans en 2003 à la suite d’une succession de sécheresses en 2001 et en 2002 et de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Le revenu net comptant a chuté de 39,1 % pour se situer à 4,4 milliards de dollars, soit son plus bas niveau depuis 1978. Les données représentent la révision des données provisoires publiées dans Le Quotidien du 27 mai 2004.

Les deux années consécutives de sécheresse en 2001 et en 2002 ainsi que la découverte d’un cas d’ESB chez une vache du nord de l’Alberta l’an dernier comptent parmi les principaux facteurs liés à la baisse.

Les agriculteurs des Prairies ont été les plus durement touchés. Le revenu net comptant a régressé de 65,2 % en Alberta, de 61,5 % en Saskatchewan et de 45,0 % au Manitoba. Les agriculteurs de seulement trois provinces ont enregistré des gains, soit ceux de la Nouvelle-Écosse, du Québec et de la Colombie-Britannique.

Malgré des paiements de programme records, les faibles recettes tirées des cultures et du bétail ont contribué à abaisser les recettes monétaires agricoles, tandis que les dépenses d’exploitation agricoles ont augmenté de 3,1 %.

Le revenu net comptant peut varier considérablement d’une exploitation à l’autre en raison de facteurs comme les élevages et les cultures choisis, les prix et les conditions climatiques. Il ne tient pas compte de l’amortissement ou de la valeur de la variation des stocks à la ferme.

Les recettes monétaires atteignent leur plus faible niveau en trois ans
Au total, les agriculteurs ont tiré 34,2 milliards de dollars de toutes les sources de recettes l’an dernier, en baisse de 5,4 % par rapport à 2002. Bien que ce niveau était le plus faible depuis 2000, il demeurait néanmoins au-dessus de la moyenne des cinq années précédentes (1998 à 2002).

Les recettes tirées du bétail ont diminué de 11,0 % pour se situer à 16,2 milliards de dollars, ce qui représentait le montant le plus faible depuis 1999. Les recettes des producteurs de cultures ont baissé de 9,5 % pour se situer à 13,2 milliards de dollars, soit le montant le plus faible depuis 2000. Par ailleurs, les paiements de programme ont augmenté de 41,2 % pour atteindre un sommet de 4,8 milliards de dollars, montant qui a pulvérisé le sommet précédent de 3,8 milliards de dollars atteint en 1992.

Les recettes tirées des bovins ont chuté d’environ un tiers l’an dernier pour se situer à 4,5 milliards de dollars, les mises en marché et les prix ayant tous deux chuté à la suite de l’embargo sur les bovins et les produits du boeuf qui a été imposé après la découverte d’un cas d’ESB le 20 mai 2003. Les recettes des exportations internationales de bovins ont diminué de plus de deux tiers pour se situer à 569 millions de dollars. Presque toutes les exportations sont destinées au marché américain, lequel a été fermé après cette découverte.

Par ailleurs, les éleveurs de porcs ont déclaré des recettes monétaires de 3,4 milliards de dollars, en hausse de 3,4 %. Le nombre de porcs vendus à l’étranger l’an dernier a augmenté de près de 30 %, ce qui a contribué à pousser les mises en marché vers des sommets, tandis que le prix moyen en 2003 est demeuré semblable à celui de 2002.

En ce qui concerne les secteurs assujettis à la gestion de l’offre, lesquels ont représenté plus de 40 % des recettes tirées du bétail en 2003, les recettes tirées du lait et de la crème ont continué d’augmenter. Les recettes tirées du poulet se sont redressées, tandis que les recettes tirées des oeufs ont fléchi.

Les recettes tirées des cultures en 2003 ont chuté de 3,4 % par rapport à la moyenne quinquennale précédente, malgré l’amélioration des conditions de croissance dans l’Ouest canadien. Deux sécheresses consécutives ont réduit radicalement la production et amoindri considérablement les stocks de céréales et d’oléagineux à la fin de 2002. Par conséquent, les producteurs ont eu peu de produits à vendre avant la récolte des cultures de 2003.

