Revenu agricole net en 2005

Ottawa (Ontario), 26 mai 2006 – Le revenu net réalisé des agriculteurs canadiens a chuté en 2005 pour atteindre son plus bas niveau depuis 2003, en raison de deux années de sécheresse et de plus de deux années de lutte contre les restrictions commerciales liées à l’encéphalopathie bovine spongiforme (ESB).

Le revenu net réalisé – soit la différence entre les recettes monétaires et les dépenses d’exploitation des agriculteurs, moins l’amortissement, plus le revenu en nature – a baissé de 7,7 % pour se fixer à 2,1 milliards de dollars. Ce chiffre était inférieur de 8,0 % à la moyenne quinquennale précédente (2000 à 2004).

Terre-Neuve-et-Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, l’Ontario et la Saskatchewan ont affiché des progressions au chapitre du revenu net réalisé en 2005. Le revenu net réalisé est tombé pour passer à la moitié de son niveau de l’année précédente en Alberta, alors qu’il a reculé de presque 40 % au Manitoba.

Les recettes monétaires agricoles totales tirées du bétail et des cultures ainsi que des paiements de programmes ont crû de 1,2 % en 2005. L’augmentation des recettes des bovins et des veaux a été plus que suffisante pour faire contrepoids à un recul des recettes des cultures et des porcs. Les producteurs de cultures ont vu leurs recettes diminuer de 6,9 %, en raison surtout de l’affaissement des prix.

Les dépenses d’exploitation agricole, quant à elles, ont progressé de 1,7 % en raison de la croissance des coûts du carburant pour machines, des engrais et des achats de bétail.

Le revenu net réalisé peut varier considérablement d’une exploitation à l’autre en raison de facteurs comme les élevages ou les cultures choisis, les prix et les conditions climatiques. Il ne tient pas compte de la valeur de la variation des stocks à la ferme. Il est une mesure du revenu d’exploitation de la ferme, mais pas du revenu du ménage. Pour obtenir les détails des recettes monétaires agricoles au premier trimestre de 2006, consultez le deuxième communiqué publié aujourd’hui dans le Quotidien.

L’augmentation des recettes des bovins fait majorer les recettes monétaires du marché
Les recettes monétaires du marché, soit les recettes provenant de la vente de cultures et de bétail, ont crû de 0,9 % pour atteindre 32,0 milliards de dollars en 2005. Le principal facteur a été la hausse des recettes pour les bovins, particulièrement pendant la deuxième moitié de l’année.

Les producteurs de bovins ont réalisé la meilleure croissance, leurs recettes ayant grimpé de 26,6 % pour atteindre 6,4 milliards de dollars. Ce chiffre était tout de même inférieur de 1,7 % à la moyenne quinquennale précédente. La flambée était dans une large mesure attribuable à la reprise, le 18 juillet 2005, du commerce des bovins vivants de moins de 30 mois avec les États-Unis.

Les recettes tirées du commerce international des bovins et des veaux vivants sont passées de zéro en 2004 à 657 millions de dollars dans la deuxième moitié de 2005. Ce chiffre correspond à 3,6 % des recettes totales du bétail et à environ 10 % des recettes totales des bovins et des veaux. La réouverture de la frontière a aussi contribué à soutenir les prix des bovins et des veaux vendus sur le marché intérieur. Les prix moyens des bovins pour l’abattage ont monté de 8,4 %, tandis que le prix moyen des animaux d’engraissement a crû de 32,5 % par rapport à 2004.

Les recettes des porcs ont fléchi de 8,1 % par rapport à 2004 pour s’établir à 3,9 milliards de dollars, sous l’effet de la baisse des prix et d’une diminution des mises en marché pour l’abattage au Canada et pour les exportations internationales. Malgré ce recul, les recettes porcines sont demeurées supérieures de 8,4 % à la moyenne quinquennale précédente.

Les produits assujettis à la gestion de l’offre ont représenté près de 40 % des recettes totales du bétail en 2005. Les recettes pour les poulets et les dindons ont progressé, tandis que celles provenant des oeufs ont fléchi. Les recettes tirées du lait et de la crème ont crû de 5,3 % à la faveur d’une hausse de prix de 6,6 %.

