Rotations sur couverture végétale permanente

Le ray-grass est l'une des cultures de couverture à l'essai. PHOTO : André Dumont

Imaginez un champ en semis direct en rotation maïs grain-soya, dans lequel les entre-rangs demeurent recouverts de plantes de couverture de façon permanente, année après année. Les avantages sur la qualité du sol se refléteront-ils sur les rendements?

Voilà la question à laquelle tenteront de répondre les intervenants qui viennent de lancer au Québec des essais de semis direct sous couverture végétale (SCV) permanente. Des systèmes SCV ont déjà été implantés ailleurs dans le monde. Nous verrons maintenant s’ils peuvent s’appliquer chez nous.

Démarré en avril, le projet de recherche est coordonné par le club agroenvironnemental Bassin La Guerre, en collaboration avec le club Techno-Champ 2000, SCV Agrologie, le CEROM et le MAPAQ de la Montégérie-Ouest. Le MAPAQ et Agriculture et Agroalimentaire Canada y apportent un soutien financier.

Les essais se déroulent sur trois fermes où les producteurs maîtrisent le semis direct, à Godmanchester, Sainte-Martine et Saint-Patrice-de-Sherrington.

« L’idée est de créer une association permanente entre les cultures principales et les plantes en intercalaire, dans une rotation maïs-soya sans travail de sol », explique Julie Moreau-Richard, agronome au MAPAQ.

Dans du maïs grain rendu au stade de huit feuilles, on a ensemencé l’entre-rang avec deux des plantes suivantes : luzerne, ray-grass, avoine, vesce commune et pois fourrager.

Cette semaine, on prévoyait ensemencer l’entre-rang des parcelles de soya rendues au stade de la défoliation avec des mélanges de ray-grass, radis fourrager, vesce commune, trèfle et pois fourrager.

« L’objectif est de trouver quelles plantes seront les mieux adaptées à ce système, par leur effet sur le rendement et la structure du sol », indique Julie Moreau-Richard. On évaluera notamment les éléments suivants :

-Pourcentage de recouvrement des plantes intercalaires
-Biomasse aérienne et analyse foliaire des plantes intercalaires
-Taux d’infiltration de l’eau dans le sol
-Stabilité structurale du sol
-Rendement de la culture principale
-Rentabilité économique du système cultural

Au printemps prochain, du soya sera semé sur le retour de maïs et vice-versa, sans travail du sol. Puisque les plantes de couverture sont là pour y rester, on devra les affaiblir afin de donner une chance à la culture principale de prendre le dessus. Les chercheurs expérimenteront avec des doses réduites d’herbicides et des contrôles mécaniques (rouleaux).

Une journée de démonstration est prévue jeudi, le 25 août, à la Ferme Sillons Verts, à Saint-Patrice-de-Sherrington (inscription 50 $). Téléchargez ici l’invitation (PDF). Avant de vous y rendre, veuillez communiquer avec l’un des intervenants énumérés dans l’invitation.

Document d’information sur les essais de semis direct sous couverture végétale permanente (PDF).

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