Sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes de Lanaudière

L’épiphanie (Québec), 7 juin 2005 – À l’occasion d’une conférence de presse tenue à la Porcherie B et R (propriété de MM. Bernard et Richard Pitre), Mme Annette Coutu, présidente de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles de Lanaudière (FUPAL), et M. Marcel Tremblay, directeur régional au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), ont présenté les résultats du Sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec relatifs à Lanaudière. Ils ont tous deux tenu à souligner les efforts réalisés au cours des dernières années par les productrices et les producteurs agricoles de Lanaudière en matière de protection de l’environnement.

Cette étude, effectuée par le MAPAQ avec la collaboration de l’UPA et à laquelle a contribué financièrement Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avait pour objet de mesurer les progrès accomplis par les productrices et les producteurs agricoles en matière d’agroenvironnement entre 1998 et 2003. Rappelons qu’il y a dix ans le monde agricole a déployé une vaste stratégie agroenvironnementale. Une première étude, initiative de l’UPA et du MAPAQ, a consisté à effectuer le Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, en 1998, afin de se doter d’une référence pour mesurer ensuite le chemin parcouru.

Des progrès significatifs dans Lanaudière
Dans la région, les progrès touchent notamment la gestion des fertilisants et des engrais minéraux, la diminution des charges de phosphore et la réduction des odeurs. Les faits saillants des résultats sont présentés en annexe. Notons que, pour atteindre ces résultats, les entreprises de la région se sont donné des moyens et ont consulté des ressources spécialisées dans le domaine. Plus de 80 % des fermes visées de la région se sont dotées d’outils de gestion agroenvironnementale (PAEF et bilan de phosphore). Plus de 375 entreprises sont actuellement membres d’un regroupement qui offre des services-conseils en agroenvironnement (clubs-conseils en agroenvironnement, clubs d’encadrement technique ou Coopérative de gestion des engrais organiques de Lanaudière – COGENOR) (1).

À la lumière des données récemment recueillies, les plans d’action régionaux de l’UPA et du MAPAQ seront adaptés en fonction des résultats observés pour continuer à relever le défi de l’agroenvironnement. Cette démarche s’inscrit dans la mise à jour actuellement en cours de la stratégie agroenvironnementale du monde agricole et des gouvernements.

Une enquête rigoureuse et scientifique
L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont été confiées aux spécialistes de la firme BPR inc. auxquels s’est joint le Service de consultation statistique de l’Université Laval. L’information a été recueillie par sondage auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises agricoles de l’ensemble des régions du Québec. De l’information provenant du fichier des exploitations agricoles enregistrées au MAPAQ ainsi que des données contenues dans les bilans de phosphore obtenus par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ont été ajoutées à celles du sondage afin d’obtenir un portrait complet de la situation.

Mme Annette Coutu et M. Marcel Tremblay sont fiers de tenir cette conférence de presse à la ferme de MM. Bernard et Richard Pitre. Celle-ci s’est distinguée par l’adoption de pratiques agroenvironnementales qui ont eu des retombées positives tant sur la protection de l’environnement que sur la cohabitation harmonieuse avec le voisinage.

Le Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec – Rapport final, est disponible sur le site Internet du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation à l’adresse suivante : www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Regions/lanaudiere.

Faits saillants des progrès réalisés dans Lanaudière
Les faits saillants qui ressortent du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec en ce qui concerne la région de Lanaudière sont présentés ci-dessous.

Thème 1- Réduction de la pollution localisée
Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs et plates-formes) a progressé dans l’ensemble de la production animale au Québec. Dans Lanaudière, le pourcentage des unités animales dont les déjections sont entreposées dans ce type d’ouvrage est passé de 56 à 63 %.

Déjà, les entreprises qui gèrent leur fumier sous forme liquide ont des structures d’entreposage étanches. L’utilisation de moyens comme les trémies-abreuvoirs et les bols réducteurs d’eau par plus de 50 % (2) de ces entreprises a permis de réduire de 20 à 40 % les rejets d’eau. Des progrès importants ont aussi été observés en ce qui a trait à l’entreposage des fumiers de bovin et de volaille.

Thème 2- Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
La région de Lanaudière a enregistré les meilleurs résultats au Québec dans ce domaine. On constate que le bilan de phosphore à la surface du sol est passé de 56 kg/ha/an en 1998 à 34 kg/ha/an en 2003. Il s’agit d’une baisse significative de 39 %.

Cette baisse est principalement attribuable :

  • à une meilleure utilisation des engrais de ferme
  • à une diminution de l’utilisation des engrais minéraux phosphatés
  • aux progrès réalisés en alimentation animale dans les secteurs du porc et de la volaille

Par ailleurs, une étude de caractérisation des fumiers de volaille, réalisée par la Coopérative de gestion des engrais organiques de Lanaudière (COGENOR), a aussi contribué à mieux connaître les charges fertilisantes réelles de ces fumiers, permettant ainsi de mieux les gérer.

Thème 3- Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
En 2003, 32 % des entreprises de la région sont en processus de lutte intégrée, c’est-à-dire qu’elles réalisent du dépistage, effectuent le réglage de leur pulvérisateur au moins une fois par année et tiennent un registre des interventions phytosanitaires.

Thème 4- Conservation des sols et protection des cours d’eau
En 2003, 45 % des superficies en cultures annuelles font l’objet de travail réduit du sol. Il s’agit d’une augmentation de 12 % par rapport à 1998.

La proportion des animaux dont l’accès aux cours d’eau est restreint est demeurée stable entre 1998 et 2003. Cependant, les efforts se poursuivent. À cet égard, en 2004, plus d’une vingtaine (3) d’entreprises de la région ont entrepris des travaux d’aménagement de sites d’abreuvement.

Thème 5- Réduction des odeurs
La proportion de l’ensemble des lisiers épandus par rampe est restée stable entre 1998 et 2003. Néanmoins, avec 41 % des volumes de lisier épandus par rampe en 2003, la région de Lanaudière est en tête de file dans ce domaine.

En ce qui a trait à l’implantation d’écrans boisés (brise-odeurs), au cours de la période visée, la proportion du cheptel protégé est passée de 14 % à 23 %. Des efforts importants ont notamment été réalisés par les entreprises de production porcine.

Fait à noter, depuis 2001, les entreprises agricoles ont planté plus de 65 000 arbres et arbustes pour former des écrans boisés ou se protéger contre les pertes de sol dues au vent (4).

Un intérêt soutenu pour l’environnement
Plusieurs activités de formation, d’information et de transfert technologique sont offertes dans la région. L’intérêt soutenu et la participation active des producteurs à cet égard montrent l’importance qu’ils accordent à la protection de l’environnement et au défi que représente la cohabitation harmonieuse en milieu rural.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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