Après s’être redressées en 2004, les recettes des cultures ont régressé de 6,9 % en 2005. Elles ont été inférieures de 2,2 % à la moyenne quinquennale précédente. L’abondance des approvisionnements mondiaux de céréales, y compris les approvisionnements canadiens de céréales de moindre qualité provenant de la récolte de 2004, conjuguée à la vigueur du dollar canadien, a eu pour effet d’abaisser les prix, les ramenant dans certains cas à des creux presque inégalés.

Les recettes du blé (sauf le blé dur) ont chuté de 22,8 % pour s’établir à 1,9 milliard de dollars, les prix ayant dégringolé de 22,9 % par rapport à 2004 et de 28,4 % comparativement à la moyenne quinquennale précédente. Les agriculteurs ont tiré 1,9 milliard de dollars du canola, en baisse de 13,7 % par rapport à 2004. Les livraisons ont augmenté de 14,2 % en 2005, tandis que les prix ont chuté de 24,4 %.

Au total, les agriculteurs ont tiré 37,0 milliards de dollars des trois sources, soit les recettes du bétail et des cultures et les paiements de programmes, en hausse de 1,2 % comparativement au sommet précédent atteint en 2004.

Cependant, les paiements de programmes ont monté de 3,1 % pour atteindre un montant record de 5,0 milliards de dollars, ce qui représente 13,6 % des recettes brutes totales. Il s’agit d’une troisième année consécutive où les paiements de programmes s’élèvent à de nouveaux sommets. Le niveau de 2005 était de 28,0 % supérieur à la moyenne quinquennale précédente.

Les agriculteurs ont touché des paiements élevés par l’intermédiaire du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole et du Programme de paiements relatifs au revenu agricole. Ces paiements ont fait contrepoids à la baisse des retraits du Compte de stabilisation du revenu net et à la réduction des paiements de stabilisation des provinces. Les programmes fédéraux et provinciaux ont réagi aux difficultés qu’ont connues les secteurs des bovins, des céréales et des oléagineux par des paiements aux producteurs touchés.

La flambée des prix de l’énergie influe sur les dépenses d’exploitation
Les dépenses d’exploitation agricole ont crû de 1,7 % à l’échelle nationale et ont dépassé de 6,3 % la moyenne quinquennale précédente, en raison principalement de la flambée des prix de l’énergie. La plupart des autres postes de dépenses ont aussi progressé, mais une forte diminution des coûts des aliments pour animaux a tempéré la progression.

Les dépenses ont crû dans toutes les provinces, sauf au Québec, où elles ont fléchi de 2,0 %, et au Manitoba, où elles ont reculé de 0,7 %. Ailleurs, l’augmentation des dépenses a varié entre 0,8 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 5,3 % en Colombie-Britannique.

Près des deux tiers de la hausse des dépenses d’exploitation brutes ont été attribuables au niveau record des coûts du carburant, qui ont dépassé de 20,2 % les niveaux observés en 2004.

Les prix des bovins et des veaux se sont accrus après la réouverture de la frontière américaine au commerce des bovins vivants, ce qui a donné lieu à une augmentation de 25,9 % des coûts d’achat du bétail.

Les salaires en espèces ont poursuivi leur progression à long terme, atteignant 3,9 milliards de dollars en 2005, en hausse annuelle de 2,6 % comparativement à la croissance de 1,7 % enregistrée en 2004.

La hausse des prix a aussi entraîné une augmentation de 3,1 % des dépenses pour les engrais.

Étant donné la hausse de l’endettement et la stabilisation des taux d’intérêt, les frais d’intérêts ont crû de 4,2 %. Il s’agit de la première progression depuis 2000.

À l’opposé, la baisse des prix des céréales et des oléagineux a donné lieu à une baisse des prix des aliments pour animaux. Les coûts des aliments pour animaux sont tombés de 11,6 % pour s’établir à 4,2 milliards de dollars, soit leur plus bas niveau depuis 2000.