Les niveaux de production de la plupart des cultures en 2003 ont dépassé ceux de 2002. Au cours de la dernière moitié de 2003 en particulier, l’augmentation des livraisons a été neutralisée par la baisse des prix de la plupart des principales céréales et des principaux oléagineux, de même que par la diminution des paiements de la Commission canadienne du blé (CCB).

Les producteurs de blé (sauf le blé dur) et d’orge ont été les plus durement touchés. Les recettes tirées du blé (sauf le blé dur) ont chuté de 29,8 % pour se situer à 1,8 milliard de dollars à la suite de la baisse des livraisons et de la diminution des paiements de la CCB.

La plus grande partie de la montée en flèche de 41,2 % des paiements de programme l’an dernier a eu lieu sous trois types de programmes distincts, soit le Fonds de transition 2003, les programmes d’aide fournis pour contribuer à neutraliser l’incidence de l’embargo lié à l’ESB et les programmes d’assurance-récolte.

Les agriculteurs canadiens ont tiré près d’un milliard de dollars du Fonds de transition 2003 et des programmes liés à l’ESB. (Le Fonds de transition a été mis en oeuvre afin d’appuyer le secteur agricole au cours de la transition vers le nouveau Cadre stratégique pour l’agriculture.)

Les paiements d’assurance-récolte ont atteint un sommet de 1,8 milliard de dollars, en hausse de 313 millions de dollars par rapport au sommet atteint en 2002 et plus du double de la moyenne quinquennale précédente. Cette montée en flèche a été attribuable aux piètres conditions de croissance en 2002 et à une augmentation de la superficie assurée.

Les dépenses liées aux récoltes figurent en tête de la croissance globale des dépenses d’exploitationLes intrants, tels que les engrais et la chaux, les primes de stabilisation, les pesticides, les primes d’assurance et le carburant pour les machines, ont contribué à la hausse de 3,1 % des dépenses d’exploitation.

À l’échelon provincial, les gains les plus importants ont été réalisés au Québec (+7,3 %), en Saskatchewan (+5,0 %), au Manitoba (+3,5 %) et en Colombie-Britannique (+3,4 %).

Ce sont les dépenses liées aux engrais qui ont le plus augmenté, ayant crû de 11,8 % pour se situer à 2,5 milliards de dollars, principalement en raison des coûts plus élevés du gaz naturel. Les agriculteurs ont dépensé 1,6 milliard de dollars en pesticides, particulièrement dans les Prairies en raison de l’infestation de sauterelles.

Les primes de stabilisation ont atteint 182 millions de dollars, soit le niveau le plus élevé en sept ans, tandis que les primes d’assurance ont atteint un sommet de 545 millions de dollars, surtout en raison des conditions défavorables ces dernières années.

Par ailleurs, les achats de bétail ont fléchi de 18,2 % pour se situer à 1,2 milliard de dollars en raison de la fermeture des marchés d’exportation du boeuf causée par l’ESB. Les coûts des aliments commerciaux ont diminué pour se situer à 4,9 milliards de dollars, après trois hausses annuelles consécutives. Les prix des aliments pour animaux ont baissé par suite d’un approvisionnement relativement important en aliments pour animaux et de l’appréciation du dollar canadien.

Les stocks font augmenter le revenu net total
Le revenu net total a presque doublé pour se situer à 2,6 milliards de dollars en 2003 après être tombé à un niveau très faible en 2002. Le niveau de 2003 était de 22,1 % supérieur à la moyenne quinquennale précédente. Le revenu net total corrige le revenu net comptant en fonction des variations des stocks de cultures et de bétail à la ferme, de l’amortissement et du revenu en nature.

Les deux années consécutives de sécheresse dans l’Ouest canadien ont réduit considérablement les stocks de céréales et d’oléagineux à la ferme à la fin de 2002. Par conséquent, le retour des récoltes à la normale en 2003 a contribué à accroître les stocks. De la même façon, la crise de l’ESB a contraint les producteurs à garder leur bétail à la ferme, ce qui a entraîné une hausse des stocks.