La diminution des stocks à la ferme réduit le revenu net total
Après avoir connu deux années de croissance, le revenu net total a chuté de 35,8 % pour se fixer à 2,6 milliards de dollars en 2005. Le revenu net total corrige le revenu net réalisé en fonction des variations des stocks de cultures et de bétail à la ferme.

Malgré l’augmentation des stocks de céréales et d’oléagineux à la ferme, qui sont maintenant nettement supérieurs aux moyennes décennales, les baisses de prix des céréales et des oléagineux en 2005 ont atténué l’augmentation de la valeur des stocks de cultures par rapport à 2004.

Une légère baisse des stocks de bovins et de veaux a aussi ralenti la progression des valeurs.

Note aux lecteurs
Le revenu net comptant mesure les mouvements de l’encaisse d’une exploitation agricole (les recettes monétaires agricoles moins les dépenses d’exploitation) découlant de la production de produits agricoles. Il représente le montant disponible pour le remboursement des dettes, l’investissement ou les retraits par le propriétaire.

Le revenu net réalisé mesure les flux financiers, en espèces ou non, de l’entreprise agricole, comparable à un état des résultats (revenu net comptant moins amortissement plus revenu en nature). Le revenu net réalisé représente le revenu net tiré de transactions dans une année donnée et inclut la vente de produits, indifféremment de l’année dans laquelle ils ont été produits.

Le revenu net total mesure les flux financiers et la variation des stocks des exploitations agricoles (le revenu net comptant moins l’amortissement plus le revenu en nature et la valeur de la variation des stocks). Le revenu net total attribue une valeur à la production économique agricole au cours de l’année où les produits agricoles ont été produits. Il représente le rendement des capitaux propres, la main-d’oeuvre non rémunérée, la gestion et le risque.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des exploitations agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les exploitations agricoles d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les dépenses d’exploitation agricole représentent les frais d’exploitation qu’engagent les exploitations agricoles pour les biens et les services qu’elles utilisent dans la production de produits agricoles. Les frais sont comptabilisés lorsque l’agriculteur débourse les fonds.

Revenu agricole net
 CanadaT.-N.-L.Î.-P.-É.N.-É.N.-B.QcOnt.Man.Sask.Alb.C.-B.
 en millions de dollars
2004r           
+ Recettes monétaires totales, y compris les paiements36 554863484534176 3118 6103 9036 0058 0082 415
– Dépenses d’exploitation totales après remises29 876833233823695 0497 3713 1405 0146 1941 952
= Revenu net comptant6 67832571481 2621 2397639901 814463
+ Revenu en nature13401224341913167
– Frais d’amortissement4 50163852445831 0804049191 115261
= Revenu net réalisé2 311-2-1221772120036883715210
+ Valeur de la variation des stocks1 75317-1-9127322-57841546-24
= Revenu net total4 063-1-620-28495223119251 261185
2005p           
+ Recettes monétaires totales, y compris les paiements36 992913644534276 2089 0313 7436 3557 9082 411
– Dépenses d’exploitation totales après remises30 389833333873784 9497 4923 1175 1416 4542 055
= Revenu net comptant6 60383266491 2601 5396261 2151 453356
+ Revenu en nature153112239491217247
– Frais d’amortissement4 62264054466201 1164119161 148265
= Revenu net réalisé2 1342-714567847222731632998
+ Valeur de la variation des stocks4760-30-210-359-215489293-43
= Revenu net total2 6102-3713156434811280462355
rdonnées révisées
pdonnées provisoires
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Les publications Revenu agricole net – Statistiques économiques agricoles, vol. 5, no 1 (21-010-XIF, gratuite), Recettes monétaires agricoles – Statistiques économiques agricoles, vol. 5, no 1 (21-011-XIF, gratuite), Dépenses d’exploitation agricoles et frais d’amortissement – Statistiques économiques agricoles, vol. 5, no 1 (21-012-XIF, gratuite), Valeur du capital agricole – Statistiques économiques agricoles, vol. 5, no 1 (21-013-XIF, gratuite) et Dette agricole en cours – Statistiques économiques agricoles, vol. 5, no 1 (21-014-XIF, gratuite) sont maintenant accessibles sur notre site Web à partir de la page Nos produits et services.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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