Puisque les agriculteurs des Prairies ont été les plus durement touchés, à la fois par les sécheresses et par la crise de l’ESB, leur variation de la valeur des stocks est celle qui a le plus augmenté. L’Alberta est arrivée en tête du total de la variation de la valeur des stocks, qui s’est établie à 1,0 milliard de dollars, suivie de la Saskatchewan (971 millions de dollars) et du Manitoba (409 millions de dollars).

Revenu agricole net
2003 (données révisées)

Le revenu net comptant, qui représente la différence entre les recettes monétaires et les dépenses d’exploitation d’un agriculteur, s’est affaissé pour atteindre son plus bas niveau en 25 ans en 2003 à la suite d’une succession de sécheresses en 2001 et en 2002 et de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Le revenu net comptant a chuté de 39,1 % pour se situer à 4,4 milliards de dollars, soit son plus bas niveau depuis 1978. Les données représentent la révision des données provisoires publiées dans Le Quotidien du 27 mai 2004.

Les deux années consécutives de sécheresse en 2001 et en 2002 ainsi que la découverte d’un cas d’ESB chez une vache du nord de l’Alberta l’an dernier comptent parmi les principaux facteurs liés à la baisse.

Revenu agricole net
 2002r2003r2002 à 2003
 en millions de dollarsVar. en %
+ Recettes monétaires totales36 17734 210-5,4
– Dépenses d’exploitation totales après remises28 88529 7693,1
= Revenu net comptant7 2924 441-39,1
+ Revenu en nature133126-5,3
– Frais d’amortissement4 5214 5941,6
= Revenu net réalisé2 905-28-101,0
+ Valeur de la variation des stocks-1 5772 661
= Revenu net total1 3282 63398,3
rDonnées révisées.
N’ayant pas lieu de figurer.

Revenu agricole net selon la province
 CanadaT.-N.-L.Î.-P.-É.N.-É.N.-B.Qué.Ont.Man.Sask.Alb.C.-B.
 En millions de dollars
2002r           
+ Recettes monétaires totales36 177803644054245 5238 5123 8536 4628 3572 197
– Dépenses d’exploitation totales après remises28 885743123683584 6057 2272 9284 8036 3091 901
= Revenu net comptant7 29265237669181 2859251 6592 048296
+ Revenu en nature13311334540812157
– Frais d’amortissement4 52153651435791 1213979121 120256
= Revenu net réalisé2 905118– 112538420553675894346
+ Valeur de la variation des stocks-1 57707911820152– 26– 752-1 08518
= Revenu net total1 328197– 11434033565097– 14264
2003r           
+ Recettes monétaires totales34 210823564184045 9698 4693 5395 6827 0142 278
– Dépenses d’exploitation totales après remises29 769763213793634 9417 3483 0315 0446 3001 966
= Revenu net comptant4 44163439401 0271 121509639713312
+ Revenu en nature12601224238811146
– Frais d’amortissement4 59463651436081 1134279141 140257
= Revenu net réalisé– 2810– 10– 14614590– 264– 41262
+ Valeur de la variation des stocks2 6610610123924099711 01542
= Revenu net total2 63316– 100584138499707603104
rDonnées révisées.
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Note aux lecteurs
Le revenu net comptant mesure les mouvements de l’encaisse d’une exploitation agricole (les recettes monétaires agricoles moins les dépenses d’exploitation) découlant de la production de produits agricoles. Il représente le montant disponible pour le remboursement des dettes, l’investissement ou les retraits par le propriétaire.

Le revenu net total mesure les flux financiers et la variation des stocks des exploitations agricoles (le revenu net comptant moins l’amortissement plus le revenu en nature et la valeur de la variation des stocks). Le revenu net total attribue une valeur à la production économique agricole au cours de l’année pendant laquelle les produits agricoles ont été produits. Il représente le rendement des capitaux propres, la main-d’oeuvre non rémunérée, la gestion et le risque.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des exploitations agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les exploitations agricoles d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les dépenses d’exploitation agricole représentent les frais d’exploitation qu’engagent les exploitations agricoles pour les biens et les services qu’elles utilisent dans la production de produits agricoles. Les frais sont comptabilisés lorsque l’agriculteur débourse les fonds.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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